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3 décembre 2006

Le S.A.V. du shopping : comment faire durer une romance vestimentaire

Etre pénétrée par une fringue (ou des chaussures), c’est une idylle en quatre étapes.

1/ La rencontre

Il y a d’abord eu le premier regard. Une page de ELLE ou de Glamour qui se tourne, une fille qui passe dans la rue, un portant qui surgit du néant et soudain, là, sous nos yeux ébahis, La Fringue. Coup de foudre, love at first sight. Une seconde avant, on ne savait pas qu’on en avait besoin, qu’on n’attendait qu’elle. Mais tout a basculé. Cette Fringue nous appelle. C’est simple, on dirait qu’elle s’est retrouvée dans ce magazine, ou sur cette fille ou sur ce présentoir, rien que pour être vue et désirée par nous. Dès lors, on n’a qu’une envie : aller au contact, revêtir l’habit de lumière…

2/ Les préliminaires

Excitation suprême, ce moment où l’étoffe couvre la peau, où le pied glisse dans la chaussure. Epreuve du miroir… Forcément, c’est magnifique. On en a des papillons dans le ventre. Encore plus si le prix est modéré (à part pour les perverses qui aiment se faire du mal…) Re-miroir. C’est un nouveau nous qui nous sourit. On entrevoit déjà la vie promise par ce morceau de tissu. Les regards admiratifs, les copines envieuses. Miroir encore, jouissance extrême. Oui, ce futur est à nous, il suffit de sortir la carte bleue. On la sort.

3/ La première fois

Là, deux écoles s’affrontent. L’une rétorquerait que la vraie première fois ne fait qu’une avec les préliminaires. La vraie première fois, c’est celle de la cabine d’essayage, cette étreinte inaugurale entre votre corps et la Fringue. Avec ce délicieux frisson supplémentaire de la transgression, puisqu’elle est sur vous alors qu’elle n’est pas encore à vous… La deuxième école dirait qu’au contraire, la première fois c’est la première sortie en public de votre nouvelle acquisition. Accessoirisée de pied en cap, pas comme en boutique où vous avez fait avec les moyens du bord. Mais généralement, vous n’en faites pas des tonnes. Encore émoustillée par l’effet de nouveauté, vous laissez la Fringue vivre par elle-même, dans un certain dépouillement… Puis vous sortez la mettre à l’épreuve du monde. Et là, évidemment, c’est le triomphe. Regards, compliments, envie, tout ce dont vous aviez rêvé. Vous êtes la reine du monde.

4/ La routine

Soyons honnêtes. Pour beaucoup d’entre nous et concernant beaucoup de fringues, l’idylle s’arrête parfois (souvent ?) à l’étape 3. De là à qualifier notre rencontre avec la Fringue de « coup d’un soir », il y a peu. La deuxième fois, c’est pas pareil, surtout si le modèle est particulièrement original et, donc, a été mémorisé par notre entourage. Déjà habituée aux beautés de la Fringue, on est moins attentionnée. On la porte sans y penser, sans marcher avec un air de conquérante. A la fin de la journée, on la remise. On promet de la rappeler bientôt. On sait qu’on se ment. On va laisser la distance s’installer. Parfois pour toujours… C’est justement là qu’il faut se montrer romantique en diable, pleine d’invention et de créativité, pour casser la routine et retrouver le désir de la Fringue ! Combien d’achats sacrifiés s’empilent dans notre dressing, malheureux parce qu’isolés. Alors qu’ils brilleraient en bonne compagnie, si on les faisait tutoyer d’autres acquisitions, parfois elles-mêmes aussi tristes et esseulées. Cela ne s’accomplit pas sans effort. Il faut du temps, un miroir en pied et un appareil photo. L’idéal, c’est de s’attaquer à son dressing tout entier, pour composer un catalogue de tenues canon, dans lequel piocher à loisir chaque jour. Au fur et à mesure des essayages, on acquiert les bons réflexes proportions et couleur. On repère les teintes qui « s’éteignent » mutuellement, celles qui sont sublimées l’une par l’autre. On apprend à équilibrer, si ce n’est sublimer, notre silhouette en répartissant les volumes harmonieusement.
Et là, c’est le triple orgasme. 1/ On remet en route notre idylle avec La Fringue en la réinventant autrement. 2/ On s’aperçoit en fouillant que telle frusque qu’on pensait dépassée ou immettable est en fait un gisement non exploité. Et qu’il suffit d’un peu d’inspiration et de modernité pour que jaillisse sa puissance encore intacte… (je m’emballe) Et 3/ On se prend un pied monstrueux sans débourser un centime. Parce que notre placard s’avère en fait une caverne d’Ali Baba, dans laquelle piocher des merveilles méconnues ou mésestimées, pourvu qu’on ait le temps de leur accorder de l’attention… Quel plaisir à voir ces choses banales redevenir des petits trésors sous l’effet de notre seule créativité… Parce qu’il n’y a pas qu’un seul usage d’une fringue. Celui qui nous vient logiquement au moment où on l’achète. Il y a aussi les usages auxquels on n’a pas pensé de prime abord, parce qu’ils sont un peu plus sophistiqués, recherchés. Et ce sont toujours les plus efficaces. Parce que moins banals, tout simplement.

Pinasse33 Le 24 mai 2010, 01:21

suis en train de remonter dans le temps à tes debuts…. et aucun commentaire ! alors en voilà au moins un. J’adore tes premiers posts, avec des fringues au placard à reveiller, tu as dans l’âme l’art et la manière d’associer les vêtements et de bon goût !! tout en restant mode sans trop y coller justement sans paraître trop ! et bien c’est PARFAIT !! MERCI ENCORE de te lire et de te voir.

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Balibulle Le 24 mai 2010, 09:06

@ pinasse33 : en fait j’ai perdu tous les commentaires postés avant le 21 avril 2008 quand on a fait migrer le blog hors Canalblog. D’où ce désert absolu pour qui se balade dans les archives. Je sais, c’est un peu la honte :)

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