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« Je ne me sens pas l’âme d’une provocatrice. Si quelqu’un est choqué par ces photos, c’est une réflexion de son propre regard sur l’âge et il lui appartient de se demander pourquoi il s’est résigné. »

Sharon Stone dans Paris-Match, en kiosques aujourd’hui.

Merde alors, je ne suis pas loin de me dire qu’elle a raison. On a déjà parlé  ici de cette démarche mystérieuse que représente le fait de poser nue en une d’un magazine à grand tirage. Qu’en attendent les stars (rarement des hommes) ? Cyniquement, juste un buzz pour se remettre sous les feux des projecteurs ? Ou, au-delà de ça, un acte de provocation/liberté/défense/réassurance ? Les photos de Jennifer Aniston dans GQ, me semblaient, au moment de leur parution, plutôt relever de la dernière catégorie. Une manière un peu trop fébrile, pour être honnête, de brandir son pseudo bien-être à la face du monde. Depuis, les articles (dans Gala ou dans ELLE, à deux reprises cette année) sur son bonheur retrouvé pullulent. Mais difficile d’effacer des années de victimisation post-Brad dans la presse, qu’elle soit fondée ou non…

Face aux photos de Sharon Stone, à la fois osées et « clean » (le reste du shooting est du même ordre, même le nu intégral en cuissardes, habilement « habillé » avec ses bras et ses mains) je n’arrive pas à ressentir de la vulnérabilité. Pourtant cette femme doit bien en posséder une once, quelque part… Dans ces photos en tout cas, elle ne transparaît pas. Du coup le trouble non plus. Je me souviens avoir été beaucoup plus « remuée » par la deuxième série nue d’Emmanuelle Béart dans ELLE, tirée de son livre Cuba Libre. Probablement à cause de la blessure évidente qui s’en dégageait. Ce qui en dit long sur notre manière de fantasmer les femmes, à croire que ça titille mon macho intérieur…

La fragilité évacuée, ne reste chez Sharon que la question de l’âge. La mise en regard de son âge avec ce corps, d’une perfection inouïe (et évidemment assistée), qu’elle brandit comme un poing. Franchement, on n’avait jamais vu une femme de 50 ans comme ça. Mais à quoi est-on censé ressembler à 50 ans ? Pourquoi même se pose t-on la question ? En ayant l’air d’en avoir 20 de moins, que déclenche Sharon Stone ? Est-ce vain, est-ce sain ? Est-ce qu’on se sent forcément mal à l’aise face à une femme qui ne fait, à ce point, pas son âge ? Si oui, est-ce par jalousie, par conditionnement social et culturel ou par bon sens ?

« De toute façon tout le monde fait 30 ans » me disait il y a peu une animatrice de télévision pendant une interview, alors que je lui demandais son âge et qu’elle refusait de me répondre. Tout le monde fait 30 ans, dans un grand mouvement de convergence. Emma Watson comme Sharon Stone.