Etais en embuscade hier aux Galeries Lafayette Haussmann pour le journal. Leur avais proposé un petit reportage sur la venue de Nicole Richie, censée « présenter » sa collection de prêt à porter « Winter Kate » de 18h à 19h.
17h58. Attroupement de deux cents personnes au 2e étage, face à l’escalator central. On ne sait pas toujours ce qu’on attend, mais on attend. « C’est qui au fait, Nicole Richie ? »
18h11. Les vendeuses renseignent aimablement les clients égarés, surpris par le barrage de sécurité à l’arrivée de l’escalator. « Mais is attendent quoi, les gens ? »
- « Nicole Richie. »
- « Ah elle fait ses courses ici ? »
18h17. La foule de jeunes demoiselles à téléphone portable greffé dans la main se fait de plus en plus compacte. Mais cool, quoi. Dét-a-chée. On glousse en se cachant derrière son foulard quand la caméra de NRJ Paris balaie les rangs pour capter l’ambiance. « Ah nan j’veux pas parler, moi ! » Trop la honte devant les copines, attends.
18h24. J’en ai marre de me faire pousser par les greluches qui fuient NRJ Paris, alors je passe le cordon réservé à la presse, pour goûter à la quiétude de mes semblables. Me retrouve derrière la fille la plus grande de Paris. Me décale. Les photographes retardataires se mettent tous devant moi, au motif que 1/ j’ai qu’à coller mon nez sur la nuque de la géante si je veux pas qu’on se glisse entre elle et moi et que 2/ de toute façon j’ai pas de photo à prendre.
18h29. Nicole n’est toujours pas là.
18h35. Nicole n’est toujours pas là.
18h41. Nicole n’est toujours pas là. Pour tuer le temps, des fans immortalisent… les vendeuses du stand, en total look Winter Kate.
18h44. Nicole n’est toujours pas là.
18h49. Ouh putain Nicole est là. Ou plutôt l’idée de Nicole. Difficile de l’apercevoir derrière les mêmes blasées que tout à l’heure, soudainement transformées en meute hurlante.
18h50. Nicole prend la pose devant le mur de photographes. Main sur la hanche, épaule vers l’avant. Elle porte une robe-nuisette violette de sa collection (celle à 85 euros) et une tresse brune sur l’épaule. Elle est jolie.
18h56. Une tentative de séance de dédicaces commence. Nicole n’a toujours pas ouvert la bouche. En même temps, elle le ferait qu’on ne discernerait pas le son de sa voix. La meute lui arrache les photos dédicacées des mains, quand elle les tend par-dessus sa petite table.
18h58. La meute pousse tellement que le stand commence à valdinguer. Un portant casse. On évacue Nicole.
18h59. Nicole a besoin de traverser la moitié du magasin pour se mettre à l’abri. La meute la poursuit sur tout le 2e étage, en hurlant sans discontinuer. Dans les rayons, les vendeuses restent bouche bée.
19h. Nicole disparaît derrière une porte, saine et sauve. Et la foule se disperse comme par enchantement. Personne n’a prêté intérêt aux créations de Nic. Un assortiment de caracos, robes, et blouses bohème-chic en soie, de 79 à 175 euros. Une quinzaine de modèles, parmi les quarante de Ia collection. Il n’y a pas le gilet imprimé plumes qui me plaît, celui d’en haut, là. Je l’aime bien en couleurs inversées, aussi. Mais bon y’a pas. Et pas la peine d’envier les Américaines. « Tout est sold out chez nous », assure un RP de Nicole avant de quitter le champ de bataille. On dirait que Nic, après le succès critique et commercial de sa ligne d’accessoires « House of Harlow 1960« , s’est bel et bien trouvé un boulot.

Photos : Shopthetrendboutique et Premiere