Je m'étais pourtant PROMIS que je n'irai pas aux ventes presse. Mais, même avec la meilleure détermination du monde, refuse t-on quelque chose à Punky b ? Et refuse t-on une vente presse sans queue, avec du stock et des vigiles gentils, qui ne t'interdisent pas de t'essayer et détournent poliment les yeux quand t'as le cul à l'air ?

Bref, le Destin a forcément quelque chose à voir dans l'achat de cette robe April May.

Et puis vous savez, c'est ce "genre" d'achat. Le genre qui fait hésiter parce qu'après tout c'est trop simple. Mais qui emporte votre décision parce que justement, c'est simple. Le genre de robe qui fait éclore dans votre cerveau des phrases définitives du type "ça, je ne m'en lasserai jamais", "c'est un bon investissement", "une paire de b.o. et de jolies chaussures et hop !"

Autant dire une robe piège car, comme on le disait l'autre jour, la frontière entre simplicité et ennui est ténue. C'est là que le test de l'accessoirisation vous sauve la mise, si vous avez de quoi faire sous la main. La robe est simple, mais pas ennuyeuse, lorsqu'elle paraît plus "impactante" seule que cachée sous des accessoires.

Oui, je sais, c'est d'une évidence crétine. Mais ça marche ! Sans empêcher pour autant ladite robe de jouer également les seconds rôles avec brio.


Et là encore, le minimalisme fonctionne. Car une soie bleu nuit, un drapé divin, des poches, what else, mmm ? Un flare (Topshop), des spartiates (Zara), une besace (Topshop), et une paire de b.o. turquoise, éventuellement (Caroline Najman).

Bon, après, parce que la vraie éloquence c'est de savoir démontrer tout et son contraire, on a l'exemple inverse.


Là, c'est pas la faute de Punky, mais celle d'Eva (jamais la mienne, naturellement). Eva, la belle au bois dormant de la blogo qui s'y entend quand même pour me traîner DE FORCE à la vente Maje. Si c'est pas du vice, ça ! Bon, j'accepte, parce qu'on allait quand même voir SATC ensemble après, j'allais pas faire ma rabat-joy, comme dit si bien ma Milou.

Comme j'ai un don quasi divin pour acheter des trucs qui ne me vont pas aux ventes Maje, cette fois, je prépare le terrain. Je vais en repérages en magasin. Et patatras.

Je voulais absolument QUELQUE CHOSE couleur corail depuis le début de la saison et la floraison de cette teinte enchanteresse tous azimuts, Maje, Sandro, American Vintage... Il a fallu que je voie cette robe. Vous savez, ce genre de robe qui fait éclore dans votre cerveau des phrases définitives du type "ça, je ne m'en lasserai jamais", etc.

Vous connaissez la suite.

Vous devinez qu'EVIDEMMENT cette robe n'a jamais fait la moindre apparition sur les portants de la vente presse. Et vous savez que le mal était fait. Que quand je suis allée aux Galeries Lafayette deux jours plus tard avec Punky et Betty, je n'avais que cette robe, hors de prix, à la bouche. Et que quand j'ai vu qu'avec la carte Galeries de Punky il y avait -30% dessus, comme sur une bonne partie du corner, et que c'était la dernière des dernières qu'ils avaient en stock (bon ok, c'est ce qu'ils disent...) et que je n'avais aucune garantie de l'avoir moins chère ou de l'avoir tout court aux soldes... Oui, je suis une faible femme, tout à fait !

S'il n'y avait pas eu ce foutu principe de simplicité, j'aurais peut-être fait preuve d'un peu plus de force morale.

En fait, c'est encore pire d'acheter une robe simple, il n'y a juste aucun garde fou autre que celui de tes finances, parce que tu te dis toujours que c'est un BON achat. Et ça n'a rien à voir avec la liste. Le bon achat, il est hors addictions et hors tendances. Il n'est pas à la mode donc il ne se démode pas.

Si je vous parlais d'exemple inverse à propos de cette robe Maje, c'est parce que là, en second rôle, ça ne marche pas. J'ai beau essayer tout ce que je veux avec cette robe, elle me paraît toujours mieux toute seule. Sans talons, sans foulard, sans sautoir, sans bracelets, sans manteau... juste avec nos deux amies, précitées.


Tout ça n'est vraiment pas raisonnable. J'ai beau me féliciter de ces deux belles pièces, et me dire que ma démarche se tient, qu'on n'a qu'une vie, la seule démonstration de ce post est peut-être celle de ma versatilité. Comme disait délicieusement Jean Anouilh, "Pourquoi contredire une femme ?  Il est tellement plus simple d'attendre qu'elle change d'avis."