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Balibulle – Etats d'âme vestimentaires et stylistiques


 

Samson

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Oui je vais continuer à vous saoûler avec mes cheveux jusqu’à ce que mort (du pétard capillaire) s’en suive. C’est pour exaucer un souhait de mon cher et tendre que j’ai accepté de passer au long. Pour l’instant, c’est le temps qui est long, plus que la crinière… Mais finalement je ne regrette pas. Parce que j’ai tout un tas de coiffures auxquelles je pense pour le moment venu. Et non, ce ne sont pas celles-ci, ce sont celles-là…

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Protect ya neck

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Dries Van Noten a dit un jour que son vêtement fétiche c’était l’écharpe. Parce qu’elle offrait toujours une autre densité à une silhouette. En substance, hein. Puisque j’ai été infoutue de retrouver l’interview en question, mais sur le fond c’était ça, et le propos m’avait marquée.

Pourtant à l’époque (autant dire il y a une éternité), Nicolas Ghesquière n’avait pas encore remis le keffieh au goût du jour chez Balenciaga. Et j’étais une adepte du décolleté sur lequel je comptais, été comme hiver, pour donner du piment à mon allure. Ce qui laissait (j’étais encore sur les bancs d’Assas) certaines filles de ma fac de droit(e) un peu perplexes. « Mais, on voit tes seins ! » Euh.. Un peu, oui mais « et alors ? » Comme cela me semblait frileux… Bon faut dire qu’en ce temps-là, je déchirais mes résilles fuchsia en cours, et j’étais aussi maquillée qu’Emilie de Secret Story. Quelques mois plus tard, mon maître de stage balançait à mon beau-frère (grâce à qui j’avais été pistonnée) que je venais parfois travailler sans soutien-gorge. Depuis ce jour, je me suis jurée de ne plus jamais porter un dos-nu pour aller au boulot. Et de ne pas mettre un push-up le jour où j’ai une encolure assez échancrée.

Huit ans plus tard (ouuuuh, comme le temps passe vite), j’observe toujours les mêmes précautions. Par habitude, par facilité et aussi… parce que grâce aux modes successives du keffieh et du tour de cou, je suis devenue complètement dépendante des écharpes/foulards/étoles et autres annexes de gorge. Et que je plussoie totalement Dries Van Noten.

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Chapitre 7 : « 25-26 ans, la maturité »

J’ai été embauchée, je perçois un salaire honnête tout en vivant encore chez mes parents… Forte est la tentation de claquer ma thune en fringues plutôt que de l’économiser pour mon futur foyer avec Monsieur. Et comme dit Oscar Wilde, le meilleur moyen d’échapper à la tentation, c’est d’y céder. Alors je cède.

Surtout que, au boulot, je deviens copine avec une fille stylée qui m’enseigne ce sacro saint principe : « acheter cher mais moins ». Qu’évidemment, je transforme rapidement en « acheter cher mais tout autant ». Mes économies fondent à vue d’oeil (oui, j’ai bien intitulé ce chapitre, « la maturité »). Je vais de plus en plus chez Iro, Ba&sh, Maje, ponctuellement Zadig. Tout en rêvant d’Isabel Marant et de Vanessa Bruno.

J’ai trouvé mon style : un chic décontracté, assaisonné d’imprimés subtils et de couleurs sourdes. Ce qui, dit comme ça, nous fait une belle jambe…

Disons que je déteste être over-dressed ou ressembler à une dadame.

Disons que je n’aime pas non plus avoir un look de stagiaire.

Disons que mon éventail chromatique inclut le vert de gris, le taupe, le vert amande, l’aubergine, le bleu grisé, le gris souris, le gris perle, l’anthracite, le violine, le bleu encre… Et le noir et le blanc bien sûr.

Disons que j’affectionne les silhouettes « en A » (hauts longs et évasés, jambes plutôt fines). Que je chéris les tops blousants et la taille empire.

Disons que je n’aime pas les gros imprimés graphiques, les volants, dentelles et paillettes à foison.

Disons que j’aime les pois, les rayures et les imprimés végétaux stylisés.

Disons que je n’ai quasiment pas de pulls parce que ça ne flatte pas ma silhouette. J’ai abandonné les cardigans pour la même raison.

Disons qu’à part mon trench rouge et mes Converse mandarine, les couleurs tapantes sont indésirables dans mon dressing.

Disons que j’ai remisé tous mes sautoirs voyants pour privilégier le pendentif discret sur chaîne longue.

Disons que dans les tocades fashion du moment, j’affectionne les leggings noirs mi-mollet, les compensées à semelle bois et les longues écharpes.

Le jour de mes 26 ans, je me suis offert un bon dégraissage de dressing, grâce à la méthode de Caroline. Ouste tous les tops achetés trop vite. On ne garde que ce qui flatte le teint et la silhouette. Ouste tous les t-shirts « à message » et fringues bof que j’avais gardés pour traîner à la maison/dormir/faire du sport. Qui a dit qu’on devait être moche à ces moments-là ? Qui a dit que de vieilles fringues inutiles conservées dans une garde-robe ne parasitaient pas notre inspiration, au moment de se composer une tenue le matin ?

Disons que j’en apprends tous les jours dans ce voyage vers le juste et l’essentiel.

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Chapitre 6 : « 24 ans, victime de la mode »

Ma formation devrait être terminée. Abonnée à ELLE, Marie-Claire et Glamour, j’évolue quotidiennement dans le 15e arrondissement parisien pour achever mes études, je devrais avoir conscience de ce qu’est le fashion bon sens. Mais tout n’est pas si facile, sans quoi l’histoire ne serait pas drôle.

Je pense que tout ce qui vient de chez Comptoir des Cotonniers est beau. Alors pendant les soldes, j’en achète un max sans discernement.

Hors soldes, comme j’ai pas les moyens d’aller chez CDC, j’achète chez H&M et Zara. Je pense à faire attention à l’imprimé ET à la coupe (10 ans de shopping pour réaliser ça…) mais, héhéhé, pas encore à la matière. Résultat : mes armoires sont encombrées de textiles cheap qui me font ressembler à une pouilleuse qui tente d’être à la mode. Pathétique. Bientôt je regretterai la sobriété chic des bourges de ma fac de droite.

 

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