BeautéCorps

4 août 2007

Le droit de se plaire

Il y a des choses évidentes qui ne le sont pas pour tout le monde. Pour moi, la chose pas évidente, c’était d’investir de l’argent dans de la lingerie. J’ai été élevée dans un gynécée où on ne faisait pas attention à ces choses-là. Où, plutôt, on les envisageait sous un aspect purement fonctionnel.

Alors pendant de longues années, je n’y ai pas fait attention non plus. Malgré les encouragements d’une copine par-ci, d’un petit ami par là, j’achetais au plus confortable, le haut sans le bas, le bas sans le haut.

J’ai eu ma période string, comme tout le monde. Parce que c’était ce qui se faisait. Pas parce que je trouvais ça sexy (encore heureux, vu le résultat que ça donnait sur mon postérieur…)

Mais je n’ai jamais considéré les sous-vêtements comme quelque chose qui pouvait me rendre belle. Trop peu éduquée à ça, et trop complexée pour pouvoir le croire une seconde.

Et puis un jour, tout bascule, parce qu’on vous fait la remarque de trop. Celle qui, comme un ultime coup de masse, pas plus fort que les autres mais additionné aux autres, lézarde enfin votre muraille.

Insidieusement, la remarque a fait son chemin dans ma tête. Je me suis rendu compte que mon système de défense n’avait pas de sens. Que consacrer autant d’argent aux fringues en négligeant ce qu’il y a en dessous n’était pas si naturel que ça.

A ma première vraie virée en boutique, rien n’a changé. Toute cette dentelle chantilly, ces couleurs criardes, ces imprimés indigestes, ces ficelles vulgaires, ce n’était pas moi. Je me disais que je ne (me) trouverai jamais.

Je n’avais pas encore compris que la lingerie c’est exactement comme le prêt-à-porter. Qu’il y a des endroits où tout est moche et d’autres où pas mal de choses sont belles.

Évidemment que j’ai fini par trouver des choses à mon goût. Sensuelles et poétiques. L’addition est montée vite, parce que j’avais tout à prendre de zéro. Mais à mesure que les parures se sont accumulées, que je les serrais dans la paume de ma main, que je les regardais, une douce euphorie s’est emparée de moi. D’un coup, oui, je me suis sentie le droit de me plaire en lingerie.

 

The Carefreeness Le 23 octobre 2009, 12:43

Je comprends tout à fait… Et tu es allée dans quels magasins ?

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Balibulle Le 23 octobre 2009, 13:41

@ the carefreeness : tu continues de te balader dans ces archives désertées, lol :) Me souviens avec émotion que j’avais eu plein de commentaires sur ce post, avant de les perdre tous en changeant d’hébergeur… J’étais allée chez Princesse Tam Tam, Etam et… Chantelle – sexy mais ça gratte un peu :)

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