Un crève-coeur
Dieu bénisse la main poilue innocente !
Sans elle, je crois que j’aurais passé la nuit à soupirer devant les 82 bonnes réponses reçues pour le concours IKKS, en me demandant si je ne devais pas poser une question subsidiaire, pour que ce soit moins « injuste » que le simple hasard…
Mais la main n’a pas tremblé.
Me répétant que j’avais bien fait de vous donner des indications pour les réponses (qui étaient donc Valentino, Céline, Salvatore Ferragamo, Philosophy di Alberta Ferretti et Vivienne Westwood), plutôt que de vous laisser chercher une aiguille dans une botte de foin, elle a souverainement abattu une règle mathématique sur la liste des gagnantes potentielles pour en exhumer le nom de… Céline Lamy. Qui se reconnaîtra, qui devrait jouer à Euromillions le vendredi 13 prochain avec la chance qu’elle a, et que j’engage à m’envoyer au plus vite son adresse.
A toutes les autres, merci, un grand merci pour votre participation. Et aussi pour tous les adorables messages de soutien à propos de mon blog que vous m’avez envoyés. L’humour et l’enthousiasme de certains mails m’ont fait sourire toute seule dans cet après-midi de reprise.
Comme m’a fait sourire ce matin ce jubilatoire édito de Style.com, sur les 12 robes les plus injustement mal-aimées de l’histoire des Oscars dont je partage tout à fait les conclusions concernant les tenues de Gisele Bündchen, Kirsten Dunst et surtout Cameron Diaz. Un petit flashback très enlevé, pile la dose de fashion bonne humeur qu’il nous faut pour lancer la journée…
Pour en finir sur les robes, et avant de revenir à quelque chose de plus structuré demain, un petit tour vers la haute couture printemps été 2009, qui vient de défiler à Paris.
Vous allez dire, comme d’habitude, je pioche mes coups de coeur chez les mêmes…
Givenchy
Elie Saab
Jean-Paul Gaultier
Moi c’est surtout mon obsession pour les robes virginales qui m’interpelle. Ca doit faire trop longtemps que je n’ai pas relu « Pureté, mon beau souci », l’inénarrable manuel de bonne conduite que m’a offert ma très pieuse tante à l’adolescence…
Itinéraire d’un enfant gâté
L’incroyable suspense prend fin dans le fracas de vos espérances : mon idée de génie pour le post d’aujourd’hui, c’était… d’écrire la suite du post d’hier ! Mais oui, elle a osé… Mais j’aime être là où on ne m’attend pas, voyez ?
Bon donc j’allais quand même pas vous canarder de 47 photos de Givenchy hier en un seul post, hein. Ca dilue le discours et c’est indigeste (au moment où ce post devient scato, vous me le dites).
Mais en voyant le dernier défilé HC j’ai eu envie de rebarboter dans les précédents, tous ceux signés Riccardo Tisci. Je parle pas prêt-à-porter, hein, c’est un autre exercice, moins contraignant et il ne se plante jamais là non plus. Mais le challenge de haute couture relevé par Tisci, c’est d’inventer une épure. Et pas une épure « clean » à la Calvin Klein ou à la Jil Sander (il ne me vient pas d’équivalent en HC). Non une épure mystérieuse voire onirique. Et une féminité ultramoderne, où le confort n’empêche jamais l’élégance.
Automne 2005
Première Haute Couture pour pour Givenchy, et déjà, entre deux propositions maîtrisées mais déjà vues ailleurs (la robe chair et jais et la jupe noire glossy, à bottes assorties), l’esquisse de l’un de ses chefs d’oeuvre : la longue robe blanche bustier ni meringue ni mièvre ni bitch. Eh oui, ça n’a l’air de rien, mais c’est du grand art. La silhouette grège annonce, elle, sa future palette chromatique, souvent minérale, et son amour des surpiqûres.
Printemps 2006
Nouvelle robe blanche fantastique, et jeux de voilage, pliage déments d’habileté. Tout comme le choix de la rousse à peau laiteuse pour arborer la robe grège. La fée Morgane de l’an 2006 ne doit pas ressembler à autre chose. Tisci brille aussi dans le choix de ses mannequins et de la carnation qui va transcender le plus ses vêtements. Chocolat noir sur combinaison encre, what else ??
Automne 2006
Gros gap qualitatif. Tout est génial. De la robe de duègne chic sur Mariacarla Boscono, aux origamis de plissés soleil qui réapparaissent presque à chaque défilé, en passant par l’art consommé des contrastes : coiffe surréaliste (c’est là qu’on bascule dans l’onirique) sur sous-pull à la cool. Et jupon ultra-rebrodé sur hoodie taille basse. De la haute voltige !
Printemps 2007
Cette robe trench bleu nuit (une proposition qui le suit depuis ses débuts), je ne m’en suis toujours pas remise. De l’origami, Riccardo passe au lampion et c’est aussi beau. Puis construit des robes du soir autour de fausses capes et des fausses chemises. La ligne, comme d’habitude, est divine. Allongée, mais jamais guindée.
Automne 2007
A côté de la splendeur du soir, le jour commence à être de plus en plus alléchant. Frous frous épurés sous tailleur pantalon gris, et gilet de fourrure ceinturé sur slim à la Olivia Newton John dans Grease. Miaaaaaam ! Quant aux robes de vestales postmodernes, elles donnent envie d’en faire du cinéma.
Eté 2008
Retour des lampions, façon fraise 2008, sur du taille haute, du beige et du bleu perle. Gaultier aurait pu faire ça, un jour de sobriété. Pendant que la robe plume blanc mentholé s’encanaille fort pertinemment d’une ceinture mandarine. Puis c’est le cuir, le « tregging » c’est ça qu’on dit, non ? Sous une longue veste, avec juste les orteils dénudés, anti-bitcherie assurée. Enfin le caban ceinturé en robe, avec ce petit débord de blanc qui fait toute la différence. Riccardo ou la science des détails. Dieu sait combien un « bord de quelque chose », manche, col, ourlet, qui dépasse, peut transcender une silhouette du tout au tout.
Bon promis, demain j’arrête, je ne vous parle plus de Ricky. Mais ce sera la belle vie quand même.
Photos : style.com et vogue.fr
(Ri)car(d)o mio
Dire qu’il dessinait pour Puma, il n’y a pas si longtemps… Que donnerait-on pour du made in Riccardo Tisci aujourd’hui !
Oui, je parle encore de Haute Couture, et cela trois plombes après tout le monde puisque j’ai été absente depuis jeudi, puisqu’on ne peut pas être au four et au moulin, à Calvi et sur la blogo.
Mais je ne peux quand même pas ne RIEN DIRE sur les propositions mamamiesques que nous a faites Riccardo chez Givenchy la semaine dernière.
Avec ces guêtres somptueuses, rappel immédiat de l’automne-hiver Rick Owens et d’un vieux Chanel dont je ne me rappelle plus la saison. Et qui font la jambe en cinémascope, convoquant conjointement le western, les années 70 et le futur…
J’avais déjà effleuré le sujet en évoquant Chanel : je chavire devant toutes ces silhouettes qui projettent dans un futur proche les lignes les plus élégantes et emblématiques du passé comme je l’aime (années 20 et années 70).
Silhouettes mystérieuses aux tonalités minérales, qui traversent la vie à longues foulées, acmé du casual chic…
Je pourrais m’attarder sur chaque détail. Les renforts carrés de la redingote en cuir kaki, le choc des matières entre la jupe et le top, le col et la doublure en fourrure ultra-douce, les franges sur les guêtres… L’équilibre parfait entre le classicisme des coupes et la modernité des détails est purement jubilatoire.
Et ici, quel ménage à trois audacieux entre le faux-sportswear du blouson, le drapé subtil de la robe et la brutalité des guêtres…
Je reviens à cette proposition vue sur la première silhouette, la sorte de legging-cycliste sous le short ample. Très étrange et pourtant séduisant…
Le soir, drapé for ever, et là je fonds pour cette nouvelle alliance des contraires : dévoilement de la jambe avec la peau nue et la légèreté des lignes sur la sandale… et protection du buste avec le drapé intégral et la corolle de fourrure. Chaud et froid, chaud devant !
Même démarche, sauf que la fragilité se déplace de la jambe à l’épaule. Si je commence à vous dire tout le bien que je pense du drapé, on y sera encore demain. Bon en fait pour tout vous dire, demain… Mais non, vous verrez demain !
Photos : www.style.com
14 CommentairesC’est peut-être un détail pour vous
Oui : mais pour moi ça veut dire beaucoup.
Chanel. Haute Couture. Fall. 2008.
J’ai failli ne même pas regarder le défilé.
Ou plutôt, soyons précise, j’ai failli le regarder par politesse, comme je le fais à chaque fois avec Chanel.
Parce qu’il faut avoir vu, parce que c’est dans l’ordre des choses.
Je n’en attends jamais rien, parce que je n’en reçois jamais rien, saison après saison. Ou si peu.
La haute couture n’est pas une mode « dans la vie ». Et pour moi qui suis tout sauf une fille d’occasions, au sens de « grandes occasions », moi qui n’ai pas acheté de robe cocktail depuis l’an 2000*, le message est d’autant plus hermétique.
J’ai besoin de voir des vêtements premier degré, portables, évidents. Cela a toujours été ma limite.
Et je ne frissonne face au très habillé que lorsqu’il touche mon goût du magique ou du mystère. Qu’il fait vivre des héroïnes et pas des silhouettes. Plus besoin dès lors de pouvoir se projeter dans la tenue pour l’aimer, on la déguste comme un conte.
Autant dire que je n’attendais pas de la si classique Chanel qu’elle réconcilie par instants mes passions contraires. Le réalisme et l’onirique.
Génie de ces paupières fumées et de ces carrés à la Louise Brooks, sublimations immédiates. Et dessous, la maille triomphante. Raffinée et acérée. Comme un gratte-ciel des années 20.

C’est comme le futur vu depuis le passé, un futur à la Bienvenue à Gattaca, vous savez ? Elégantissime et un peu effrayant… Et où le soir, surgissent des princesses minérales, saisies entre autrefois et demain…

Là j’appréhende enfin le trésor d’une Coco Rocha, de ce visage presque irréel qui semble avoir été modelé pour le mystère…
J’ai les yeux écarquillés devant mon écran, le cerveau bombardé de milles évocations et interprétations possibles. Et me le formule enfin à moi-même, le plaisir à nul autre pareil, le plaisir de la haute couture.
Photos : www.elle.fr
27 CommentairesBalibulle.com, c'est le royaume de la futilité décomplexée. La mienne et celle de toutes les filles (les garçons ?) qui viennent passer un moment ici. Dilemmes shopping, fashion faux pas (ou coups d'éclat) des pipoles, tendances improbables ou profitables, faisons feu de tout bois ! Lire la suite

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