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Alors comme ça, Anne, je serais « en réalité dans un parc à huîtres aux Marennes-Oléron ? » Nan mais dis donc ! Bon, ça te va comme preuve, ça ?

Vous noterez la touche que je me paie sur la photo. J’ai hésité à vous la mettre, d’ailleurs. A force de ne me montrer que devant le mur de ma chambre, avec la douce et flatteuse (faut dire ce qui est) lumière du jour parisien, j’institue sur ce blog une vision assez déformée de la réalité.

La semaine dernière l’assistante d’une copine styliste est passée chez moi déposer des fringues pour le tournage de 7 jours avec elles. Je sortais de la douche et je lui ai ouvert en peignoir, non maquillée. Elle connaît mon blog. Elle ne m’a pas reconnue.

Et maintenant ce déplacement en Nouvelle Calédonie m’incite à réfléchir là-dessus encore une fois. Je me lève à l’aube, je passe la journée dans le vent, la terre et l’eau, je ne peux porter aucune de mes fringues fétiches ni me coiffer comme j’en ai l’habitude.  Je suis partie avec une valise de 18 kg et j’ai l’impression de n’avoir rien à me mettre, d’être tout le temps sale et mal habillée par rapport aux gens qui m’entourent et qui arrivent à l’heure du dîner changés et douchés de frais pendant que je suis dans mon jus depuis le matin.

Les premiers jours, ça me chagrinait franchement. Mais au bout d’une semaine… Bon je ne vais pas vous dire que je m’y suis faite, mais j’ai découvert une sensation bizarre : ne pas être en représentation. Je sais que je ne suis pas du tout à mon avantage, et je vois le monde continuer à tourner. Ca n’a rien de reposant, non. Mon plaisir suprême reste vraiment de me pomponner, ce n’est jamais un effort. Mais après dix jours dans cet état de lâcher prise, disons que je savourerai encore plus le retour aux artifices de la ville.

Et que j’admirerai encore davantage ces filles qui ont l’air impeccables et ravissantes en toutes circonstances. Un marcel Petit Bateau, une paire d’Havaïanas, un vernis bordeaux, et hop, sublimes. Je pourrais passer des heures à les observer en douce, à regarder les trucs qu’elles sortent de leur sac. Rien ne semble calculé et pourtant tout, du paquet de mouchoir à la marque de la crème solaire, sonne juste. Entre leurs mains, tout semble parfait. Vous voyez le genre de filles dont je parle ? Ouais. Ces filles-là.