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Balibulle - Etats d'âmes vestimentaires et stylistiques


Catwalk

 
 

(Ri)car(d)o mio

Dire qu'il dessinait pour Puma, il n'y a pas si longtemps... Que donnerait-on pour du made in Riccardo Tisci aujourd'hui ! 

Oui, je parle encore de Haute Couture, et cela trois plombes après tout le monde puisque j'ai été absente depuis jeudi, puisqu'on ne peut pas être au four et au moulin, à Calvi et sur la blogo.

Mais je ne peux quand même pas ne RIEN DIRE sur les propositions mamamiesques que nous a faites Riccardo chez Givenchy la semaine dernière.

Avec ces guêtres somptueuses, rappel immédiat de l'automne-hiver Rick Owens et d'un vieux Chanel dont je ne me rappelle plus la saison. Et qui font la jambe en cinémascope, convoquant conjointement le western, les années 70 et le futur...

J'avais déjà effleuré le sujet en évoquant Chanel : je chavire devant toutes ces silhouettes qui projettent dans un futur proche les lignes les plus élégantes et emblématiques du passé comme je l'aime (années 20 et années 70).

Silhouettes mystérieuses aux tonalités minérales, qui traversent la vie à longues foulées, acmé du casual chic...

Je pourrais m'attarder sur chaque détail. Les renforts carrés de la redingote en cuir kaki, le choc des matières entre la jupe et le top, le col et la doublure en fourrure ultra-douce, les franges sur les guêtres... L'équilibre parfait entre le classicisme des coupes et la modernité des détails est purement jubilatoire. 

Et ici, quel ménage à trois audacieux entre le faux-sportswear du blouson, le drapé subtil de la robe et la brutalité des guêtres...

Je reviens à cette proposition vue sur la première silhouette, la sorte de legging-cycliste sous le short ample. Très étrange et pourtant séduisant...

Le soir, drapé for ever, et là je fonds pour cette nouvelle alliance des contraires : dévoilement de la jambe avec la peau nue et la légèreté des lignes sur la sandale... et protection du buste avec le drapé intégral et la corolle de fourrure. Chaud et froid, chaud devant !

Même démarche, sauf que la fragilité se déplace de la jambe à l'épaule. Si je commence à vous dire tout le bien que je pense du drapé, on y sera encore demain. Bon en fait pour tout vous dire, demain... Mais non, vous verrez demain !

Photos : www.style.com

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C'est peut-être un détail pour vous

Oui : mais pour moi ça veut dire beaucoup.

Chanel. Haute Couture. Fall. 2008.

J'ai failli ne même pas regarder le défilé.

Ou plutôt, soyons précise, j'ai failli le regarder par politesse, comme je le fais à chaque fois avec Chanel.

Parce qu'il faut avoir vu, parce que c'est dans l'ordre des choses.

Je n'en attends jamais rien, parce que je n'en reçois jamais rien, saison après saison. Ou si peu.

La haute couture n'est pas une mode "dans la vie". Et pour moi qui suis tout sauf une fille d'occasions, au sens de "grandes occasions", moi qui n'ai pas acheté de robe cocktail depuis l'an 2000*, le message est d'autant plus hermétique.

J'ai besoin de voir des vêtements premier degré, portables, évidents. Cela a toujours été ma limite.

Et je ne frissonne face au très habillé que lorsqu'il touche mon goût du magique ou du mystère. Qu'il fait vivre des héroïnes et pas des silhouettes. Plus besoin dès lors de pouvoir se projeter dans la tenue pour l'aimer, on la déguste comme un conte.

Autant dire que je n'attendais pas de la si classique Chanel qu'elle réconcilie par instants mes passions contraires. Le réalisme et l'onirique.

Génie de ces paupières fumées et de ces carrés à la Louise Brooks, sublimations immédiates. Et dessous, la maille triomphante. Raffinée et acérée. Comme un gratte-ciel des années 20.




C'est comme le futur vu depuis le passé, un futur à la Bienvenue à Gattaca, vous savez ? Elégantissime et un peu effrayant... Et où le soir, surgissent des princesses minérales, saisies entre autrefois et demain...



Là j'appréhende enfin le trésor d'une Coco Rocha, de ce visage presque irréel qui semble avoir été modelé pour le mystère...

J'ai les yeux écarquillés devant mon écran, le cerveau bombardé de milles évocations et interprétations possibles. Et me le formule enfin à moi-même, le plaisir à nul autre pareil, le plaisir de la haute couture.

Photos : www.elle.fr
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Au top de mon coeur, anna huber

L'autre jour qu'avec Mathilde, Debbie et Eva on discutait de top models, j'ai évoqué celle que je place au sommet de mon panthéon personnel : Anna Huber.

Une Autrichienne pas très médiatisée mais dont le minois doit vous dire qqch vu le nombre de shootings qu'elle a faits pour ELLE et Marie-Claire.

Il y a deux ans, déjà, j'ai moi aussi fait ma directrice de casting en lui accordant la couverture de mon lookbook (récemment mis à jour, pour celles que ça intéresse).

J'adore cette fille. Son corps délié, sa peau subtilement dorée, ses yeux verts surmontés de sourcils bien épais comme j'aime, sa classe non-réfrigérante, sa bouche sensuelle mais pas trop (vade retro, Scarlett Johannsson ! Oui, j'ai re-regardé le clip de What goes around comes around et tu me SORS PAR LES YEUX !).
Et puis tout le stylisme sublime qu'on lui fout toujours sur le dos dans ELLE. Comme si la beauté d'Anna appelait à une mode gracieuse et à une mise en valeur naturelle... Rien qu'à la regarder, on devine que ses cheveux sont super doux et que sa peau sent trop bon. Ich liebe dich Anna !




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