ModeGarde-robe capsule et tri

28 février 2018

Les fringues boulets

Vous n’avez pas pu l’ignorer si vous me suivez sur Instagram, j’ai la libido vestimentaire au zénith depuis le début de ma grossesse. Probablement les hormones (ahem).

Ça a commencé par un tri drastique dans mon placard mi-janvier, en revenant du ski, au fil des vêtements dans lesquels je ne rentrais plus.

Ces cintres et piles de vêtements que je mettais de côté pour plus tard m’ont mise dans une telle transe que, dans mon élan, je me suis décidée à me débarrasser enfin de (quelques) trucs plus très excitants que je gardais par bonne conscience.
Quelques trucs seulement. Pas encore assez.

Je les appelle mes fringues boulet.

Et si vous êtes comme moi, tant que vous avez de la place, et un peu de culpa à revendre, vous les collectionnez.

J’ai tout essayé pour la plupart d’entre eux.

J’ai laissé reposé une/plusieurs saison(s), voir si l’inspiration venait. Souvent avec le test des deux portants.

J’ai tenté des associations nouvelles qui sentaient plus l’effort que le plaisir.

Je leur ai parfois offert un tour chez la couturière en me rappelant que quelques centimètres de moins pouvaient tout changer.

J’ai espéré un petit miracle, une illumination brutale face à un vêtement peu ou mal porté pendant des années.

Par exemple, un petit pull marine trop court, qui a enfin trouvé sa place depuis un an sur une jupe trapèze en cuir noir, légèrement taille haute.
Je me félicite de l’avoir gardé en stand-by suffisamment longtemps pour que le déclic arrive et j’ai hâte de le retrouver post-grossesse.

Idem avec une paire de camarguaises, ou un sac beige/noir/orange, un trench imprimé qui végétaient dans mes armoires depuis plusieurs années, et que j’ai enfin apprivoisés aujourd’hui.

Mais cette épiphanie-là, combien de fois m’est-elle arrivée ?

Allez, dix fois maximum ?

Un ratio faiblard par rapport à mes dizaines de boulets, et qui continue pourtant de me faire hésiter face à chaque mauvais élève de mon armoire.

Résultat : au lieu d’avoir un dressing bien édité et quelques éventuels remords si j’ai déstocké quelque chose trop vite, aujourd’hui ma garde-robe est plombée par ce dressing « bis » (stocké ailleurs que dans ma penderie quotidienne, histoire de ne pas m’agacer tous les matins).

Comme si ça m’engluait, m’empêchait d’y voir clair et de garder une dynamique vestimentaire.

Pourtant il y a prescription, pour la plupart de ces vêtements qui me font douter. Ils sont là depuis tant d’années qu’il n’y aurait rien de scandaleux à leur dire adieu.

Mais ils sont là parce qu’ils parlent de moi, de mes freins, de ces illusions dont il m’est encore difficile de faire le deuil :

1// Je suis CAPABLE de faire quelque chose de ce vêtement
=> Eh bien non, pas toujours. Oui, même en m’interrogeant sur mon style et les vêtements en général depuis douze ans. C’est toujours vexant d’être pris en défaut, de se rendre compte qu’on a fait une erreur d’achat ou de ne pas réussir à s’expliquer pourquoi / en quoi on a changé.

2// Mais cette COULEUR est géniale.
=> Ah le nombre de fois où ma fameuse palette chromatique m’a guidée efficacement dans mes investissements… Le nombre de fois, aussi, où elle me fait m’accrocher pour rien à un vêtement de la bonne couleur (un émeraude parfait, un caramel soyeux) mais qui ne fonctionne pourtant pas sur moi.

3// J’adorais la silhouette que j’avais imaginée autour de cette robe IL Y A x ANNÉES.
=> Sauf qu’entre temps je n’ai plus les chaussures / le top / le style de vie qui allaient si bien avec. C’était joli oui. Mais c’était avant.

4// Je (re)trouverai bien UNE OCCASION de porter ça.
=> oui revenons un instant sur le « style de vie », qui doit rester un critère d’acquisition et de conservation prioritaire.
Avoir, en quantité adaptée, les vêtements nécessaires aux différentes activités composant notre quotidien : le dresscode de notre job, le moyen de transport et la méthode de lavage que l’on utilise, les loisirs que l’on pratique, les microcosmes dans lesquels on évolue…
Pourquoi je ne réfléchis pas à un look « homewear » qui me plaît si je passe beaucoup de temps chez moi ?
Pourquoi je n’ai que des vêtements casual si j’ai régulièrement des rendez-vous un peu formels ?
Pourquoi je craque régulièrement pour des vêtements fragiles alors que je déteste laver à la main ou aller au pressing ?
Pourquoi j’achète des talons sophistiqués « pour sortir » si je suis invariablement plus à l’aise à plat ?
Chaque activité récurrente de notre quotidien – même la moins valorisée socialement – ne mérite t-elle pas qu’on lui consacre, dans la mesure de nos moyens, une « démarche » vestimentaire qui nous fait plaisir ?

5 // Unetelle dont j’admire l’allure assure qu’elle ne « JETTE JAMAIS RIEN » et doit donc retrouver des trésors dans son placard régulièrement.
=> Unetelle n’est pas moi et entretient un rapport à sa penderie manifestement différent du mien. Ce qui lui fait plaisir à elle (le côté caverne d’Ali Baba ?) ne me fait pas plaisir à moi et inversement.

6// C’est pas bien de SE LASSER.
=> Cochez, au choix, « je suis une enfant gâtée ». Ou alors « je me connais décidément bien mal ». Dans les deux cas, rien de glorieux.

7// Il y en a tellement, je ne vais quand même pas déstocker TOUT ÇA.
=> Oui, le tri en masse, c’est difficile. J’ai beau y avoir consacré un post il y a de longues années déjà, c’est toujours aussi compliqué pour moi. Il faut que j’attende le stade du ras-le-bol pour m’y attaquer, donc entre temps les fringues se sont accumulées. Et l’effet masse me paralyse (« tant d’argent dépensé et aujourd’hui tu pleurerais pour avoir le même budget fringues, NON TU NE PEUX PAS t’en débarrasser« )

8// Depuis le temps, je sais me poser les VRAIES QUESTIONS.
=> Ah oui ? Est-ce que vraiment chaque vêtement boulet coche les bonnes cases quand je me demande si je me sens bien dedans / si sa matière est agréable / si sa coupe ne me gêne pas aux entournures ? Vraiment vraiment ?

Moralité => Les fringues boulets nous coupent de deux dynamiques vestimentaires pourtant jouissives :
• Cerner ce qu’on aime vraiment (en éliminant les parasites).
• Laisser nos envies évoluer parallèlement à notre style de vie. Qu’il implique des mutations radicales (déménagement, changement de job, changement de budget, agrandissement de la cellule familiale…) ou tout simplement, des goûts qui se modifient avec l’âge.
Rien qui soit incompatible avec une recherche de cohérence, et d’optimisation vestimentaire, bien au contraire.

Allez je vous laisse, j’ai un (énième) grand tri à commencer.

Illustration : Miley et son boulet, VEVO.

Girlinduplex Le 28 février 2018, 11:52

Tellement vrai. Depuis notre déménagement le changement de profil d après grossesse. Ben les boulets se sont accumulés surtout chez monsieur. Au secours ses affaires prennent plus de place que les miennes. Je pense à exfiltrer certaines pièces à son insu. Encore félicitations pour cette deuxième grossesse que je commence à peine à envisager lol

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Balibulle Le 1 mars 2018, 15:13

« Je pense à exfiltrer certaines pièces à son insu » = ICI TOUT PAREIL 😀

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Cécile Le 28 février 2018, 11:58

Il y a aussi la catégorie sentiments : cette fringue dont je sais que je ne la porterai plus jamais, mais qui m’évoque un souvenir tel que je ne peux pas me résoudre à m’en débarrasser!
De mon coté, je prépare un déménagement, qui va s’accompagner d’un changement de profession, et je suis dans la même réflexion que toi : j’ai un grand tri à engager. 🙂 Et moins de 6 semaines pour me mettre d’accord avec moi–même…

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Balibulle Le 1 mars 2018, 15:16

Oh la vache, que de chantiers en même temps !! Et le compte à rebours qui s’accélère… Côté stress, tu gères comment ? Tu sais déjà vers quoi tu veux t’orienter professionnellement ?
Pour les fringues sentimentales, ce sont les boulets ultimes. Alors que concrètement, le souvenir existe par lui-même et qu’au fond, on ne s’en débarrasse pas en même temps que le vêtement…

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Cécile Le 3 mars 2018, 22:57

Pour le moment, pas trop de stress, mais l’impression d’avoir pris une excellente décision 🙂
Dans mes rêves, je serai artiste à temps plein, mais on va y aller en douceur, je change de pays, c’est pas mal!
Je suis d’accord sur le souvenir, d’ailleurs je ne m’attache que très peu aux objets, mais il y a une ou deux robes… Le déménagement sera le test ultime, mais je crois qu’il est temps!

Ema Le 28 février 2018, 12:25

Tellement !
Ce pull crème Sandro, parce qu’il FAUT porter du blanc, crème en hiver disent les fille sraffinées. s pourquoi je me laisse encore avoir par ça !

Ce manteau noir si élégant mais un peu petit et col V, ce qui donne froid, alors que ce n’est jamais la bonne saison pour le porter.

Ce pull bleu trop moulant et au bleu pas tellement satisfaisant. Mais j’adore les pulls bleus et je n’en ai qu’un autre.

Cette combi pantalon bleu quand je cherchais frénétiquement la bonne combinaison bleue pendant des mois et que je n’ai jamais envie de mettre.

Même en s’interrogeant comme des dingues sur nos vêtements on fait encore des erreurs d’achat et c’est très énervant !!!

Et je ne parle pas des cadeaux fringues qu’on m’offre et que je n’arrive jamais à porter et qui m’encombrent !

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Balibulle Le 1 mars 2018, 15:41

Pire personne à qui offrir des fringues : qqun qui aime les fringues. Ma pauvre, je compatis !
Toute ta liste d’exemples est tellement éloquente (et raaaaaah oui, tu mets le doigt sur ce snobisme du blanc crème en hiver… Moi perso ça me file un teint de bidet donc j’oublie haha)

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Brunette Le 1 mars 2018, 16:56

« Pire personne à qui offrir des fringues : qqun qui aime les fringues »
Décliner avec: parfums, bijoux, make-up, déco, matériel de cuisine…(sinon vive les wishlists!)

Ema Le 1 mars 2018, 22:02

Alors que j’aimerais tellement qu’on m’offre des plats, des mugs, des plantes, des plaids, des coussins, mais non, on m’offre des fringues alors que je suis ultra précise dans ce que j’aime. Comment leur faire comprendre !!!

Sarah.M Le 28 février 2018, 12:27

Comme souvent, je suis en phase avec ta problématique du moment !
J’allais dire que moi aussi j’étais en mode grand tri et période de réflexion sur ma garde-robe, mais j’ai l’impression que cela fait bien quelques années que je suis perpétuellement dans ce mouvement sans jamais en voir la fin.

En ce moment je déstocke en masse via les applis de vide-dressing et je note le même enthousiasme voire la même euphorie limite flippante à éjecter les fringues non portées que ce que je ressens en remplissant mon placard de nouvelles pièces. C’est peut-être cela ma dynamique, remplir pour mieux éliminer ensuite ? Non sérieusement, c’est vrai que c’est assez jouissif de trier, de réussir à se débarrasser des vêtements qui nous encombrent dans tous les sens du terme et de re-découvrir d’autres pièces pas assez mises en avant.

Je voulais aussi ajouter dans la liste des critères du vêtement boulet un phénomène qui se produit de plus en plus rarement mais qui arrive malheureusement encore, c’est le vêtement fantasmé mais qui ne s’adapte pas à la morphologie. J’ai acheté un bombardier au début de l’automne après avoir fantasmé des silhouettes merveilleuses avec pendant quelques années. J’avais décidé l’année dernière que ce type de vêtements ne m’allait pas mais bizarrement je ne me suis pas écoutée et j’ai craqué. Résultat, impossible de le porter. J’avais raison, il n’est pas fait pour moi. Je suis trop petite, j’ai trop de formes pour ce type de pièce, pour celle-ci en tout cas. Bien se connaître n’empêche pas de se rêver autrement…

En tout cas ça fait plaisir de te voir si active sur insta !

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Madeinfaro Le 28 février 2018, 14:42

Tout pareil que toi Sarah ! J’avoue que le tri de me fait du bien (en fringues comme dans tout : déco achetée il y a 1000 ans, mixeur plongeant en double, livres de cours…) et je vénère Vinted en ce moment. Après, je constate que je vide moins qu’avant car j’achète mieux et je réfléchis. Disons qu’en mettant plus cher dans une pièce, on réfléchis un peu plus avant de l’acheter et avant de s’en débarrasser. Mais même si je connais mon style, il y a des périodes où j’aime prendre un risque et amener du changement. Ça réussi… Ou pas L’an dernier, j’ai acheté une magnifique robe rose chez Essentiel Antwerp (donc une blinde) et je l’ai mise 2 fois. Je n’ai même pas réussi à la reporter à un mariage. C’est dire ! Pourtant, je sais que le rose n’est pas une couleur facile à porter (et ce n’est pas moi) mais bon, j’ai essayé.
J’ai pensé mille fois à la vendre, sans le faire, en me disant que j’avais payé cher et que j’avais bien réfléchi avant de me l’offrir mais je dois me rendre à l’évidence : elle n’est pas (plus ?) pour moi. Je pense que je peux me permettre de mettre de l’argent dans des pièces que je vais garder et continuer à prendre des risques parfois mais pas en mettant cette somme dans une robe rose.
Du coup, l’article de Balibulle m’a motivée à la mettre en vente, tout comme la robe que je garde parce que je la portais lorsqu’on s’est mis ensemble avec mon mec mais que je ne porte plus au quotidien car elle fait doublon avec une autre.
Manon

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Balibulle Le 1 mars 2018, 16:59

Des robes roses comme la tienne, j’en ai eu tellement dans mon placard… et elles n’étaient pas toujours roses ni toujours des robes. Mais avec un destin similaire. Ce sont les boulets les plus évidents mais douloureux à déstocker je trouve, alors bravo d’avoir franchi le pas !! Tout le monde parle de Vinted en ce moment. Des conseils ?

Balibulle Le 1 mars 2018, 15:44

« je suis perpétuellement dans ce mouvement sans jamais en voir la fin » = je pense que oui, tu as bien résumé, il n’y a jamais d’épilogue, l’optimisation elle-même est un mouvement perpétuel (et au fond tant mieux, sinon on s’emmerderait au bout de quelques saisons !)
Quelles applis est-ce que tu utilises ?
Pour le bombardier : dans mes bras ! Jamais sur moi, pas la peine que je tente… (sauf si j’ai envie qu’on m’appelle Monsieur) Du coup tu vas le revendre ?

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Sarah.M Le 1 mars 2018, 19:04

Je suis sur Vide-dressing depuis pas mal d’années maintenant, mais les articles ne partent pas très rapidement et c’est de plus en plus laborieux de mettre les articles en ligne + la com…
Du coup je suis sur Vinted depuis quelques mois et là comme je suis en congés, j’ai destocké en masse et j’ai déjà fait plusieurs ventes. Je me demandais d’ailleurs si tu étais dessus.

Mais oui le bombardier c’est un carnage ! Et ça m’attriste de folie… Je l’ai mis sur Vinted et j’ai déjà des acheteuses sur le coup.

Tu as raison, il n’y a pas d’épilogue à tout cela et je crois que ça me va. C’est comme la silhouette « parfaite », la garde-robe parfaite j’ai renoncé à l’avoir. Trop de contraintes, trop de contrôle, trop peu de place à l’erreur, aux écarts et aux tâtonnements. J’ai envie de pouvoir craquer sur du chocolat comme sur une fringue que je porterai peut-être peu, mais que j’aurais plaisir à croiser au détour d’un cintre.

jicky Le 28 février 2018, 13:59

pour la difficulté du tri « en masse », je comprends (moi je n’ai reussi à le faire que l’année dernière en évacuant d’un coup 16 robes d’été sur l’immense masse, mais en défilant devant Mr Jicky et ses « enlève moi ça tout de suite ». Radical).
Sinon, je n’ai rien trouvé de plus efficace que le compte-goutte, moins culpabilisant et plus « convaincu ». À la condition de ne plus rien acheter d’équivalent, bien sûr; sinon, bête impression que rien ne part….

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Mrs T Le 28 février 2018, 16:24

Serait-il possible, en tout bien tout honneur, de louer les services de Monsieur Jicky pour nous aider à déstocker en masse nous aussi? Parce que Mister T, lui, il se contente de ricaner ou de dire « Yeah sure, why not, it’s nice » (il est ricain, Mr T, et il ne sert à rien pour la détox de placard).

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Balibulle Le 1 mars 2018, 15:45

et pour toi qui pratique le one in / one out, ça doit être un vrai challenge !
Du coup tu en es où dans ta garde-robe d’été, tu penses rester à effectif constant ou à – 16 ?

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Mrs T Le 28 février 2018, 14:04

Charlotte, ce billet est, comme d’habitude, très éclairant. Moi aussi, j’ai du mal à me débarrasser d’un grand nombre de boulets qui encombrent mon placard, malgré ma posture, très au point du reste, toute en « Moi je consomme mieux, je me libère du poids des objets, et puis ça suffit que des enfants meurent dans des usines au Bangladesh juste pour que j’ai des T-shirts pas chers, et puis l’élégance c’est autre chose que l’accumulation, d’ailleurs ouhlala qu’est-ce que je suis devenue raisonnable et adulte dans mes choix, oui madame, des choix, je ne suis plus victime de la compulsion d’achat et depuis que je suis mèèèèèèère, je vais à l’essentiel, etc.  » Tu vois le topo.
Mais au fond, ma  » gestion de placard  » reste mue par des dynamiques qui échappent au rationnel. Il y a des boulets nostalgiques (ou rétrospectifs), des fringues que j’aurais mises si je vivais encore à Paris, que je ne travaillais pas à la maison et que je n’avais pas deux enfants en bas âge. Et puis des boulets prospectifs, dont je n’arrive pas à me débarrasser pas parce qu’un jour, c’est sûr, je serai cette femme qui met des robes. Du coup, armoire encombrée, culpabilité, sarcasmes de l’homme, rédaction de listes.
Et le fait d’avoir vécu deux grossesses et quatre déménagements dans trois pays différents en deux ans et demi n’a pas vraiment simplifié l’affaire : j’ai à la fois énormément trié et énormément acheté, la grossesse et l’allaitement étant, comme tu le sais, autant d’occasions où l’on est OBLIGÉE absolument sous peine de mort de faire de nouveaux achats… Comme toi, ma fashion libido était au top pendant mes grossesses, et j’avoue même que la contrainte de l’allaitement et du corps, ahem, chelou du post-partum a fini par me forcer à composer différemment avec les vêtements, ce qui est assez rigolo à faire.
Et justement, cette réflexion sur ce que l’on garde / ce dont on se débarrasse est, chez moi, aussi liée à la maternité et à ces périodes de mue : il y a comme un fétichisme des possibles (un autre corps, un autre mode de vie) qui me pousserait à garder des choses  » de ma vie d’avant  » ou de la vie que j’aurais si je n’avais pas celle-ci. Et en même temps, un autre fétichisme du souvenir, de l’affectif, similaire à celui qui fait que, comme beaucoup de mômans, j’ai un mal de chien à donner définitivement les vêtements de mes fils (enfin, du plus jeune, qui est sans doute notre dernier — ça se voit, ou quoi, que j’ai du mal à renoncer à l’idée d’un troisième enfant ?).
Du coup, en serait-il des fringues boulets comme des névroses : elles nous encombrent mais ce sont les nôtres, alors nous en délester, ça ferait un sacré vide ?
Voilà, c’était la minute lacanienne du jour, vous avez six heures, l’usage de la calculatrice est interdite.

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Balibulle Le 1 mars 2018, 16:16

Entre les « boulets prospectifs » et « l’obligation sous peine de mort », j’avoue que j’ai d’abord franchement ri en te lisant. Blague à part, tout ce que tu soulignes résonne diablement à mes oreilles, et j’ai un seul déménagement (intra-régional) au compteur !
Et je suis moyennement pressée d’être dans le look post partum, moi qui ai gardé in fine 6 kilos de ma grossesse précédente (+28 au total) avant d’entamer celle-ci, et qui prend le même chemin pondéral… Ce sera aussi effroyable pour l’ego que « challengeant » (?) sur le plan vestimentaire. Ah on ne va pas s’ennuyer…
Pour le parallèle avec les névroses, je le vois moins s’illustrer dans les boulets (vêtements que je possède déjà) que dans le fétichisme des possibles (vêtements que je possède déjà + vêtements que je pourrais posséder si je me débarrassais de certains que je possède déjà). T’en dis quoi ?

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Mrs T Le 13 mars 2018, 16:21

Non mais on est bien d’accord, hein, le post-partum est une b.i.t.c.h dans tous les cas de figure.
La deuxième fois, c’est comme pour l’accouchement : j’ai quand même été moins « cueillie » par la barbarie du truc que la première fois.
Du coup, même si ça reste une période très, très compliquée pour le corps, l’égo et les fringues, au moins tu l’acceptes un peu mieux et tu fais contre mauvaise fortune bon coeur.
Comprendre : tu achètes des fringues qui te vont et qui te font un peu plaisir maintenant, là, tout de suite plutôt que de te demander quand tu vas arrêter de ressembler à cette personne « challengée du bide » à qui tu t’étais jurée de ne jamais ressembler quand tu avais 16 ans et que tu voyais les mères de famille fatiguées sur la plage – à qui on adresse une pensée émue et toutes nos excuses, maintenant qu’on sait que le corps fait bien ce qu’il peut quand il peut, et on l’en remercie.
Et oui, le fétichisme des possibles, c’est la mère d’un paquet de névroses vestimentaires!

alex Le 28 février 2018, 14:09

Quel plaisir de voir ta fashion libido aussi remontée ici et sur IG!

Ma grossesse m’a fait exactement l’effet inverse, accentuée par le fait que je bosse de la maison, l’appel du legging informe et du pull doudou a été beaucoup trop tentant pour y résister.. Seul problème, on en est toujours là 9 mois plus tard! J’ai fait un tel tri que mon placard n’a jamais été aussi vide, et comme il me reste encore 5 kg bien accrochés et de nouvelles priorités (si on m’avait dit que le budget lait/couches/crèche tuerait les soldes.. ), je ne l’ai pas encore repeuplé. Je tourne donc avec une dizaine de pièces qui me boostent un peu plus que les fringues doudou, tout en commençant à ne plus pouvoir les voir en peinture.

En même temps, je vois aussi cette période comme l’occasion de repenser tout mon dressing. Je n’ai plus forcément envie des pièces que je portais à 20 ans maintenant que je suis maman, et force est de constater que je ne mets ni les talons de 12, ni les mini robes qui ont pu m’attirer à l’époque. Mon board Pinterest est d’ailleurs assez symptomatique de la chose, il n’est plus rempli que de basiques super bien twistés.

Peut être que je touche enfin quelque chose du doigt, après plusieurs années à constater qu’il y avait un fossé entre l’image fantasmée de mon dressing et ce que je portais vraiment…

ps: il va sans dire que j’écris ça en pyjama troué/hoodie/grosse écharpe alors qu’il est 14h, pour le style, on repassera après la vague de froid. J’attends avec impatience les beaux jours, beaucoup plus inspirants que les frimas!

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Balibulle Le 1 mars 2018, 16:20

Ah haha, merveilleuse visualisation de ce moment, merci Alex !!!
J’ai fait les mêmes constats que toi après ma première grossesse, plus rien dans le placard (au sens qui soit à ma taille), look très très casual et je n’avais même pas « l’excuse » de bosser de chez moi. Je l’ai réalisé un jour où, me voyant débarquer en robe au boulot, un collègue m’a dit « je te retrouve ». C’était dit avec une gentillesse infinie, et ça m’a fait un électro-choc de dingue. Mais j’ai eu besoin d’en passer par ce « sas » très/trop long pour avoir envie d’en sortir et de me repenser. Et tout comme toi, plus grand chose à voir avec les silhouettes de mes non pas 20 ans mais 30 ans 😉 Vive les basiques bien twistés !!

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Mrs T Le 28 février 2018, 14:11

Et puis alors rien à voir, mais il a été question sur Instagram de Vans caramel. Comme je suis novice d’Instagram (on ne rit pas, au fond de la salle, j’ai 89 ans à l’intérieur et je me méfie des réseaux sociaux comme toutes les personnes de ma génération de l’intérieur), je livre ici cette information bouleversante : Alex Stedman (de The Frugality), qui est également enceinte (les Vans caramel seraient-elles les nouvelles fraises pour les futures mamans?) et même encore plus que toi, possède également une paire de Vans caramel. Qu’elle porte, donc. Ça peut donner des idées, sait-on jamais.
http://www.the-frugality.com/sunshine-state-mind/

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HeLN Le 28 février 2018, 17:59

oui mais nooooon ! le but était de destocker on a dit ! je baaave sur des Vans caramel depuis des mois, tout en sachant que je ne les porterai probablement pas (pas adaptée à mon métier, ni suffisamment à mes week end qu’inlassablement je passe en Doc Martens) ; mais elles sont tellement belles 🙂 mais je RESISTE pour le moment, ouf !

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Balibulle Le 1 mars 2018, 17:04

Ca a été un grand pas (haha) à franchir pour moi aussi, je soupçonne « les filles à Doc » que nous sommes toutes les deux de vivre sur une autre planète vestimentaire que les filles à baskets et notamment les filles à Vans. Radicalement incompatibles. Je te dirai si ça a été concluant…

Kero Le 27 avril 2018, 14:47

Attention info choc :
Je suis une fille à Doc (sept paires à mon actif et j’ai des collègues qui ont été jusqu’à venir à mon mariage juste pour vérifier que j’aurai autre chose que des Docs) ET j’ai une paire de Vans. Mais c’est celles en tissu et je les mets au printemps-été.
Comme quoi des fois c’est compatible !
Après je ne suis pas une fille à Converse donc c’est peut être Doc+Converse ou Doc+Vans, ahah.

Balibulle Le 1 mars 2018, 16:46

@ mrs T : ouais ben la novice d’Instagram elle m’apprend l’existence de cette dame, donc pas besoin de faire la modeste 🙂 Là sur ce post elle coche deux impasses pour moi (le cheveu blond qui éclaire instantanément le look sombre et le pantalon noir un peu souple pièce que je n’ai et n’aurai jamais dans ma garde-robe) mais je vais surveiller ses écrits et photos de près. Je viens de lire, assez fascinée, ce billet :
http://www.the-frugality.com/i-got-job/
Et ça m’intriguera toujours de voir à quel point les gens peuvent accepter des horaires démentiels en étant payés au lance-pierre (voir pas payés du tout) parce que dans la mode c’est comme ça que ça se passe…

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Mrs T Le 14 mars 2018, 14:45

C’est vrai que la mode devient, comme le cinéma, un sport de rentiers.
Quant à ‘Alex Stedman, elle me fascine parce qu’elle incarne à peu près les trois quarts de ma « no-buy list » : elle porte hyper bien les derbys, les manteaux camel, les pantalons souples 7/8, les robes longues bohémo-flottantes-mais-qui-font-pas-instit-du-Larzac-circa-1976, les manches ballon, toutes choses qui me vont vraiment très, très mal.
Du coup, moi qui suis plutôt comme toi dans la team des grandes brunasses à cheveux longs, je suis totalement hypnotisée par les grandes blondes avec une coupe au carré qui illuminent des neutres qui me donnent l’air malade (beige sur beige = « t’es sûre que ça va en ce moment? ») et qui donnent à tous les jeux de volume une allure scandinave à la fois décontractée et clean — autant te dire qu’en Suède, je vis au milieu de ma no-buy list ; j’aimerais dire que ça forme le caractère, mais pour de vrai, je me retrouve quand même de temps en temps avec un long cardigan beige chiné dont je ne sais quoi faire. Un boulet de si j’étais blonde, quoi.

Brunette Le 28 février 2018, 14:16

Haaaaaaa, comme lu + haut, chez nous c’est Monsieur le champion toutes catégories des vêtements boulets!!! Son armoire dégueule, pourtant il a base bien étoffée, et solide, mais rien à faire il traine ses reliquats et me sort en général l’argument du « je retrouverai une occasion pour le porter ». Ha. je crois que ce qui m’énerve encore + c’est justement de le voir avec constamment les mêmes fringues, sa doudoune vert bouteille alors qu’il fait enfin assez froid pour qu’il sorte le manteau pur laine Kooples (qui n’est pas un boulet, pour le coup). Un jour peut-être…

A l’opposé du ring, vous trouverez Brunette pour qui ce point a été le + utile pour justement virer les boulets! Offrant, par exemple, ma merveilleuse et presque jamais portée paire de bottes camel avec talons trop hauts à ma collègue (coucou hernie discale!), et m’offrant une version plus plate en passant.
Il m’est arrivé de regretter des séparations, c’est vrai, mais je préfère ça aux boulets. Puis ma collègue les porte TROP bien. Fierté de la reconversion réussie !

Bon courage pour le tri!

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Balibulle Le 1 mars 2018, 16:49

je crois que telles Monica et Brandy dans « The boy is mine », nous partageons le même homme, c’est pas possible… Et bravo pour les bottes ! Ce sera mon nouveau mantra, mieux vaut les regrets que les boulets !

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Brunette Le 5 mars 2018, 11:33

L’est bien ce mantra ^^ oserais-je ajouter que le fait de les avoir offertes, qui plus est à qq’un sur qui je les vois régulièrement, à eu un double effet kiss-cool pour ce qui est du déstockage et de l’amélioration de mon dressing? D’abord parce qu’elles me renvoient à l’échec de mon achat, moi qui comptais les pas à faire dans une journée pour souffrir le moins possible, alors que ma collègue gambade allègrement avec, ensuite parce que je n’ai pas retiré de sous de cette séparation. Je ne suis pas dans le besoin, mais si j’avais eu de l’argent en retour, je pense que j’aurais moins bien digéré l’épisode.
Du coup je songe à offrir d’autres boulets, même si pas forcément à des gens que je connais…

Pauline Le 28 février 2018, 17:26

Toujours un plaisir de te lire, ainsi que les commentaires de tes lectrices !
Ah les fringues boulet… tu as trouvé les mots justes, comme d’habitude.
Pour moi la séparation avec ces vêtements achetés à tord a toujours été difficile, surtout par rapport à la somme que cela représente (j’ai limite le ticket de caisse qui apparaît en hologramme quand je me tâte a virer une fringue peu portée ou neuve #teamradin).
Et puis j’ai vécu cette année ma deuxième grossesse, et avec elle est arrivée l’envie (et la nécessité, nous avons un 3 pièces pour 4) de désencombrer (la construction du nid, tout ça). Au même moment j’ai découvert Vinted, ça a été une révélation : mes fringues allaient avoir une seconde vie et moi un petit pécule pour me faire plaisir ! Je me suis surprise à fouiller dans mes placards pour voir quelle pièce j’allais bien pouvoir mettre en vente. Les scrupules sont moins grands quand on récupère une (petite) partie du montant dépensé. J’ai donc passé une partie de mon congé maternité à trier et faire des allers-retours au point Mondial Relay le plus proche 🙂
Depuis je continue dans cette démarche. Je me suis débarrassée de mes fringues de grossesse (spoiler : ça se vend super bien), et j’ai moins de mal à me séparer des vêtements des enfants. L’effet n’est pas radical (tout ne se vend pas forcément rapidement donc il y a quand même une grosse boite de fringues « à vendre » sous le lit) mais suffisamment satisfaisant pour que je poursuive !

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Balibulle Le 1 mars 2018, 17:02

Mais enfin c’est fou vous me donnez envie de regarder de plus près Vinted, ça a l’air simple comme bonjour ! (ou alors je suis trop optimiste)
« j’ai limite le ticket de caisse qui apparaît en hologramme quand je me tâte a virer une fringue peu portée ou neuve #teamradin » = MDR

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Pauline Le 1 mars 2018, 23:12

C’est hyper simple en effet : la rédaction de l’annonce est rapide et l´interface très intuitive.
De mon côté aucune mauvaise expérience en tant que vendeuse (c’est moins le cas côté acheteuse mais c’est un autre sujet !).
Après il ne vaut mieux pas avoir à faire au service client, qui paraît complètement inexistant…

HeLN Le 28 février 2018, 18:11

Hello Charlotte,
Toutes mes félicitations pour cette nouvelle grossesse, tu es rayonnante sur ton IG !
Je crois que ton billet tombe de nouveau à pic, des mois que je tergiverse devant ma penderie qui dégouline malgré une attention plus précise à chaque achat. Et d’une manière générale, j’ai très envie de dupliquer l’analyse à TOUT ce qui est chez moi : les draps en coton ancien dont je ne me sers jamais parce qu’ils sont impossibles à laver et à repasser et qui encombrent mes placards (oui mais c’est une part de mon héritage familial, ai-je le droit de m’en débarrasser ?!), les bibelots chinés/reçus en cadeau/fabriqués par mes filles pour diverses occasion (ils m’envahissent littéralement, j’ai envie de VIDE mais est-ce bien éthique de les virer ?), la vaisselle renouvelée (je garde les anciennes assiettes/fourchettes/etc.. au cas où je recevrais 20 personnes (ça m’arrive, et là je fais comment?) Sans parler de la penderie de mes filles (4 ans d’écart et des morphologies différentes : en fait la seconde porte très peu les affaires de mon aînée, à bon entendeur 😉 ), sans parler, comme Brunette, de celle de Chéri (il porte inlassablement les 3 mêmes vestes, chemises, pulls et Jeans, mais entasse encore pire que moi tout un tas de vieilleries qu’il garde au-cas-où) –> je crois que je vais déstocker discrètement cette partie-là !
Bon tri et encore merci !

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Balibulle Le 1 mars 2018, 17:06

Ma pauvre j’ai des suées rien qu’en te lisant (et je vois moi aussi les boulets décoratifs et logistiques s’accumuler depuis qu’on a troqué l’appart pour la maison).
Je propose que nous nous réunissions avec Brunette en commando ninja pour déstocker les vieilleries masculines de nos chères moitiés…

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Anonyme Le 28 février 2018, 22:06

J’ai 2 choses à dire ici :
1) ce que tu considères comme boulet aujourd’hui pourrait devenir un coffre à trésors demain pour Eve et sa petite soeur éventuelle ;
2) le bon regard à poser sur ces fringues est celui du « cherry-picking » : on achète une quantité globale et on garde ce qui nous interesse en laissant de côté le reste. Il ne s’agit pas d’erreur de jugement, ces achats effectuées en pleine possession de nos facultés mentales ne sont pas des échecs, mais la partie statistiquement inévitable de l’acte du shopping. Tout comme lorsqu’on achète des cerises et qu’il y a une partie (vermoulue, abîmée…) qu’on sera amené à ne pas consommer.

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Balibulle Le 1 mars 2018, 17:13

1) chaque femme est différente bien sûr mais j’ai tendance à penser qu’une fringue doit « vivre » pour donner envie d’être transmise. Par exemple je n’ai jamais piqué les « boulets » de ma mère stagnant au fond d’un placard. Uniquement les vêtements qu’elle continuait de porter.
2) oui c’est une bonne métaphore !

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Colette Du Net Le 28 février 2018, 22:35

Est-ce vraiment si grave de faire encore des erreurs?
Ou d’acheter des choses dont on a envie (genre un bomber en satin, genre plusieurs bombers en satin) même si ça ne nous (me) va pas vraiment?
Est-ce qu’on ne peut pas être plus cool par rapport à tout ça?
Finalement je crois que si…
Et puis, tu es toujours si splendide et rayonnante, tu pourrais porter une serpillière (cf Le Père Noël est une ordure). C’est bien ce qui compte, non? Le grand sourire, les yeux qui brillent, l’intelligence et la gentillesse.

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Anonyme Le 1 mars 2018, 09:10

Bien dit Colette du Net.
Le droit à l’erreur décomplexe, désinhibe, libère la créativité et le goût des expériences ; et cela n’a pas de prix… c’est un droit qui devrait figurer parmi les Droits de l’Homme (et de la femme !^^)

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Balibulle Le 1 mars 2018, 17:25

@ anonyme : oui c’est exactement l’idée ! On a une définition différente de l’erreur, mais une même philosophie du droit à l’erreur (cf ma réponse à Colette ci-dessous).

Balibulle Le 1 mars 2018, 17:23

@ colette du net : en fait par « erreur », on n’entend pas la même chose toi et moi.
Toi tu entends « vêtement qui ne me va pas ». Moi j’entends « vêtement que je garde sans plaisir ».
A mes yeux, se débarrasser de ses boulets, c’est justement se donner droit à l’erreur.
Oui je me suis plantée, et non ce n’est pas grave puisque je me donne le droit de déstocker ce qui ne me met pas ou plus en joie, plutôt que de garder ce truc par bonne conscience.
Tu vois ce que je veux dire ? C’est le plaisir qui reste le moteur.
Si ton bonheur c’est au contraire d’acheter un truc même s’il ne te va pas vraiment et que ça te fait du bien de le garder, alors il n’y a pas d’erreur. Non ?
PS : et merci pour les compliments dis donc ! Mais tout le monde (à commencer par moi) ne me voit pas avec ces yeux et si je me reposais sur ce présupposé, je crois que pas grand monde ne me lirait haha !!

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Ally Le 1 mars 2018, 14:45

Moi un truc dont je me suis rendue compte, c’est qu’il faut laisser le temps et l’espace pour apprivoiser un nouvelle pièce. Disons une jupe: avec quels collants va-t-elle, avec quels pulls (quelle longueur de pulls), avec quel manteau, etc.? Idem pour un jean: avec quels chaussures va-t-il le mieux (quel talon, ou hauteur de bottine), un t-shirt ou une blouse, etc.? En achetant trop vite de nouvelles pièces, ce temps d’expérimentation (je dirais environ trois mois puisqu’on ne la portera pas tous les jours) manque.

Plutôt que d’être dans une logique de régime vestimentaire, j’essaye de retrouver mon plaisir d’adolescente au ‘capsule-wardrobe’ (de fait et non volontaire) à trouver des dizaines de looks crées avec une nouvelle pièce fétiche.

En ayant plus de moyens aujourd’hui, mais en ne me laissant pas ce temps, c’est ainsi que je me retrouve avec des pièces encore-mystères, qui remplissent une case-style intéressante, mais que je n’ai pas encore rendue « miennes ». Donc en m’habillant vite comme d’hab je me tourne plutôt vers les pièces déjà apprivoisées et les achats excitants continuent de languir dans le dressing.

En tout cas, ton processus semble très bon. Le côté ‘binge-purge’ de la Kondo & cie est affligeant. Il faut essayer d’aimer et de sauver (expérimentation, ajustements, etc.) ce qu’on a déjà acheté. Mais bon si à longueur d’années ils demeurent importables ou non-portés, autant les diriger vers quelqu’un qui pourra les porter à leur juste valeur.

Et je t’adore (entre autres) pour la mention du mode de vie et du moyen de transport, particulièrement. Franchement d’après 80% des pages de mode nous disposerions tous d’un chauffeur et passerions d’un lieu de luxe à un autre. Cela incite à l’acquisition de belles choses effectivement importables.

Je m’attache encore à la part de rêve que représentent les vêtements, mais en restant fidèle à mon quotidien qui me plaît et pour lequel il est agréable d’avoir une garde-robe belle ET adaptée. Trouver un compromis etre practicalité et aspiration, quoi.

Heureuse de te retrouver dans ce billet, et félicitations!

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Balibulle Le 1 mars 2018, 17:33

Oh merci Ally !! Une garde-robe est encore plus belle quand elle est adaptée, pas vrai ? 😉 Le reste, c’est du vent.
Je te rejoins sur ce plaisir fou de la garde-robe capsule : expérimenter la polyvalence d’une pièce et multiplier les combinaisons possibles. Même si ça ampute d’autant leur durée de vie, à force de les tuer à la tâche. Mais elles meurent de leur belle mort ! Et effectivement cette versatilité (et cette compatibilité) s’éprouvent sur le long terme, entre le petit bonheur de l’achat et celui de tous les usages que l’on découvre petit à petit, en fait le shopping est une onde de choc quasi infinie 🙂
C’est marrant que tu cites l’exemple de la jupe d’ailleurs, entre la taille (basse / mi-haute / haute ?), la longueur, et les proportions de la silhouette (top ajusté ou large, long ou court), ça coche tellement de variables différentes que c’est probablement l’un des vêtements les plus longs à s’approprier…

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Jiji Le 1 mars 2018, 15:34

Belle Balibulle, décidément, je poussoie tout ce que tu écris! C’est tellement juste et pertinent!
Il y a 2 ans, proposition de job à l’étranger, 2 semaines pour trouver un nouvel appart et déménager le mien, purge monumentale obligatoire. Qui a été très douloureuse, j’ai donné plusieurs sacs Ikea de fringues et de chaussures… 1 seconde de réflexion par fringue pour déterminer si elle méritait de rester.

Depuis, j’ai passé le cap de la quarantaine, j’ai tendance à croire que je me suis assagie et que je fais moins d’erreurs d’achat. Mais j’en fais toujours… :))
La seule différence avec la maturité, je me rends compte de mon erreur assez vite et je m’en débarrasse aussitôt!

Prochaine étape : investir dans des vêtements cosy plus adaptés à mon style de vie. Je travaille de la maison très souvent, et je traine en legging et vieux sweat, mais je continue d’acheter des jolies robes, des jupes, des hauts en dentelle… Cherchez l’erreur.

Toutes mes félicitations pour ce joli bébé et ce glowwww wow!

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Balibulle Le 3 mars 2018, 11:12

Merci beaucoup Jiji ! Et beaucoup de pertinence chez toi aussi, j’approuve évidemment à 100% la réactivité face à l’erreur, j’ai encore vraiment des progrès à faire sur ce point…
Je n’imagine même pas le challenge pour ta purge d’il y a deux ans, est-ce qu’il y a des trucs dont tu regrettes de t’être séparée ? En même temps face à l’urgence on est parfois étonnamment efficace.
Concernant le boulot à la maison, moi je préconiserai mon rêve perso : des vêtements cosy… et ultra-féminins, pour concilier l’envie et le besoin l’air de rien. Genre… le kimono fleuri de Carrie Bradshaw ?
http://2.bp.blogspot.com/-bRPX3Pq66BE/U4RZNn9tyqI/AAAAAAAAIdo/KmOc-XRzo9E/s1600/sex+and+the+city+45.jpg

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Clao Le 1 mars 2018, 17:22

Ok, ok Générale Balibulle : je vais virer ces 3 robes pull qui sont au purgatoire depuis quelques années déja. Au moins 3 hivers que je ne les sors plus, et je ne sais toujours pas pourquoi je les ai achetées. Enfin, l’unie je l’ai beaucoup portée (trop), mais les deux rayées, ont été « moi » pendant… 3 mois ?
Je n’ai pas encore passé le cap, mais je pense vendre un manteau très dame, très ajusté qui correspondait à un fantasme de working girl dont je me fous éperdument à présent. Idem pour une veste saharienne en cuir crème qui m’a été offerte et pourrait être très jolie avec une jupe longue vaporeuse que je ne posséderai jamais.
J’ai décidé de vendre une paire de bottines qui a déclenché l’achat de 2 autres : j’avais trouvé MA forme. Ces beautés bordeaux sont bien trop cambrées même pour trottiner au bureau : je souffre ! Leurs copines noires, aussi hautes mais avec un talon très large sont géniales, leurs copies marrons sont sublimes mais 8 cm de talon : j’ai eu de l’ambition ! Je les aime énormément et ne pourrai m’en séparer que lorsque j’aurais trouvé leurs remplaçantes.
Sans parler de deux paires de sandales d’été bien trop hautes elles aussi, l’une est bien trop pinup et un peu abîmée alors dès que je repêche le carton ; adios ! Les secondes trop hautes, très flashy mais à la semelle en plastique trop cheap pour être confortable ont pourtant des lanières en cuir orange bien trop séduisantes. Inconfortables mais tellement jolies sous un flare ! J’ai fait tellement de tri dans mes vêtements que je pense les garder encore un peu… pour les regarder 🙂
Sinon ça y est j’ai acheté 2 sweats doudous pour le weekend, très jolis mais trop décontractés pour le bureau : je jubile rien qu’à l’idée de les porter, je suis presque en vacances quand je les enfile !

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Balibulle Le 1 mars 2018, 17:43

« un fantasme de working girl dont je me fous éperdument à présent » = nan mais vos commentaires, je vous jure, quel régal !! Mention spéciale aussi pour le « pourrait être très jolie avec une jupe longue vaporeuse que je ne posséderai jamais »
Tes boots me laissent à penser qu’on devrait inventer le concept de vêtement/accessoire tampon. Qui sert de transition / déclencheur vers un avenir meilleur.

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Clémentine Le 1 mars 2018, 21:07

Mais comment tu fais pour trier ton placard pendant la grossesse ? On ne peut plus essayer les fringues, du coup c’est quand même difficile de décider je trouve… Moi, enceinte également, j’ai laissé tombé la gestion du placard. Mais par contre, je me réjouis déjà d’avance à l’idée de la grande vidange post-partum : depuis plusieurs années, avant la naissance de mon premier, un grand nombre de fringues boulet arrivent à squatter mon placard sous la bannière « c’est trop grand, mais tu pourras mettre ça pendant la grossesse… » (je ne parle même pas de la lingerie, tout ces trucs moches mais utiles pour gérer les multiples changements de tailles de la grossesse et après..) Or là je sais que ce sera ma dernière grossesse (un peu trop vieille pour changer d’avis de toute façon), du coup, la purge sera sanglante !

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Balibulle Le 3 mars 2018, 11:40

Oh le pied que tu vas prendre !!
Pour ce qui est du tri, en fait il est relativement dissocié de l’essayage pour moi. Mais j’ai besoin d’être dans un « état » propice au déstockage. Une sorte d’énergie de la métamorphose, qui est beaucoup plus présente quand je suis enceinte que quand je ne le suis plus !
Bon je compte sur toi pour qu’on débriefe de ta purge dans quelques mois ! C’est pour quand ??

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Agathe Le 1 mars 2018, 22:24

J’ai un beau boulet ici, un t-shirt demandé à Noël, il s’est abîmé à la première lessive, j’ai réussi à en recevoir un nouveau après contact au service client… Et en fait je ne l’aime pas, il ne me met pas en valeur.
Pourtant, comme c’était un cadeau de ma maman, et que j’ai fait des démarches pour l’échanger, je le porte encore planqué sous un pull… Il faudrait que je lui dise adieu !
Enceinte aussi (10 semaines de plus que toi, mais ventre moins gros :)), je me dis qu’une fois l’accouchement passé je ferai sûrement du tri dans mes vêtements car certaines pièces n’iront pas avec une vie de maman.
Par contre, côté « pépites », j’avais un manteau que je n’ai quasi pas porté l’année dernière, je voulais le revendre, et en fait là je me trouve super pour la grossesse. Il avait un effet trop large qui ne me plaisait pas, et là avec du ventre il est très bien.

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Balibulle Le 3 mars 2018, 11:47

Aïe aïe aïe… effectivement le boulet total !! Pas simple de dire adieu dans ces cas-là, la culpa et la contrariété sont terribles…
Félicitations pour ta grossesse !! Et bien joué pour le manteau, comme si tu avais eu un pressentiment 😉 Il pourra attendre l’accouchement pour être trié avec le reste ! C’est quel style ?

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Agathe Le 4 mars 2018, 11:03

C’est une parka Comptoir des Cotonniers : https://www.brandalley.fr/product/926105-nersac-parka-bleue
Pour mon boulet, il est propre et je ne l’ai pas rangé avec ses copains dans l’armoire, je crois que grâce à ton article je vais recommencer un sac « à donner » 🙂

Michaela Le 2 mars 2018, 13:58

Aaah, j’adore ces réflexions que tu sais mettre en mots autour de la penderie et (l’apprentissage de) sa maîtrise…
Depuis peu, j’ai réalisé un fantasme et Marie-kondais ma penderie et eu aussi plusieurs révélations:

– faut attendre le Bon Moment. Si je me force, rien n’est plus chi…nt que de trier de mauvaise grâce ses vêtements (dans lesquels on a investi pour RIEN donc). Par contre, lorsque les étoiles s’alignent (=on en a suffisamment marre + 1 weekend libre) (ou une autre chose encore plus pénible à éviter, haha), quel bonheur d’accomplir cette tâche.

– une bonne playlist peut changer TOUT (lance « Have a great day » sur Spotify et tu verra :D)

– pas évident d’assumer que « Choisir, c’est renoncer ». C’est tellement à l’encontre de l’air de temps parce que non, on ne peut pas tout avoir (et à quoi bon, d’ailleurs)

– j’ai pratiquement en permanence un sac dans le débarras avec des choses à donner. C’est plus fluide de le « nourrir » au fur et à mesure.

Bref, merci pour ce billet qui me permet d’évoluer dans mon rapport au fringues.

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Balibulle Le 3 mars 2018, 11:51

Tout à fait d’accord avec toi, c’est une affaire de moment… oserais-je dire, de transe, même !!
Ton sac me fait penser au lombricomposteur de mon cher et tendre, haha !! (et c’est une belle idée)
Mon dernier tri s’est fait dans un silence total, quasi religieux… faudra que j’essaie le coup de la playlist la prochaine fois !

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Michaela Le 8 mars 2018, 15:19

Ahahah, lombricompoteur, c’est ça!
Une fois que la (perte de la) fringue aura été digérée, elle (=la fringue) sera lâchée dans la nature pour servir de nouveau ailleurs. 😀

coralie Le 15 mai 2018, 17:13

ah ah j’utilise la même playlist lorsque je trie mon dressing 😀

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Michaela Le 2 mars 2018, 14:06

Et puis, en fait, je serais curieuse de savoir comment tu gère le dressing de ta fille?
Là, c’est de la construction de 0, avec de bons réflexes dès le début à priori et sans vêtements « boulets » qu’on traîne pendant des années…

Parce que moi, je me trouve impeccable dans l’exercice pour autrui (même pour mon mari), même pas mal! Tandis que sur ma garde robe, je n’arrive pas avoir cette légèreté et recul (me raconte probablement des histoires, ahah). A méditer

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Balibulle Le 3 mars 2018, 11:54

compliqué pour ma fille… car elle a beaucoup de vêtements offerts qui ne matchent pas forcément avec mes projets de garde-robe pour elle 🙂
Mais l’été de ses 1 an ça avait super bien marché pour les vacances en Corse. Elle avait besoin d’une valise de vêtements beaucoup plus légers que ceux utilisés à la maison, et j’avais pu lui faire une palette de couleurs, avec tout qui se mixait à la perfection !
https://www.instagram.com/p/BEwNwn0KJFY/?taken-by=balibulle

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Michaela Le 8 mars 2018, 15:19

La perfection! <3
Mes respects, Bali!

Fanny Le 11 mars 2018, 15:22

Tellement véridique cet article. J’ai des tonnes de fringues boulet dans mon armoire. Des trucs que j’aime mais qui me boudinent, sont un poil trop grands, trop usés, qui ne vont avec rien de ce que j’ai, qui sont inconfortables ou qui ne me vont simplement pas.
J’ai du mal à visualiser mon dressing parfait, ce dont j’ai besoin, ce qui me va, etc… Mais j’ai commencer à revendre mes fringues boulets sur Vinted et ça fait vraiment du bien.

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Violette.b Le 13 mars 2018, 00:42

Bonjour j’ai déjà parlé de mon cas de compulsive fashion victim, les années ont passées et j’ai pu vendre, donner ce qui n’allait plus avec mon âge sans problème , c’était l’évidence dans le miroir.
Ce que je garde quoiqu’il arrive c’est ce qui m’embellit , du coup il y aura surement un moment où cela matchera , où je mixerais ancien et nouveau , où ma vie prendra un autre tournant , une autre rencontre ….
Je garde mes pépites collector , soit sentimentales , soit dignes du musée.
Dégagée enfin de certaines obligations , la fringue c’est ma vie et je cultive mon petit musée .
Je suis donc loin de l’optimisation mais qu’importe……
MrsT toujours très drôle et (im)pertinente a rappelé la part irrationnelle de l’acte d’achat ….mais heureusement que nous pouvons nous le permettre …. autrement quel ennui.

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