BeautéCorps

14 janvier 2007

Décolletées, oui ! Vulgaires, non !

C’est fou ce qu’un décolleté peut changer une vie. Et pas en mieux. Quand j’avais 20 ans et que j’étais en pleine conquête de ma féminité, je pensais naïvement que mettre sa poitrine raisonnablement en valeur était devenu un geste anodin, en l’an 2000.
Grosse erreur. Ce n’est pas tant le regard des mecs le plus pénible. Propriétaire d’un 90 B standard, je ne déclenchais pas d’émeutes. Non c’était plus le regard des filles qui était lourd à porter. Leur regard et leurs commentaires fielleux. « Euh.. On voit ta poitrine, là, tu sais ? » et autres « Ben dis donc, t’es réchauffée, toi ! »
Sensation désagréable d’être la nympho de service. Quoi, porter un décolleté même pas push up, même pas profond, c’est cesser d’être une fille respectable ?
Peu à peu, sournoisement, j’ai abandonné le combat. Rendu les armes en me disant que laisser mes attributs au repos me permettrait d’avoir la paix. Que je n’avais plus envie de passer mon temps à me justifier sur le droit d’une fille à porter un décolleté SANS devoir se justifier justement.
Cette lâcheté aurait pu se limiter à mon quotidien de fille lambda. Mais non, elle a même contaminé ma vision de la mode sur tapis rouge. Et justement, la mode me donnait raison. A voir les bustes compressés de Salma Hayek ou Patricia Arquette, et l’effet désastreux que cela produit sur leur capital élégance, j’ai pensé la question tranchée. Décolleté = absence de chic (+ problème relationnel pour les Mme Toutlemonde).
Fin du débat, donc, j’avais classé ringard le « grand décolleté » (catégorie dans laquelle je n’inclus pas les décolletés « fentes » sur petite poitrine, genre échancrure de chemise ou petit V style Ashley Olsen ci-dessus, qui restent sobres et donc superbes).

Grand décolleté = kitsch, un statu quo qui a tenu jusqu’à il y a quelques semaines. Et l’apparition sur tapis rouge d’un dépoitraillement nouveau, riche en peau dénudée et qui pourtant ne cède pas le moindre pouce de terrain à la vulgarité.

Pourquoi le décolleté de Kate Hudson et Sienna Miller fait mouche ? Evidemment parce qu’elles ne font pas un 85D. Mais aussi parce que la coupe rectangulaire et « plaquée » de la robe évite au sein de balloter, pendre ou jaillir. Tout est bien maintenu, le galbe, quand il y en a (Sienna) est mis en sourdine… La découpe n’est pas là pour aguicher bestialement mais participe vraiment de la beauté de la silhouette. Et si le décolleté « cérébral » était né ?

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