Écrire + s'organiserÉcrire

15 janvier 2019

Sanctuaire matinal


Ce matin, je me suis faufilée hors du lit 15 minutes plus tôt que d’habitude.
Ne pas réveiller Matthieu, Ève et Anouk. Plutôt facile.
Ne pas réveiller Tartine, plus difficile.
M’asseoir à la table de la cuisine, ouvrir le carnet, prendre le stylo dans un calme complet, sans aucune interaction avec un autre être vivant, avant que les souvenirs de mon rêve ne s’étiolent tout à fait.

Ce matin, c’était mon premier flot de pensées.

Les exemples cumulés de Clotilde Dusoulier, Géraldine Dormoy et Amy Landino me titillaient depuis trop longtemps.

Toutes vantaient les vertus de ce rituel, coucher sur le papier, chaque matin, tout ce qui leur passe par la tête. Sans filtre, dans un lâcher prise total. Sauf celui de la durée.
Cinq à dix minutes pour Clotilde.
Vingt pour Géraldine.
Trois pages pour Amy.

J’y pensais suffisamment régulièrement, à ces “morning pages” popularisées par l’enseignante Julia Cameron, je tournais suffisamment autour, pour me douter qu’un jour, moi aussi, je m’y essaierais.

Pourtant je ne suis pas du matin.
Plus précisément : je suis ce genre de personne qui se lève dès que le réveil sonne, sans jamais procrastiner, mais comme j’adore me coucher tard, c’est un vrai sacrifice pour moi de rogner sur mon sommeil.

Avoir « mes 8 heures » m’apaise. Ou plutôt, l’idée d’avoir ces 8 heures.
En réalité, je suis capable d’être mal foutue en dormant davantage, ou parfaitement opérationnelle avec 6 heures seulement.
Tout dépend de mes cycles de sommeil, et de mon feu intérieur du moment.
Ce matin, il était au taquet.

J’étais surexcitée depuis la veille au soir, à l’idée de créer ce nouveau rendez-vous avec moi-même, de ne pas pouvoir en deviner le contenu, ce qui m’a valu un endormissement laborieux puis une nuit en pointillés.

Ce 15 janvier à 7h05, dans le silence et l’obscurité, j’étais devant mon carnet. Le Leuchtturm 1917 qui me servait de bullet journal en 2018 et dans lequel un paquet de pages encore vierges n’attendaient que moi.

Est-ce qu’en mettant le réveil 15 minutes plus tôt, ce serait suffisant ?
Je n’ai pas enclenché mon cube de temps.
J’ai tourné le dos à l’horloge du micro-ondes et je me suis laissée porter.

25 minutes plus tard, je n’avais plus le choix, il fallait m’arrêter et monter réveiller Ève, puis la préparer pour l’école si je ne voulais pas la mettre en retard.
J’avais écrit six pages.

Sans même penser à les relire, à en tirer un enseignement quelconque, le plaisir était là, immédiat, pur, évident.
La jubilation – pour moi qui ai passé ma vie d’adulte à écrire – de laisser venir sans intellectualiser, sans peaufiner, sans chercher le mot juste.
La main tendue, dans tous les sens du terme, à ces pensées, aussi disparates, honteuses, absurdes, candides ou grandiloquentes soient-elles.
La simple dynamique de la plume qui glisse sur le papier.

D’ailleurs dès demain, je change de stylo.

Le beau Mont-Blanc de Matthieu – que j’avais choisi pour sa solennité, histoire de « marquer le coup » – ne cavale pas assez vite sur le papier. Et se laisse distancer par le flot.
Je reprendrai mes stylos fétiches de prise de notes, ceux de mes années au Parisien, les Pilot V Sign-Pen.

Le tracé sera plus épais, plus massif, moins agréable à regarder, mais sa fluidité m’aidera, je le sais, à courir après mes rêves, à leur arracher des sensations et des détails.

Mon but n’est pas de tenir un journal de mes songes, comme Stella Gibson dans « The Fall », mais, plus largement, de capturer ce qui lévite dans ma tête au réveil.

Certains jours, la plupart probablement, le rêve se sera dissipé avant même que je ne pose le pied hors du lit. Et les pensées brutes sur la journée à venir, les envies ou les tourments du moment, seront au coeur du flot.

Reste à sanctuariser ces instants.
Les jours d’école, ce sera assez simple, je suis la première debout, donc je n’ai qu’à avancer l’heure de me lever.
Mais quid du mercredi, du samedi et du dimanche, et de ce luxe de dormir sans réveil (puisque nos filles, bénies soient-elles, sont de vraies marmottes) ?

Il va falloir tenter des choses, trouver cette parenthèse pendant laquelle m’éclipser. Ce rituel qui n’en est pas encore un puisque je n’ai pas eu le temps de le reproduire, tant j’avais l’envie de vous en parler sur le champ, sans retour d’expérience.

Créer un nouveau rendez-vous avec soi-même est toujours une urgence.

4ome Le 15 janvier 2019, 15:34

Charlotte,
Que c’est doux de te lire et Que c’est inspirant…pas de marmottes ici et une difficulté réelle à sortir de mon lit. Pourtant 10 minutes de Yoga et 10 minutes d’écriture me font rêver… faut vraiment que j’arrive à le tester au moins une fois. Merci pour cet article.

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 12:46

Oui, au moins une fois ! Merci pour ta douceur à toi aussi <3

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Mrs T Le 15 janvier 2019, 16:25

Charlotte, tu ne pouvais pas mieux tomber avec ce billet qu’aujourd’hui, où j’ai moi-même mis le réveil 30 minutes plus tôt pour faire à peu près la même chose, et en plus des exercices abdominaux hypopressifs, parce que j’aime mes enfants d’amour mais le plus jeune a flingué ma sangle abdominale et je suis obligée de me cogner 10 minutes de sous-pilates lent et chiant par jour pour remédier à tout ça, ce qui pour une ancienne nageuse comme moi est l’équivalent d’une séance de torture au ralenti. Du coup, il vaut mieux faire ça le matin au réveil, parce qu’après, on n’a plus jamais envie de bloquer 10 minutes dans sa journée pour avoir l’air d’un hippopotame en souffrance sur son tapis de sol, à enchaîner les fausses respirations en apnée avec remontée de périnée en bougeant les mains len-te-ment-très-len-te-ment.
Et comme je viens de découvrir la délicieuse Clotilde Dusoulier sur les conseils d’une amie très chère, j’ai moi aussi commencé à écrire un peu le matin, un flot de pensées non structuré, sans jugement ni volonté de mise en forme. Ce qui est pour moi, soit dit en passant, très différent de la tenue d’un journal, pratique qui m’accompagne par ailleurs depuis des années (depuis l’enfance, en fait), mais qui correspond à un autre rendez-vous entre moi et moi-même, celui-là nécessairement clandestin et non ritualisé, et qui répond à un besoin viscéral (je mets des disclaimers sur tous mes journaux intimes, en gros : « tant pis pour toi, farfouilleur impudent qui trouves ces lignes planquées qui ne doivent être lues de personne, tu risques de t’en prendre plein la tronche ici, je n’y écris que ce qui va mal »).
Pour moi, l’exercice du matin, c’est autre chose, je le fais d’ailleurs sur un carnet à part que j’ai acheté pour l’occasion (encore une excuse pour aller acheter de la papeterie) et oui, moi aussi, avec un feutre (un Pentel qui va vite mais gros), qui n’est pas mon beau stylo plume « à moi ». Et ça marche bien, ce petit rituel, c’est vrai que ça permet d’écrire autrement que pour être lue, autrement que pour se dire quelque chose à soi, autrement que pour le boulot (je suis traductrice, du coup je passe ma vie à prêter ma voix aux autres). Et moi qui vis en Suède mais qui parle anglais à la maison, ça me permet aussi de reconnecter avec le français instinctif sans y réfléchir, le matin. Je vais voir à l’usage dans quelle mesure cette pratique télescope la tenue d’un journal, mais pour l’instant, j’y vois un complément bienveillant et expérimental. Mais encore faut-il, comme pour le reste du temps pour soi, le trouver, ce temps-là.
Du coup, hier j’ai mis le réveil plus tôt en me disant l’équivalent (en moins élégant) de ton « Créer un nouveau rendez-vous avec soi-même est toujours une urgence ».
Et bim bam boum, je me lève, et je te bouscule, tu ne te … oh wait, si, en fait, tout le monde se réveille en même temps que moi. Mari ahuri, puis enfant de deux ans et demi (ce flingueur d’abdos, qui n’a toujours pas bien compris que nous étions deux personnes séparées, et qui a du coup comme une espèce de radar : si je bouge, même dans une autre pièce, il bouge), puis enfant de quatre ans et demi.
Du coup, je l’ai eu dans l’os, mon RDV avec moi-même : le petit a trouvé ça très distrayant, ce tapis de sol avec sa mère dessus (« câlin par terre? »), le grand a trouvé le carnet préparé la veille (« moi je sais écrire A, regarde Maman, j’écris A »), le mari s’est agité en mode « non mais laissez-la tranquille, cette pauvre dame » tout en me demandant où étaient chaussettes, chaussures et surpantalons (il neige, pour fêter ça). Une grande réussite, quoi. Tu me prêtes tes enfants qui dorment, dis?

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ca Le 16 janvier 2019, 17:10

Il semblerait que tu es eu le temps d’écrire ce lonnnng commentaire, donc ça va tu as du temps ahahaha désolée j’ai pas pu m’empêcher!

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Mrs T Le 17 janvier 2019, 09:17

Bon sang mais c’est bien sûr, tu as raison : de quoi est-ce que je me plains?

ca Le 17 janvier 2019, 19:58

🙂 le temps est un luxe, prendre son temps, perdre son temps, laisser filer le temps ^^

Balibulle Le 27 janvier 2019, 12:56

Aïe aïe aïe, j’avoue c’est presque digne d’une scène de film. Quelle frustration… Tu as retenté depuis ? Tu écrivais plutôt vers quelle heure quand tu as commencé ? Et oui, je serais curieuse de savoir s’il y a, à moyen terme, recoupement avec ton journal (depuis l’enfance !! Tu les as tous gardés ?) Tu as acheté quel format de carnet pour tes pages matinales ? Moi une fois fini le A5 je suis passée au A6 tout en rêvant pour plus tard d’un A4 comme il n’a pas vocation à être ailleurs que chez moi… Je crois que je vais tout tester !

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Alouette Le 15 janvier 2019, 19:36

Bonjour Charlotte, Te lire est un de mes moments de repos, j’adore ta manière d’écrire, c’est léger, c’est doux , c’est frais enfin MERCI QUOI!!!

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 12:58

oh là là merci Alouette, c’est exactement ce que je rêve d’apporter tu ne peux pas me mettre plus en joie, ravie de t’accompagner ! <3

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Anonyme Le 15 janvier 2019, 22:04

Essaye la mélatonine au coucher. Tu feras l’expérience chamanique d’une profusion de rêves intense, avec au réveil une imagination débordante au service d’une créativité jouissive… 🙂

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Jicky Le 17 janvier 2019, 12:19

moi ça me fait ça avec la bière si j’en bois le soir!! je rêve n’importe quoi!!

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 13:00

@ jicky : c’est marrant que tu aies fait le lien ! Tiens la prochaine fois que j’en bois une, j’essaierai de voir l’effet…

Balibulle Le 27 janvier 2019, 12:59

@ anonyme : Ah haha, j’ai des rêves déjà tellement baroques qu’il vaut mieux éviter les substances (le moindre somnifère aggrave mon cas)
Tu es consommateur régulier ?

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Anonyme Le 27 janvier 2019, 19:40

Absolument et cela a été prodigieux sur moi. Il faut savoir que ce n’est pas un somnifère et que c’est en vente libre.

Jicky Le 16 janvier 2019, 07:38

j’adore la dernière phrase… hyper vraie.

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 12:59

Et j’ai dû attendre un certain âge ou un âge certain pour m’en rendre compte 😉

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plom Le 17 janvier 2019, 16:16

Je le fais mais un peu trop de manière décousue…je veux être plus assidue depuis janvier, 3 pages pour moi, peu importe le format, et surtout pour éviter de trop me censurer j’écris mal réveillée et avec peu de lumière, dans la pénombre, comme ça je me fous vraiment de la forme, de trop bien tourner mes phrases, d’écrire droit…et je ne me relis pas (enfin pas pour le moment!) – bon rituel à toi !

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 13:01

totalement en phase avec toi Plom, mal réveillée et avec peu de lumière, c’est l’état de grâce

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Athéna Le 17 janvier 2019, 16:23

Ce n’est pas bête ce cube de temps ! je te souhaite bonne chance dans tes nouvelles activités matinales

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 14:27

Merci Athéna ! On s’en sert pour un nombre incalculable de choses, en évitant d’être distraits par le téléphone, c’est un bon investissement <3

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Fanny Le 17 janvier 2019, 22:27

C’est marrant, j’ai commencé il y a 3 jours le même type de rituel. 10 mn de merci à la vie, 10mn d’écriture libre, 10 mn de méditation ou d’auto-hypnose. Et même si j’ai encore du mal à me lever, c’est une routine qui me fait du bien.

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 12:57

Bravo ! Tu les fais comment tes 10 min de merci à la vie ? Par écrit également ? Ou mentalement ?

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Michele Le 18 janvier 2019, 11:16

Comme toi, à force d’en entendre parler, je suis tentée d’implémenter cette pratique! Mais là j’en suis au stade où j’essaie de mieux m’organiser pour dégager ce fameux temps pour soi. Le calendar blocking est d’une aide folle pour débusquer les moments mal utilisés. Je m’en sers à la fois pour planifier et pour enregistrer le déroulement réel de mes journées. C’est riche d’enseignements!
J’évoluerai sur ma routine du matin en février je pense.
Merci pour ton partage en tout cas! Tu nous diras à la longue, ce que ça t’apporte? (dans les grandes lignes hein, j’imagine qu’il y aura beaucoup de choses perso)

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Balibulle Le 27 janvier 2019, 14:30

Déjà en deux semaines je peux dire que je n’ai pas manqué une seule matinée et que j’ai du mal à me rendormir le matin si je me réveille trop tôt, tellement j’ai envie d’écrire (et j’ai l’impression que l’exercice n’est pas aussi complet si je ne note pas mes rêves dedans).
Le calendar blocking me fascine ! J’ai découvert ça dernièrement aussi, et j’ai hâte de vraiment mettre ça à profit en reprenant le boulot. Pour l’instant sur des journées un peu flottantes avec un bébé, c’est compliqué.
Quel support utilises-tu, toi ?

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Mafalda Le 14 février 2019, 08:32

Quel joli texte, tu écris merveilleusement bien. J’adore!
Moi aussi j’essaie de me prendre quelques moments de « Me-time », pour passer du temps à buller, me recentrer sur moi-même, car lorsqu’on a des jumelles de 9 ans montée sur du 220 Volts, ce n’est pas évident, surtout qu’elles se lèvent à 6h du mat, même le week-end.
Alors j’essaie tant que peux se faire de me trouver des petites parenthèses enchantées avec moi-même pour me tourner vers le créatif, et c’est souvent le matin que les idées surgissent, quand notre monde intérieur et onirique est encore là… Mais la dure réalité du quotidien nous rattrape et il faut courir…
Cependant, nos enfants nous offrent également des parenthèses enchantées, des petites pépites d’or, et il faut en profiter, car lorsqu’ils vont quitter le nid, on va regretter leur petite enfance, ils grandissent tellement vite.
Lorsqu’on est célibataire, on a trop de temps pour soi et on rêve d’une vie de famille, et lorsqu’on arrive à fonder une famille (c’était mon rêve), c’est dur de trouver du temps pour soi et d’être créatif, de pouvoir vraiment s’adonner à ses passions. J’ai la chance de travailler chez moi et de pouvoir faire des pauses quand je le souhaite, et ça n’a pas de prix. Et le soir, quand elles sont couchées et que je suis seule sans ma moitié, je m’occupe de moi ou je correspond avec mes amis et c’est merveilleux, ou je rêve, j’écris.
Superbe texte et belle initiative que j’applaudis, bravo. Il faut rester femme, même si on est mère et que l’on travaille, c’est le meilleur exemple que nous puissions donner à nos enfants, même s’ils sont notre priorité. Mais difficile de trouver un équilibre, il faut bien se l’avouer…

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Balibulle Le 19 février 2019, 12:26

« quand notre monde intérieur et onirique est encore là… » c’est si joliment senti et résumé… J’aime aussi beaucoup ton emploi du verbe « correspondre »… Et les jumelles de 9 ans, je te tire mon chapeau nom d’une pipe !! Dans quel secteur travailles-tu ?
Je pense que l’équilibre n’existe pas vraiment, et que l’on oscille en permanence entre des forces contraires et complémentaires. Je viens de passer quelques jours totalement seule (cf mon billet suivant) et je suis parfaitement heureuse d’être partie comme de rentrer ! Impatiente de goûter de nouveau aux parenthèses enchantées que m’offrent mes enfants et leur papa.
C’était ma première escapade en 4 ans et ce ne sera pas la dernière. Merci pour ton témoignage et belles parenthèses à toi

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Mafalda Le 13 mars 2019, 20:50

Merci de prendre le temps de répondre aux commentaires de tes lectrices. Pour répondre à ta question, après avoir été ingénieur en informatique pendant 10 ans et m’être adonné à un blog sur la gémellité, puis sur la mode, j’ai passé un Master II de traduction, car j’ai longtemps vécu au Royaume-Uni et en Australie, et c’était mon rêve depuis longtemps. C’est un métier que j’adore, car je travaille sur de nombreux thèmes, dont l’environnement et la mode, mais ce n’est pas facile, car les journées de travail sont éprouvantes, surtout lorsqu’on a deux farfadets, mais là elles sont couchées et je me retrouve un peu avec moi-même, pour penser à… Des chaussures!!! Eh oui, après une dure journée, quoi de mieux que de s’offrir une tranche de futilité?
J’ai quant à moi passé 5 jours sans mes filles et mon nouveau compagnon à finir de décorer mon nouvel appartement, c’était merveilleux, salvateur, mais je dois dire que lorsque la « faune » n’est pas là, on ressent quand même un grand vide. Tu as raison, l’équilibre n’existe pas vraiment quand on veut être femme, mère et créative, mais il faut trouver des moments bien à soi pour se retrouver.
Je salue ton courage et ton talent, je suis vraiment admirative de ton blog depuis des années! Merci, tu es une véritable source d’inspiration pour des femmes comme moi!

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