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22 décembre 2006

Une certaine idée de la féminité…

Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion, par mon travail, de rencontrer Dita von Teese. Et j’ai été fascinée par cet extraordinaire charme femme-femme à l’ancienne qu’elle dégage sans jamais être ringarde. C’est un réel plaisir de la contempler, parce que son look sort tellement de l’ordinaire qu’il en devient « divertissant ».

Et après l’avoir approchée, on a limite envie d’enfiler des bas couture et de sortir en bibi ! Phénomène d’autant plus incongru pour moi qui ne me reconnais pas du tout dans ce schéma féminin disons « traditionnel ».

D’où mon interrogation existentielle du jour : la féminité du XXIème siècle, c’est quoi ? La question se pose d’autant plus fortement à l’heure où on ne peut plus résumer la chose à un « Eternel » esthétique fait de perles, de soie, de rouge à lèvres et de décolletés. C’est bien sûr un archétype avec lequel on peut s’amuser, mais plus une philosophie de vie.

Autre définition à laquelle la féminité ne peut plus se circonscrire de nos jours : le fait d’être « apprêtée », comme on disait jadis. Aujourd’hui que les hommes ont, pour beaucoup, une vraie démarche stylistique, soigner son look n’est plus synonyme de féminité.

Alors être féminine en 2006, qu’est-ce que ça peut vouloir dire ?

1/ Considérer, sauf en cas de force majeure ou de grosse fatigue, que des mains et pieds soignés, une peau nette et qui sent bon, un visage mis en valeur par le maquillage (pour celles qui, comme moi, en ont besoin…), des cheveux propres et bien coupés ne sont pas en option. En un mot, la féminité commence peut-être par la volonté de transcender ce que la nature nous a donné.

Cette base « beauté » une fois posée, il y a l’étape suivante, celle du look. Expression de notre individualité, de notre créativité. Je ne suis pas d’accord avec ces femmes  qui disent que « se faire belle » est une soumission au machisme ambiant. Qui est la plus libre, entre celle qui s’enlaidit rien que pour faire les pieds au machisme (et se construit donc, encore, par rapport à lui), et celle qui choisit d’assumer le recours à l’artifice ? Sans la recherche gratuite du beau, la vie serait sordide, alors il est temps d’assumer notre amour de la futilité ! C’est une chance et non une aliénation…

2/ La féminité moderne ne se trouverait-elle pas plus du côté d’Isabel Marant que de celui de Dolce et Gabbana ?

C’est l’attention portée aux teintes, aux coupes plutôt qu’à la profondeur du décolleté ou à la quantité de broderies, paillettes et plumes posées sur un vêtement.

C’est décider de montrer ses bras et/ou ses jambes plutôt que ses seins ou le bombé de ses fesses.

C’est réhabiliter un certain raffinement, une certaine subtilité dans l’allure. Le blousant, l’ample mais court (Stella McCartney, ci-contre), le déstructuré (A.F. Vandevorst, ci-dessus) exercent une séduction plus esthétique que sexuelle.

Est-ce qu’on ne touche pas là à la quintessence de la féminité moderne ? Ouste le maquillage et les fringues de bimbo, degré zéro de la mode ! N’est-il pas plus agréable d’être jolie en gardant son quant-à-soi, de plaire en envoûtant plutôt qu’en aguichant ?

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