dictionnaire_du_look_couverture

Je le lis lentement, je le déguste. Sur un coin de table le midi, le soir au fond du lit, pouffant toute seule, frustrée si je n’ai pas un auditoire sous la main pour en déclamer quelques passages à voix hautes :

« Le baby-rockeur est principalement issu des beaux quartiers. Education classique, grands lycées, jeunes filles au pair, week-ends à la campagne, vacances au ski : la galère en somme. « Mais attention, on veut pas trop se différencier des autres jeunes de notre âge, parfois on va au MacDo ou on se fait un kebab, tu vois. »

Baby rockeur

« T-shirt déchiré et mine décoiffée : Arthur n’est pas sorti indemne de son week-end »

La baby pouffe,  la Marie-Chantal, le shalala, le fluokid, la bimbo, la caillera, le geek, le no look, l’emo, le bobo, la hippie chic ou le punk à chien ont enfin leur « Dictionnaire du look ». Toutes ces « tribus » que nous reconnaissons au premier regard dans la rue, dont nous avons une connaissance instinctive, voient à présent leurs codes culturels, sociaux et vestimentaires couchés sur papier. Et c’est une sacrée bonne nouvelle, parce que c’est sacrément fendard.

« L’hiver, le black métalleux aime faire voleter les pans de son long manteau noir au vent, dans un style complètement Prince des Ténèbres. »

ou

« Le nerd porte un t-shirt à l’effigie de ses idoles (Chewbacca, Harry Potter, un gnome), des baskets sans âge sur un jean informe, taille haute et un peu court. Le nerd a généralement un rire de cheval qui met tout le monde mal à l’aise. La mue de sa voix semble éternelle. Il souffre généralement d’halitose aiguë (il sent mauvais dans sa bouche). »

ou bien encore

« Les emos se retrouvent tous les samedis à Paris aux abords de la place de la Bastille : sur les marches de l’Opéra, au port de l’Arsenal et rue Keller (haut lieu de shopping emo) pour vaquer à leurs émoccupations : diffusion de ragots, roulage de pelles, fumage de clopes, écoute des groupes préférés, déprime collective. »

Emo

« Elodie cache son mal de vivre derrière une mèche savamment effilée. »

Je ne connaissais pas la plume de Géraldine de Margerie, avant de la découvrir coup sur coup dans ce livre et dans un des premiers numéros de Grazia (à propos de la vague rockabilly, si mes souvenirs sont bons). Son sens aigu du détail qui tue, et son choix scrupuleux du mot qui sonnera juste me laissent confite d’admiration. En plus Géraldine est funny elle aussi, c’est elle qui pose avec le photographe Olivier Marty, auteur de tous les portraits du livre, pour illustrer le passage sur les bobos.

Bobo

« Le bobo, tel l’emo, trahit sa boboïtude précisément en ce qu’il nie son état et sa condition de cliché ambulant. Ah non, je suis tout sauf un bobo, beurk. Bon, qui est partant pour aller manger des sushis dans une yourte ce week-end ? Venez, ça va être juste fantastique, en plus j’ai acheté tous les films de Philippe Garrel, on va s’éclater. »

En bref, si vous avez un livre à acheter pour vous mettre à la popsociologie comme le veut l’expression consacrée et pour éprouver cette délicieuse sensation du « mdr, c’est tellement ça ! » et bien vous n’avez plus qu’à… patienter jusqu’au 5 octobre, date de sortie de notre petit chef d’oeuvre en librairie ! Allez, je ne vous en dis pas plus sur les pages consacrées à la « fashionista » (à ne surtout pas confondre avec la modasse, vous verrez !), c’est tellement bien vu que ça mérite d’être découvert in situ… Juste un tout petit indice visuel dans le petit widget de présentation ci-dessous (dédoublé, ne me demandez pas pourquoi), vous me direz si vous l’aurez reconnue !

Edit à 18h22 : vous avez raison les filles, le livre est déjà dispo à la vente ! Vous pouvez le commander à la Fnac ou sur Amazon par exemple. Je profite de cet edit pour vous rajouter la photo d’Arthur, notre baby rockeur, que je viens de récupérer. Et pour répéter (rapport aux com’) que JE NE SUIS PAS DANS LE LIVRE, lol. Et Betty et Alix non plus.

Photos : Olivier Marty / éditions Robert Laffont

« Dictionnaire du Look »
de Géraldine de Margerie et Olivier Marty, éditions Robert Laffont, 283 pages, 22 €.