ModeCapsule-wardrobe

12 mai 2014

Des mots qui résonnent

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C’est quoi, finalement, « avoir le déclic » ?

Depuis que je tente d’optimiser ma garde-robe, c’est peut-être le point revenant le plus souvent dans nos échanges. Le déclic, il y a celles qui l’ont eu, celles qui l’attendent, celles qui n’espèrent plus vraiment.

Ici ou ailleurs, je répète que ça prend du temps un déclic, ça fait son chemin, ça infuse.
Comme en toute chose de la vie, ce moment où on comprend qu’il faut dire merde à ce job / ce type / cette relation toxique alors qu’on avait été perméable à tous les warnings avant.
Car comment faire le tri, dans les conseils des proches, entre ceux qui font mal à entendre parce qu’on n’est pas prêt à les recevoir, et ceux qui font mal à entendre parce qu’ils sont à côté de la plaque, hein ? Dieu merci, un jour = le déclic. 

Heureusement, en matière vestimentaire, les enjeux sont quand même nettement moins anxiogènes.
Il y a des gens qui jamais n’auront besoin de « penser » leur garde-robe parce qu’elle est instinctive, dans la tempérance ou dans l’abondance. Et finalement, parfaitement rationnelle dans son genre.
Et puis il y a ceux qui galopent à cru sur un cheval un peu fou. Avec une sensation d’ivresse parfois, et d’insécurité à d’autres. On peut vivre une vie entière comme ça. Ou on peut se dire un jour que mettre une selle et des rênes, ça peut être chouette aussi, ça peut être jouissif, même.

Honnêtement, j’ai eu de la chance. Je suis passée directement de « l’ivresse à cru » au « plaisir des rênes ». C’est venu sans stade intermédiaire de malaise, de souffrance, de « merde faut que je fasse quelque chose je suis en train de perdre le contrôle, lààààààà » (en même temps… control freak is my middle name).

Un jour, je me suis rendue compte que j’avais envie de mettre des rênes. Je vous ai raconté ça ici. C’était le moment où j’écrivais L’Antiguide de la mode, où je galopais entre mon boulot, le blog, le livre. Trois manières d’écrire, écrire tout le temps, journées, soirs et week-ends, avec si possible les idées claires, un coup d’avance ou, à défaut d’un coup d’avance, au moins un pas de côté, pour ne pas avoir le sentiment d’enfoncer tout le temps des portes ouvertes. Même si on les enfonce souvent quand même, au final.

Être dans la surchauffe permanente et devoir rire de vos propres travers vestimentaires, mine de rien, ça aide à prendre un tout petit peu de champ. À avoir envie de faire les choses autrement, aussi.

Peut-être juste une mode de plus ? C’est ce que certaines d’entre vous me disent ces dernières semaines, à force de voir partout des blogs parler subitement d’optimisation vestimentaire, c’est « juste la nouvelle mode ».

Ma copine Marina, qui ne m’en voudra pas j’espère de trahir ici une conversation par mail, me le décryptait parfaitement il y a quelques jours en repensant à ces « quelques saisons folles où les associations de couleurs et d’imprimés étaient les idées maîtresses d’une panoplie d’actualité. Aujourd’hui, on assiste à un mouvement général de repli vers des choses unies, sobres/casual et « en volume », au règne de la coupe et de la matière, le tout trempé dans un bain de sobriété nordique. Si avant, cumuler une multitude de pièces bariolées était un KSF (key success factor), là ce n’est plus du tout l’idée. C’est même, dans l’esprit, l’inverse de ce qu’on cherche… Corollaire à tout ça : rechercher la bonne coupe, le bon volume, etc. pour privilégier les pièces essentielles et « durables » (durables jusqu’à la prochaine lubie collective, évidemment).« 

Il y a un air du temps non pas de less is more (qui en est une déclinante spécifique) mais plus globalement de recherche de pertinence, de justesse, d’efficacité et de pérennité.

Il est indéniable que ce frémissement esthétique-là, déjà palpable l’été dernier, m’a ouvert les chakras, montré que cette démarche pouvait aussi être séduisante et ludique. La presse mode imprime depuis des années des sujets sur les bons basiques à avoir, ou à twister, mais comme on dégaine un marronnier de plus, casé entre le spécial maillots, le spécial accessoires ou le dernier-né du genre, le spécial rajeunir.

Mais cette fois il y a eu chez moi quelque chose de plus, pas simplement des images, même bien mises en scène, inondant la presse et Tumblr et Pinterest. Pas simplement un voyage, où j’ai pu observer à l’oeuvre un nouvel ami passé maître dans l’art des pièces-clefs (coucou Baptiste).

Il y avait eu, j’en suis convaincue, des mots. Des mots que j’ai peut-être mis du temps à digérer/laisser infuser. Mais qui, quand je les relis aujourd’hui, ont la force des révélations. Des mots qui font tilt, et possiblement, un jour, font déclic.

Voilà où cette interminable introduction voulait en venir. En fait je n’ai aucun livre de chevet sur ce sujet mais plutôt des phrases de chevet. Je me suis dit que ce ne serait pas idiot de les partager avec vous. Ces quelques phrases font tellement sens chez moi quand je les relis. Après, c’est mon cheminement, mon contexte, ma sensibilité à un moment M, mon infusion. Mais justement, si vous en avez vous aussi, ça m’intéresse. Semons nos phrases de chevet, on ne sait jamais, des fois que ça pousse.

SUR LA RÉDUCTION DE LA GARDE-ROBE
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« Avec trop, on ne peut agir rapidement et efficacement au moment voulu »
(L’art de l’essentiel, Dominique LOREAU)

« Plus il y a matière à multiplier les styles, plus l’inspiration s’assèche »
(Ma to-do list dressing, Jeanne-Aurore COLEUILLE et Laure GONTIER)

« Porter les mêmes vêtements encore et encore ne me dérange pas, parce que je les aime. Je ne vois donc pas de raison de ne pas les porter tout le temps. »
(Dead Fleurette)

« Avec peu, on apprécie vraiment tout ce que l’on utilise »
(L’art de l’essentiel, Dominique LOREAU)

SUR LE CONFORT
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« Souffrir dans des souliers trop petits, un jean trop serré, des dessous mal ajustés ne viendrait pas à l’idée des hommes. »
(Ma to-do list dressing, Jeanne-Aurore COLEUILLE et Laure GONTIER)

SUR LE STYLE
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« Lorsque vous avez trouvé la perfection d’une forme, arrêtez-vous là, ne cherchez pas à tout prix l’originalité »
(L’art de l’essentiel, Dominique LOREAU)

« Masculiniser sa garde-robe, c’est la chiciser. Pas le contraire »
(Ma to-do list dressing, Jeanne-Aurore COLEUILLE et Laure GONTIER)

 « Il faut mettre fin au fantasme de changer tous les jours de chaussures/de sac/de manteau, et en prime de prétendre faire toujours les bonnes associations spontanément. »
(Ma to-do list dressing, Jeanne-Aurore COLLEUILLE et Laure GONTIER)

« J’aime les vêtements que la plupart des gens trouvent ennuyeux. J’ai entraîné mes yeux pour regarder au-delà de l’ennui. C’est une affaire de petits détails, imperceptibles. Les autres peuvent ne pas être en mesure de voir ces détails, ce qui est encore mieux – c’est comme si je portais un petit secret inintelligible. »
(Dead Fleurette)

 

Calligraphie : Dangerdust

Charlotte Le 12 mai 2014, 15:52

Encore un très beau texte.
Deux phrases que tu as citées me plaisent particulièrement :
« Porter les mêmes vêtements encore et encore ne me dérange pas, parce que je les aime. Je ne vois donc pas de raison de ne pas les porter tout le temps. »
(Dead Fleurette)
J’ai des vêtements qui ont plus de 10 ans et c’est toujours avec un immense plaisir que je les porte, ils me plaisent toujours autant.
« Souffrir dans des souliers trop petits, un jean trop serré, des dessous mal ajustés ne viendrait pas à l’idée des hommes. »
(Ma to-do list dressing, Jeanne-Aurore COLEUILLE et Laure GONTIER)
Alors là je suis bien d’accord, être à l’aise dans ses vêtements c’est, pour moi, la base !

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:25

Merci ! Et tu te rends compte d’où on part, pour que des évidences pareilles nous interpellent… Je crois que ce sont mes préférées aussi :)

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Estelle Le 12 mai 2014, 15:54

Quel plaisir de te lire après une petite attente !
J’en suis à un stade un peu intermédiaire, je suis partagée entre l’envie d’acheter de la nouveauté, de renouveler petit à petit mon dressing et l’envie d’avoir juste les bonnes pièces, de consommer mieux, plus éthique aussi. Tu parles d’infusion et c’est juste: pour l’instant, ma réflexion se construit plus ou moins consciemment, parfois recule, parfois avance. Je crains de me lasser avec une garde robe réduite trop basique, je crains de me lasser avec des pièces trop marquées. J’imagine que la solution est entre les deux. Réflexion à suivre.

Estelle

lamodeestunjeu.fr

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:28

Et plaisir de vous retrouver ! Le très très bon côté, dans ce stade que tu traverses, c’est quand l’envie d’acheter de la nouveauté et celle d’avoir les bonnes pièces se rejoindront :) On peut aussi, parfois, faire table rase. C’est rude financièrement au départ, mais tellement payant sur la durée…

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La Reine Souillon Le 12 mai 2014, 15:55

La pérénnité. C’est exactement ça, ce que je recherche. Arrêter d’acheter des tonnes de trucs qui me décevront sous peu et acheter LA belle pièce, le classique qui, même s’il est plus cher, me satisfera quant à sa qualité et sont élégance classique, et ce sur le long terme. Pour moi c’est pas une mode. C’est de la pertinence vestimentaire. C’est nécéssaire!

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:31

Moi je suis persuadée qu’à force d’avoir cet objectif, ça façonne même notre oeil. Qui apprend à apprécier les lignes plus intemporelles, parce qu’il les regarde de plus près…

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Minky Gigi Le 12 mai 2014, 16:35

« Souffrir dans des souliers trop petits, un jean trop serré, des dessous mal ajustés ne viendrait pas à l’idée des hommes. »
J’adore celle-là. !!
Et je rajouterai qu’ils ne sont pas près à mettre une fortune non plus dans leurs fringues… réflexion que je me suis souvent faite en comparant les prix des t-shirts par exemple… pas d’effet « must-have » sur les prix je pense.

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:37

Je n’ai pas de statistique à l’appui mais j’ai plutôt la sensation, en boutiques en tout cas, que le prêt-à-porter masculin est globalement plus cher que le féminin. Ils ont moins de « merdouilles » que nous, du coup le « panier de base » me semble plus élevé. Après il y a effectivement l’avantage inverse : pas de fanfreluches sur les t-shirts qui gonflent le prix, ou de robes en polyester vendues un oeil 😉

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Anonyme Le 12 mai 2014, 20:44

« Quelques kilos en moins vous rendront toujours plus belle qu’une garde-robe dernier-cri »
« Les fringues obéissent à une logique toute féminine : moins vous en mettez, plus ça fait d’effet »

(Vérités dérangeantes, Anonyme)

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:38

Haha, mais ça ferait un blog formidable, non ? Et pour les kilos, merde on peut pas compter sur toi pour nous consoler, à quelques semaines de l’Epreuve du Maillot…

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Claire Le 12 mai 2014, 20:59

Je n’ai aucune phrase qui me revienne! Mon déclic à moi, ce sont les chiffres de mes dépenses en vêtements, mis bout à bout, une somme énorme et l’envie de l’investir ailleurs. Aujourd’hui, j’ai envie de rentabiliser mon dressing, pas nécessairement de le réduire, mais de porter toutes les fringues qui sont dedans.

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:50

mettre nos dépenses (quelles qu’elles soient) bout à bout est souvent une expérience flippante :) Quant au plaisir de porter les choses, je me souviens d’un temps pas si lointain où j’avais l’impression de « gâcher » un nouvel achat si je le portais tout de suite… Ca c’est vraiment signe qu’on a des progrès à faire, contente que ce soit du passé !

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virginie Le 12 mai 2014, 21:02

Pour ma part, définitivement, « le plus cher c’est le meilleur marché » comme je te l’ai déjà dit en commentaires sur le blog et peut-être aussi :
« Fashion fades, only style remains the same » de Coco Chanel
Enfin, il y en aurait quelques unes de toi puisque je consulte les archives de ton blog tant pour les tenues, que pour les mots…
Bises

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:52

Alors là <3… Et oui je me souviens pour le "plus cher est le meilleur marché", même si elle n'est malheureuse pas compréhensible d'emblée pour tout le monde ! Et pour la citation de Coco, c'est marrant, c'est une de celles que j'aime bien tourner en dérision quand je suis en dédicace pour mon bouquin 😉

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intelligently-fashionable Le 12 mai 2014, 21:21

very intelligent post ; you have to think all the time with clothes…

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:54

Thank you ! And yes, that’s what makes clothes both exhausting and fascinating 😉

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Lor Le 12 mai 2014, 21:35

Ah, Dominique Loreau, ses livres sont mes livres de chevet… En ce moment je suis dans « Faire le ménage chez soi, faire le ménage en soi » et depuis, je me passe de femme de ménage (en revanche, j’emmène des vêtements au pressing et j’ai cassé ma tirelire pour un robot aspirateur).
J’ajouterais : « … avoir une garde-robe restreinte, c’est avoir un placard plein de choses à se mettre. » (Béa Johnson, Zéro déchet, p. 176)

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:55

Le pressing et l’aspi, ça fait partie de ses recommandations aussi ou là c’est ta démarche (honte sur moi je l’ai ce bouquin et pas encore attaqué !) ? Et oui oui oui pour la citation de Béa Johnson !

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Lor Le 16 mai 2014, 11:40

Non, le pressing et l’aspi ce sont mes concessions au fait de ne plus avoir de femme de ménage :). En fait, elle a souhaité arrêté pour des raisons géographiques et j’ai finalement décidé de me débrouiller, mais je refuse de repasser (!!) et je n’ai pas le temps ; quant au robot, il évite l’accumulation des miettes qui me forçaient à sortir l’aspi tous les jours ou à déprimer en les voyant.
Pour le reste, je me débrouille en suivant les conseils éclairés de D. Loreau. Et c’est vrai que depuis que je m’en charge, j’ai un peu retrouvé le contrôle sur mon espace, mon désordre, je me suis attaqué au tri de choses que je ne faisais que déplacer auparavant pour laisser qqun d’autre faire le ménage.
Je crois que c’est à chacun de trouver son bon équilibre !

Audrey Le 12 mai 2014, 21:54

Oui c’est un vrai plaisir de vous lire parce que y’a a marre de voir tous ces blogs recevoir des tonnes de fringues chaque semaine, et ensuite organiser des vides dressings pour refourguer leurs fringues à leurs lectrices!! Ça fait quelques années que je n’achète que très peu… parce que je suis exigeante ! Et parce que l’image qu’on a de soi est sans cesse en mouvement. Je n’achète qu’au coup de cœur! J’ai par exemple trouver le créateur de sac que j’adore! Jerome Dreyfuss : oui c’est cher mais je ne m’achète un sac que tous les deux ans après de nombreux mois de réflexions sur le modèle la couleur en attendant le coup de cœur. C’est un moment magique cet achat et je suis comblée pour longtemps ensuite parce que ce n’est pas un coup de tête pour combler une frénésie passagère ! Je me contente de peu mais de mieux ! Jai investi dans des chemises Bérangère Claire a mesure des années et chaque jour ou presque je mets un jean et une chemise et je me sens moi, j’ai décidé d’assumer ce côté masculin parce que c’est moi !!! Au plaisir de vous lire encore.. Audrey

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:57

Merci Audrey ! Et l’exigence, c’est un trésor. Il faut être bien dans ses pompes pour la pratiquer pleinement, non ? :) Félicitations !

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Ally Le 13 mai 2014, 04:05

Je te suis parfaitement dans cette nouvelle démarche. Par contre, je regrette que tu nous montre moins tes looks. Si la sobriété et l’usage multiple te vont bien, montre nous ce que tu en fais!

Même au temps de l’ivresse planétaire du shopping (je dirais circa les dernières années de Sex and the City version télé), je regrettais que même les blogueuses mode les plus tête-sur-les-épaules et douées côté écriture donnaient la priorité au post « tiens, voilà le dernier truc que j’ai acheté », alors que justement, ce qui est plus intéressant dans le blog par rapport au magazines, c’est le stylisme, le « j’invente avec ce que j’ais » — le côté non-pub.

Si tu ne préfères moins t’afficher sur ton blog, je peux tout à fait comprendre, mais même montrer les combinaisons sur ton fameux rail, ce serait intéressant. Est-ce que tu répètes des tenues, ou trouves-tu toujours un nouveau détail à ajouter pour créer un nouveau mix? Ce serait ta version (en moins de 365 posts) des centaines de looks avec une robe noire, par exemple.

Tout ça pour dire que tes posts fréquents me manquent!

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:02

Faire davantage, et ce que tu suggères en particulier, j’adorerais, j’adorerais, si seulement le temps pour faire tout ça se trouvait en claquant des doigts ! ^^

En fait, moins me montrer et moins photographier mes vêtements, c’est un choix par défaut. Parce que ce sont, dans la panoplie de la blogueuse, les activités les plus chronophages de toutes.
Je dois exploiter à peu près 10% de ce que j’ai envie de faire ou de dire sur ce blog, parce qu’ici tout est et tout sera toujours une question de disponibilité, plutôt que d’envie.

Au bout de 7 ans et demi, il ne suffit plus de décréter « quand on veut on peut ». Je sais bien que ça rompt avec le contrat tacite passé avec vous, les années que j’ai tenues en bossant 60 à 70 heures par semaine, tout en postant 3 ou 4 fois ici, avec tout ce que ça suppose en amont et en aval, les photos (que je ne peux prendre que le week-end, à une certaine heure), le texte, la réponse aux commentaires…

Juré, c’est au moins aussi frustrant pour moi que pour vous, mais aujourd’hui ralentir le rythme c’est pour moi la seule manière de préserver le blog… Alors voilà, de deux maux je choisis le moindre :)

PS : et oui, je répète (souvent) sans vergogne les tenues, au détail près, et j’ai appris à aimer ça :)

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Claire Le 13 mai 2014, 10:36

Cette sobriété est peut-être une « mode » un peu subite dans son apparition, mais ça ne veut pas dire que ses effets ne seront pas durables : il y a trop de raisons objectives et fortes pour diminuer sa consommation. Crise économique, environnement, envie de vivre mieux, retour de la solidarité comme valeur,… J’ai l’impression qu’on est tous épuisés par les années de cynisme et que tout le monde en a vu les limites maintenant. Les marques vont sans doute ajuster leur marketing et nous re-séduire en partie (ex : Sézane, qui fait du très bon boulot de ce côté là), mais une fois qu’il y a prise de conscience, je ne crois vraiment pas qu’on puisse retourner complètement en arrière.
Par contre ton blog m’a beaucoup manqué pendant ton absence, et je serais très triste si en diminuant/améliorant ta consommation tu décidais d’arrêter ce blog ! On peut changer les sujets de discussion, mais reeeeste s’il te plaît !! ^^

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:10

Mais oui, promis, je n’ai pas prévu de partir ! Et je suis flattée de savoir que je vous manque aussi rapidement, tiens ^^ Comme je disais juste au-dessus à Ally, ce ne sont pas les sujets qui posent souci, c’est le temps pour les traiter. Et je suis absolument incapable de pondre un billet comme celui-là tous les deux jours, ou de dégainer des compte-rendus de redcarpet systématiques comme je le faisais avant, même si ça m’intéresse toujours :)
Quant aux effets durables, qui vivra verra… et de toute façon c’est toujours ça de pris ! ^^

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Lyly-s Le 13 mai 2014, 12:36

Je suis à nouveau toute émoustillée par ton billet! Je pense que j’étais trop étudiante (pour pas dire trop pauvre) pour avoir le déclic. Peut-être qu’en ce moment, à ce tournant de ma vie, le déclic est en route pour mon cerveau?

Je pense que toute cette rationalisation est un phénomène personnel, c’est une envie que tu as eu, un cheminement dans ta vie de modeuse. Ce n’est d’ailleurs peut être pas définitif, on n’est pas à l’abri d’un deuxième déclic n’est-ce pas? Il se pourrait également que ce soit une mode au sens général, dans la mesure ou c’est adapté à la tendance d’aujourd’hui. Une mode qui se veut plus simple, des vêtements plus passe partout etc. qui peuvent se porter de plusieurs façons et on se retrouve alors avec 1 pull passe partout plutôt que 4 passe nul part. Et ça, ça reste de la mode alors ça changera sans doute…

Affaire à suivre donc :) à suivre aussi dans ta tête à toi, en fonction des événements de ta vie et de tes futurs déclics! Au risque de fayoter je le dis quand même, mes phrases de chevet modesques sont les tiennes, celles que je lis dans ton blog. Rien de plus, rien de moins. Ça suffit a éveiller ma réflexion sur la mode et le pourquoi de ma penderie et pour l’instant ça me suffit largement.

Voici l’article dont je te parlais: http://alternatives.blog.lemonde.fr/2014/04/23/la-mode-a-lenvers-comment-aider-les-damnees-du-low-cost-fashionrevolutionday-insideout/
Dans mon mail je disais également que sans doute tu connaissais déjà mais ça m’a fait penser a toi et je trouvais que ça collait avec ta philosophie vestimentaire alors voilà. J’espère que tu trouveras ça intéressant!

La bise!

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:21

Alors là, je valide sur le champ le concept de « passe nulle part », j’adore ! Et j’encourage à mort le fayotage hein 😉 Merci beaucoup pour le lien, je vais aller lire ça d’urgence

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ema Le 13 mai 2014, 12:46

C’est drôle parce que c’est venu chez moi pas parce que je me trouvais trop consommatrice.

Mais c’est à force de voir que je portais tout le temps le même jean, le même style de bottines, de blazer, de chemise, de t-shirt – col rond, doux, ni over-size ni petit, plutôt taille droite, blanc, crème, beige, noir, gris – que j’ai arrêté d’acheter les autres trucs.
J’aime les sacs petits, rectangulaires en cuir rigide. Point. Aucune idée pourquoi. Mais ça paraît absurde d’acheter autre chose du coup.

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:28

Un processus parfaitement naturel en somme. Chapeau ! Et plus les pièces sont simples, plus elles impliquent d’être bien dans sa peau. La variété et la « complexité », c’est aussi un sacré paravent (je parle d’expérience)…

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virg Le 13 mai 2014, 15:02

Ce qui me gène dans cette « mode » de réduction de vestiaire, c’est que certaines (un peu hypocrites je trouve…) utilisent cet argument pour justifier leurs achats !
L’idée de base étant d’acheter des vêtements qui durent et de les garder longtemps. Pas de bazarder ses vêtements actuels pour en acheter d’autres plus chers 😉
D’accord avec le commentaire de Claire plus haut: Rentabilisons déjà ce que nous avons !

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:29

Chez certaines oui, c’est hypocrite. Mais chez d’autres, c’est vraiment indispensable. Quand on n’a acheté « que de la merde » pendant des années, ben… :)

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Aurore Baie Le 13 mai 2014, 15:15

Que ca devient compliqué, toutes ces histoires de sapes…

quand j’étais jeune, j’achetais compulsivement, parce que la sape me plaisait, que j’avais de l’argent en fin de mois, que je subissais un chagrin d’amour…

Puis vient le temps où ton armoire dégueule, que tu es écœurée par tes propres possessions. Tu fais le tri, mais tu as tendance à remplacer, puisque tu es un bon soldat, tu as donné trois robes, tu peux t’en racheter une…

et puis maintenant, en plus d’essayer de ne pas trop acheter, tu essaies d’acheter mieux, parce que des usines brûlent et qu’on découvre que nos fringues sont cousues par des ados sous-payées, ou que le tissu employé, non content de polluer toute la région qui le fabrique, risque de s’enflammer tout seul à cause de l’électricité statique un soir d’orage, alors que tu l’as sur le dos.

Donc nous voilà complétement tiraillées, entre nos pulsions, nos envies d’achats, et cette mauvaise image de la consommation actuelle. Surtout que ces leçons sont données par des blogueuses qui, souvent, sont sponsorisées par des marques, reçoivent des cartons de sapes qu’elles portent une fois avant de les refourguer sur un vide-dressing en ligne.

Attention, je ne leur jette pas la pierre, je ferai sans doute la même à leur place. Parce que j’aime les fringues, me réinventer par la mode, être une autre suivant les vêtements que je porte ou moi tout simplement en jean t-shirt.

Je dis juste que cette attitude schizophrène est en train de me rendre moi-même schizo, parce que moi aussi je suis un mouton.
Que ne pas faire les boutiques me donnent l’impression d’être punie, mais que les faire, celle d’être un monstre. Un monstre égocentrique, avec la pire des mentalités, puisqu’en choisissant cette robe H&M, je m’en tape de tuer la planète et les gens qui y vivent, surtout ceux qui n’ont pas eu la chance de naitre sur le bon hémisphère.

Et qu’en plus, je vire parano, même avec les fringues de marques plus équitables, parce qu’avec tout le green washing, j’ai juste l’impression d’être prise pour un jambon et je ne discerne plus le vrai effort de la poudre d’esbrouffe.

Quelqu’un a une solution?

Aurore

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:34

« Ne pas faire les boutiques me donnent l’impression d’être punie, mais que les faire, celle d’être un monstre ». La justesse de ce résumé ! Le marketing de l’authenticité est un de ceux qui me hérissent le plus (avec celui de l’originalité, au secours), alors je t’avoue que la solution, je ne l’ai pas !

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Murielle Le 16 mai 2014, 12:28

Tu me fais peur là avec ton tissu qui pourrait prendre feu un soir d’orage…. tu parles de quel tissus ? tous les synthétiques genre polyester ?

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Marina Le 13 mai 2014, 16:43

Première fois que je commente, mais j’avais envie de partager sur ce sujet qui me parle particulièrement en ce moment.
Depuis quelques temps j’ai également envie de plus de simplicité dans ma penderie.
Pour ma part, il y a eu une montée en puissance des achats, en nombre et en montant, il y a un peu plus d’un an, en partie à cause de blogs mode et surtout d’instagram, qui montre non seulement des blogueuses professionnelles mais aussi des femmes ‘comme nous’ (enfin ‘moi’) qui achètent (réellement) des fringues/chaussures/accessoires, de grandes marques, et très régulièrement. A chaque nouvel article, une accumulation de commentaires enthousiastes (plus l’article est cher, plus il y a de « like ») qui font que la machine s’emballe. On ressent une sensation de manque permanent, de nouveaux besoins absolument indispensables apparaissent, sans cesse renouvelés par le fil des images…et un jour, la goutte d’eau : la commande de trop, le ras le bol de ce gaspillage d’argent et de temps, la honte de dépenser si facilement…
Depuis quelques semaines, j’ai dit stop, réduit drastiquement mes abonnements instagram (après 3 mois de sevrage complet), revu la liste de mes blogs favoris et fait un grand tri dans ma penderie.
J’essaie de lire des blogs et livres qui parlent de style et non pas de mode, et surtout j’ai un objectif: trouver « mon » style, car à force de calquer mes achats sur ceux des autres j’ai l’impression de m’être perdue en route.
Je lis évidemment bien religieusement tes posts, surtout ceux qui traitent de tes méthodes de tri et de rationalisation, et j’espère en lire encore beaucoup!
Je tenais à te remercier de partager ainsi ton expérience, tes trucs, tes astuces et tes coups de coeur !
Marina

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:49

Merci mille fois Marina, bienvenue dans la lumière alors et ça fait chaud au coeur ce que tu écris ! Instagram c’est vraiment étonnant, moi j’ai découvert tardivement qu’il y a des non-blogueuses qui ont une véritable horde de fans là-bas, pas besoin de blog c’est devenu une fin en soi. Et la sponsorisation y prospère probablement de manière encore plus « peinarde » que sur les blogs où elle est passée sous silence… Alors tu m’étonnes que ça doit devenir tentant. Le geste de consultation est tellement simple en plus, la standardisation des photos… c’est une drogue :) Heureusement pour moi, les seuls comptes qui me scotchent vraiment ce sont les Vines d’animaux. Mais pour ce qui te concerne, oui ce « décrassage » fait du bien, surtout qu’il est arrivé de manière très viscérale visiblement. Alors bonne suite à toi et à bientôt ici :) :)

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jeanne Le 13 mai 2014, 17:13

« Vous avez besoin de moins que vous ne le pensez et vous avez plus que vous ne l’imaginez »
« La vie est trop précieuse pour la gâcher à courir après les biens matériels »

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:35

J’adore la première :)

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40 and so what Le 14 mai 2014, 09:11

Il y a quelques pépites là-dedans qui m’ont bien fait sourire ! C’est fou ce que la mode peut faire parler….

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:50

Et on attend ta contribution, hein 😉

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cc Le 14 mai 2014, 15:25

Avec trop on se cherche, avec moi on se trouve !

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cc Le 14 mai 2014, 15:26

Avec trop on se cherche, avec moins on se trouve !

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:39

Le bon sens absolu.

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matchingpoints Le 14 mai 2014, 18:22

Voici encore un bel article autour d’un thème qui parait si futile pourtant.
Il y a une phrase qui nous plait et qui semble de plus en plus traduire cette nouvelle attitude face à la mode : less is more…

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:37

et pourtant elle est piégeuse ! Parce qu’elle suppose beaucoup de précision, d’exigence…

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jicky Le 14 mai 2014, 20:09

ça fait depuis 2008-2009, que je l’attendais, chez toi, ce déclic. Me disant: un jour, elle va se calmer, vivre un virage…. C’est obligé. Ben voilà!

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Balibulle Le 16 mai 2014, 00:37

qu’est-ce que tu devais penser des autres blogueuses de ma « génération » alors… ^^

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Olivia (à Paris) Le 15 mai 2014, 13:18

J’ai trouvé la forme parfaite adaptée à ma morphologie, la petite robe serrée sous la taille, un peu pin up, sous le genoux, avec des talons, c’est ce qui me va le mieux, je sais que je ne serais pas jolie en jean marinière, parfois, il faut savoir se connaître et se rendre compte que la mode telle qu’elle est dans les journaux n’est pas pour soit :)

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:22

C’est l’apprentissage le plus important de tous. Et j’aime beaucoup la précision de ta silhouette parfaite 😉

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Murielle Le 15 mai 2014, 13:20

Un beau florilège de phrases très parlantes.
Je fais aussi de plus en plus attention à ce que j’achète, depuis que j’achète moins.

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Balibulle Le 15 mai 2014, 23:18

cette sensation si agréable d’être « en prise » avec les choses…

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Phonography Le 19 mai 2014, 16:05

Je suis ton périple visant à épurer ton dressing et cela a été une étape de ma réflexion. Je ne peux pas dire que j’ai eu de déclic (vu que j’ai acheté deux robes à pois sur un coup de tête la semaine dernière….).
Mais lentement, je fais le tri avec un double objectif: réduire la quantité et concevoir un dressing moins éphémère et plus personnel (quelle belle citation que celle de Coco Chanel!)

J’ai fait à ma manière le test des portants (qui a consisté à bazarder tout ce qui n’allait plus dans une pièce censée être une chambre d’ami^^). J’ai ensuite donné la moitié des vêtements que je gardais depuis l’adolescence: vestiges des années lycée et fac ou je n’avais que peu d’occasion d’acheter des vêtements. Je faisais en effet au mieux avec ce que j’avais pu acheter, récupérer etc.

À présent, j’y vois plus clair. Le premier constat c’est que je croyais avoir beaucoup de hauts alors qu’après le tri, je m’aperçois que plus grand chose ne m’allait. Le deuxième constat (plaisant) c’est que je ne me sens plus coupable de ne pas/plus porter certains vêtements (puisque je les ai donnés)…alors merci!

Je continuerai à lire avec plaisir les étapes de cette réflexion!

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Camille Le 20 mai 2014, 12:09

Merci pour ce beau billet. Plus que tendance ou mode, je pense que la sobriété correspond à un besoin profond dans notre société, une quête de sens bien présente après avoir connu la folie du cheval fougueux. On a besoin de se retrouver.

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De l’eau, de l’air, la vie | Balibulle - Etats d'âme vestimentaires et stylistiques Le 16 août 2014, 16:03

[…] encore à avancer dans mes envies d’optimisation. Comme on se l’est déjà dit, ces choses-là prennent leur temps, notamment parce qu’elles avancent mieux quand elles avancent toutes seules. […]

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No buy month ? | midi à ma porte Le 1 novembre 2014, 15:04

[…] chez Balibulle, chez thebeautyandthegeek, pourquoipascoline. Une réflexion qui naît sur la surconsommation, le […]

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