L'incroyable suspense prend fin dans le fracas de vos espérances : mon idée de génie pour le post d'aujourd'hui, c'était... d'écrire la suite du post d'hier ! Mais oui, elle a osé... Mais j'aime être là où on ne m'attend pas, voyez ?
Bon donc j'allais quand même pas vous canarder de 47 photos de Givenchy hier en un seul post, hein. Ca dilue le discours et c'est indigeste (au moment où ce post devient scato, vous me le dites).
Mais en voyant le
dernier défilé HC j'ai eu envie de rebarboter dans les précédents, tous ceux signés Riccardo Tisci. Je parle pas prêt-à-porter, hein, c'est un autre exercice, moins contraignant et il ne se plante jamais là non plus. Mais le challenge de haute couture relevé par Tisci, c'est d'inventer une épure. Et pas une épure "clean" à la Calvin Klein ou à la Jil Sander (il ne me vient pas d'équivalent en HC). Non une épure
mystérieuse voire
onirique. Et une féminité ultramoderne, où le confort n'empêche jamais l'élégance.
Automne 2005



Première Haute Couture pour pour Givenchy, et déjà, entre deux propositions maîtrisées mais déjà vues ailleurs (la robe chair et jais et la jupe noire glossy, à bottes assorties), l'esquisse de l'un de ses chefs d'oeuvre : la longue robe blanche bustier ni meringue ni mièvre ni bitch. Eh oui, ça n'a l'air de rien, mais c'est du grand art. La silhouette grège annonce, elle, sa future palette chromatique, souvent minérale, et son amour des surpiqûres.
Printemps 2006




Nouvelle robe blanche fantastique, et jeux de voilage, pliage déments d'habileté. Tout comme le choix de la rousse à peau laiteuse pour arborer la robe grège. La fée Morgane de l'an 2006 ne doit pas ressembler à autre chose. Tisci brille aussi dans le choix de ses mannequins et de la carnation qui va transcender le plus ses vêtements. Chocolat noir sur combinaison encre, what else ??
Automne 2006




Gros gap qualitatif. Tout est génial. De la robe de duègne chic sur Mariacarla Boscono, aux origamis de plissés soleil qui réapparaissent presque à chaque défilé, en passant par l'art consommé des contrastes : coiffe surréaliste (c'est là qu'on bascule dans l'onirique) sur sous-pull à la cool. Et jupon ultra-rebrodé sur hoodie taille basse. De la haute voltige !
Printemps 2007



Cette robe trench bleu nuit (une proposition qui le suit depuis ses débuts), je ne m'en suis toujours pas remise. De l'origami, Riccardo passe au lampion et c'est aussi beau. Puis construit des robes du soir autour de fausses capes et des fausses chemises. La ligne, comme d'habitude, est divine. Allongée, mais jamais guindée.
Automne 2007




A côté de la splendeur du soir, le jour commence à être de plus en plus alléchant. Frous frous épurés sous tailleur pantalon gris, et gilet de fourrure ceinturé sur slim à la Olivia Newton John dans Grease. Miaaaaaam ! Quant aux robes de vestales postmodernes, elles donnent envie d'en faire du cinéma.
Eté 2008



Retour des lampions, façon fraise 2008, sur du taille haute, du beige et du bleu perle. Gaultier aurait pu faire ça, un jour de sobriété. Pendant que la robe plume blanc mentholé s'encanaille fort pertinemment d'une ceinture mandarine. Puis c'est le cuir, le "tregging" c'est ça qu'on dit, non ? Sous une longue veste, avec juste les orteils dénudés, anti-bitcherie assurée. Enfin le caban ceinturé en robe, avec ce petit débord de blanc qui
fait toute la différence. Riccardo ou la science des détails. Dieu sait combien un "bord de quelque chose", manche, col, ourlet,
qui dépasse, peut transcender une silhouette du tout au tout.
Bon promis, demain j'arrête, je ne vous parle plus de Ricky. Mais ce sera la belle vie quand même.
Photos : style.com et vogue.fr