Vaste et épineuse question, peut-être l’une des plus récurrentes de la blogosphère, surtout depuis qu’elle s’est mise à édicter ses propres must-have. J’avais beaucoup aimé le billet qu’Isabelle avait consacré aux it-girls et it-trucs il y a quelque temps, y avais d’ailleurs réagi. Puis en lisant les commentaires d’un post récent d’Une Chic Fille sur sa diète vestimentaire, je m’aperçois qu’à nouveau le débat me titille.

Faut-il considérer qu’acheter un must-have est abdiquer sa liberté par définition ? Et faut-il, par principe, le boycotter ?

Bien sûr, il est utile et bienvenu de s’insurger contre la standardisation des goûts et l’escalade des prix qui l’accompagne. Et légitime d’être agacé en voyant la mode envisagée comme une to do list permanente. Bien sûr que c’est génial et épanouissant de se créer un style 100% perso en sortant des sentiers battus.

Mais le discours anti must-have ambiant m’attriste un peu, quand il consiste à prendre systématiquement de haut les filles qui s’offrent un it-bidule. Qui sait s’il n’a pas été acheté avec les meilleures motivations du monde, celles de son propre goût, tout simplement ? Évidemment nous sommes des consommatrices sous influences. Mais au sein de ce faisceau de propositions, nous effectuons toujours des choix. Là est notre libre arbitre. Et le choix d’un objet qui fait consensus ne me paraît ni bon par essence… ni forcément mauvais.

La question nécessaire face à un must-have séduisant se joue entre soi et soi-même : est-ce que je l’ai trop vu, oui ou non ? Le reste… c’est de la littérature.

Je vous parle en connaissance de cause. J’ai aimé sans réserve les baskets compensées Isabel Marant dès leur sortie, je les aime toujours. Même si elles ont souvent mauvaise presse tout en étant copiées jusqu’à la lie. En revanche, je n’aime pas les Susan(na) de Chloé, je ne les ai jamais aimées et ne les aimerai jamais.

J’ai aussi fait de belles acquisitions parce qu’un vêtement ou un accessoire était un must-have et a donc accédé à une meilleure visibilité à un moment M. La parka Maje par exemple. Je ne connais pas les collections de chaque marque, ne passe finalement qu’assez peu de temps dans les boutiques (ou même sur le Net) à répertorier les fringues, donc à un moment, quand l’info vient à moi spontanément, je trouve ça plutôt utile. A moi de décider ce que j’en fais ou non ensuite. Si cette parka n’avait pas été un must-have, je ne l’aurais pas connue et je serais passée à côté.

Bon je me la pète un peu Yoda de la sape, « la Force est avec moi » et le discernement aussi. Mais je voulais juste placer un slam (huhu) pour toutes les filles qui à un moment ont pu se laisser culpabiliser après un it-achat. L’ennemi ce n’est pas la fringue. L’ennemi c’est ce qu’on plaque sur elle, la mission dont on l’investit. Un beau style personnel, c’est une longue route, c’est une culture aussi, beaucoup de silhouettes et d’images vues, analysées. Le regard qui, en même temps qu’il s’ouvre, s’affine. Et qui peut se diriger loin des must-have, mais parfois aussi en plein dedans.

 

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70 commentaires

  1. Céline

    mercredi 21 mars 2012 à 15:28

    Sujet vraiment très intéressant. Je trouve que le phénomène des it-trucs s´est vraiment amplifié ces dernières années nous entrainant dans une spirale obsessionelle d´achats frénétiques. Pour ma part je n´ai pas beaucoup confiance en moi/ mon style et je me suis déjà dit « bah tient si tout le monde veut ce sac/chaussure/veste c´est que c´est beau et que je ne me trompe pas dans mon investissement » : oui parce qu´il faut faire péter le Livret A pour se payer des trucs pareils (et en tant qu´ancienne étudiante fauchée, bien que je gagne bien ma vie maintenant, ca me fait mal de lâcher autant de thunes pour ca). Je me souviens une fois être allée au Galeries Lafayettes à Paris (j´habite Metz c´était l´excursion de l´année :)) et je voulais absolument les escarpins Miu Miu pailletées. Mon homme, quel sage, m´a dit « tu les veux vraiment? tu vas les mettre/arriver à marcher avec/ te trimballer avec à Metz? ». Et finalement je ne les ai pas prises. Et je le vis bien oui oui, je me dis même que c´est l´argent le mieux non dépensé de ma vie :).

  2. Tokyobanhbao

    mercredi 21 mars 2012 à 19:43

    Je crois que pour les Susanna (ou susan ) bref susan Version 2, j’en ai tellement rêvé , les ai tellement fantasmées (et me suis du coup projetées sur d’autres modèles ersatz telles les topshop ) qu’au moment d’atteindre le but lors de leur réédition , ben ça ne l’a pas fait. Alors pourquoi ? D’une part car je crois qu’à l’époque , le prix n’était pas aussi élevé que lors de la réédition et que j’avais donc l’impression d’être prise pour une bécasse (avé l’accent Maïté). Donc ça m’a refroidi , puis ensuite , je lisais que la qualité n’était pas au rendez-vous: double hic. un peu trop de hic pour que l’achat rêvé soit l’achat parfait pour moi. Donc j’attends que l’idée murisse. Je ne sais pas si je les achèterai un jour . it-susan ou pas… seul l’avenir me le dira !

  3. clacla

    mercredi 21 mars 2012 à 20:07

    ah oui je peux ajouter quelque chose ? beaucoup des filles que je connais se vantent d’avoir un style « bien a elles », original alors que tout ce qu’elles portent – meme si c’est joli en soi- a ete deja vu cent fois sur quelqu’un d’autre (blazer avec manches relevees, sautoir en forme de hibou, ce genre de choses…). J’aimerais vraiment bien savoir d’ou vient cette illusion ??

  4. Aurore

    mercredi 21 mars 2012 à 21:45

    Clacla: Même si un look a déjà été vu, peut-être que ces nanas se sentent vraiment bien dans ce style, et du coup, c’est leur style. Alors oui, peut-être que c’est déjà vu sur quelques nanas, mais après, si elles sont heureuses avec des manches relevées et un sautoir hibou et qu’elles pensent avoir trouvé leur style, ma foi 😉

  5. jicky

    mercredi 21 mars 2012 à 23:20

    le it truc se justifie souvent, il me semble, par une sorte de recherche de « sentiment d’appartenance ». Y compris inconscient. Et donc ça rassure. Toute la blogosphère (enfin, celle qui a tous les it-trucs) possède les Susanna, ce qui signe l’appartenance de chaque détentrice de ces shoes à une caste en particulier… L’homme moutonne, c’est hélas dans sa nature, et s’il moutonne c’est parce que la solitude lui fait peur et qu’il préfère sentir qu’il appartient à un groupe, et donc cet objet va sceller cette appartenance… que ça soit conscient ou non, je pense qu’il y a bcp de ça. Je faisais remarquer plus haut comment, subtilement, le look de Garance Doré avait lui-même changé (bcp plus de sacs Fendi, de chaussures Chanel, de manteaux Céline qu’avant…), et ce, plus elle s’intégrait dans la « haute » du milieu de la mode… Même phénomène: elle signe ainsi son appartenance à ce groupe là, qu’elle s’en rende compte ou non…

  6. Ally

    jeudi 22 mars 2012 à 1:07

    L’item designer ça me fait pas grand chose, par contre les trends c’est ce que j’aime dans la mode — le renouveau, la nouvelle pièce qui rafraîchit l’oeil et la garderobe. Et là ce qui m’agaçe c’est qu’après nous avoir rabattu avec le « must-have », 5 minutes après c’est un « has-been ». Pour moi, un trend, c’est une « nouveauté » à intégrer parce qu’il étend notre style et s’y intègre, pas une identité rattachée pour plaire aux dieux de la mode et jeter tout de suite après.

    Les pièces tendances (designers ou non) qui deviennent des classiques personnels, c’est ça que je trouve intéressant dans la mode — peaufiner l’être visuel qu’on montre au monde de saison en saison.

    Par contre, par rapport aux trucs designer, c’est pas que je ne pourrais pas me les payer, c’est que je pense toujours à cette phrase de Meryl Streep dans le film Heartburn, après s’être fait voler sa bague par un voyou, elle dit, « De toute façon, on ne devrait pas avoir une bague de fiançailles qu’on ne peut pas porter dans le métro. » Avec un vrai sac Chanel, je serais complètement parano, à moins d’avoir la vie de limousine et garde du corps qui va avec. Un item « dans le genre de » me convient aisément, et si on finit par ne pas le porter la saison d’après, on a moins l’impression de s’être fait berner.

  7. Balibulle

    jeudi 22 mars 2012 à 6:47

    Rah là là, débat de haute volée, comme je les aime ! J’ai dû prioriser la rédaction de mon très très long nouveau post, mais je reviens vite vers vous ce soir ou demain pour vous répondre !

  8. unelitllefairyfashion

    jeudi 22 mars 2012 à 11:19

    Cc perso je ne les ai pas encore acheté mais je sens que je vais craquer pour les compensées I.Marant ou du moins pour une paire qui leur ressemble beaucoup, sinon j’ai ressorti mes docs Martens achetées dans les 90’s.
    bises
    Ulff

  9. Margaux

    jeudi 22 mars 2012 à 13:19

    Bravo Bali !
    Ton résumé de ta pensée sont ces points importants à connaître. Après, je ne doute pas que l’on pourrait en discuter pendant des heures.

    Merci pour tes liens, j’ai aussi été lire les autres billets qui s’y rejoignent.

    En attendant, je sais que je reste une acheteuse compulsive même si il m’arrive de m’acheter vraiment LA PIECE que je souhaite.

    Belle journée, bises.
    M.

  10. Balibulle

    samedi 24 mars 2012 à 1:48

    @ charlotte : cool si c’est resté bref, j’avais peur de trop m’étaler ! 🙂 Et puis ben… on est ok quoi 😉
    @ romane / la grande blonde / stelda : voilà 🙂
    @ fred is the girl : et c’est même beau de voir l’objet encore aussi sacralisé, même. Pour les fringues aussi, le voyage peut-être parfois aussi important que la destination 😉
    @ jicky : je ne suis pas d’accord concernant la must-havisation du look de Garance. Effectivement les sandales tressées – Prada, pas Chanel 😉 – sont un it-truc (mais bon, comme toutes les sandales Prada chaque saison…) mais en dehors de ça, ça me paraît normal d’avoir une parka dans sa garde-robe, non ? Et la pochette Fendi, ben faut savoir que c’en est une, déjà… Mais au-delà de ces trois exemples-là, elle reste quand même dans son style masculin-féminin qui lui est propre (cf sa vidéo pour Petit Bateau par exemple), moi je trouve qu’au contraire, elle est juste montée en gamme budgétaire, mais pas en standardisation. Ou alors si peu…
    @ mimi / rockygirl / natacha / laurette : my pleasure 😉
    @ kaÿte : héhé oui, on se construit souvent par rapport à qqch, que ce soit pour y souscrire… ou s’inscrire en faux 😉
    @ mode personnel(le) : c’est ce qui rend la moindre photo de toi géniale sur ton blog, il s’y passe toujours qqch, enfin bon je suis fan quoi (et le nombre de posts que je ne commente pas faute de temps alors que j’ai envie de plein de trucs)… Effectivement ta « stratégie » du non identifiable non datable marche à plein : culture de la fringue, expérience pro, oeil affiné, et voilà le résultat 🙂
    @ ladyfafa : Madame Fafa, vous êtes une irréprochable consciencieuse ! Le milieu professionnel dans lequel on évolue aide vachement niveau épanouissement vestimentaire. Moi je n’ai pas de modasses autour de moi au boulot (qui occupe 90% de mon temps à l’extérieur de chez moi), ni d’obligation de me la jouer executive woman (comme dans la finance par ex) donc je peux y aller franco sur le must-have, ça leur paraît toujours délicieusement exotique 😉 Alors je ne sais pas dans quelle sphère tu évolues toi, mais si ça se trouve, ça finira par aider un jour ou l’autre. Et puis finalement, la grande question, c’est, encore davantage que ce qu’on achète, la façon dont on porte et associe nos vêtements. Finalement le début d’originalité il peut être là 😉
    @ aurore : c’est drôle parce que justement, ce qui transparaît immédiatement de ton blog, c’est à quel point chaque achat est « totalement toi », il y a une vraie cohérence, chaque truc est « à sa place », tu vois ce que je veux dire ? Ca laisse penser à un rapport plutôt apaisé avec les it-bidules et c’est probablement pour ça que tu t’es autorisée à parler des Susanna, tu sais que tu « pouvais », tu vois ce que je veux dire ? (et merci pour l’écriture, hein !) (et à propos d’écriture t’as eu mon mail pour la bague ?)
    @ yza : merci beaucoup beaucoup ! Moi ça m’a fait la même chose avec le color block l’été dernier, j’adore mais je sens que je vais davantage m’éclater cette année 😉 Idem avec tes sabots : l’avantage avec les tendances et leur fluctuation ultra-rapide, c’est qu’on n’a jamais besoin d’attendre trop longtemps pour reprendre possession de nos « it » à nous ! 😉
    @ lady omega : je crois même que je devrais mettre ça en travers de ma bannière DECULPABILISEZ BORDEL ! 😉 😉 Et les sacs Pliages ça me fascine je n’ai absolument jamais compris leur succès, alors tu vois, ça en fait une de moins pour t’aider encore plus à déculpabiliser :p
    @ bloodyhell : quel pied, hein ? 😉
    @ jicky : concernant le pull V en cachemire noir et le trench, ça me paraît davantage des basiques, et donc un autre débat.
    @ marie : effectivement, même quand tu parles de toute autre chose dans tes billets, il y a souvent ces réactions qui reviennent dans les commentaires, pas mal de filles associent encore must-have et étalage d’argent (cf les com’ aussi d’ailleurs, un peu plus bas). Ne pas acheter de must-have peut être un choix financier (cf pour toi), mais en acheter n’est pas forcément non plus une démonstration de ses revenus. C’est parfois uniquement une question de porosité, de perméabilité à l’air du temps. Du coup effectivement c’est dommage qu’on jette le bébé avec l’eau du bain. Qu’au nom de toutes celles qui semblent déguisées avec des must-have, on condamne aussi celles sur qui c’est cohérent. Et qu’on condamne aussi le plaisir tout simple. Mais bon, envisager le vêtement uniquement comme un plaisir est un chantier à soi tout seul 😉 😉 Merci d’être venue, ma lumière !

  11. Balibulle

    samedi 24 mars 2012 à 3:44

    @ shoubbi : oui voilà, discernement. Certaines ont la chance de l’avoir, mais c’est aussi un beau voyage d’y parvenir, c’est comme ne pas avoir encore vu un très bon film 😉 😉
    @ sarah babille : c’est exactement ça, c’est au fond de nous… Et on peut tout autant se faire charrier sur un it que sur un non-it, d’ailleurs 😉 Quant à la transmission et au savoir-faire, c’est vrai que ça marque une vraie différence entre nous, pour toi ces pièces-là ont presque un caractère magique et sacré, elles véhiculent leur propre bagage. Tu les prends avec leur histoire. Moi à bien y réfléchir, j’ai quasiment l’impression que je fonctionne mieux avec une page blanche, dont j’écris moi-même le scenario… (mon côté pas soigneuse avec les objets, aussi, peut-être ! S’il faut en prendre trop soin j’abandonne)
    @ athi : mais c’est presque tentant ! Qui mieux que toi pourrait me traduire, you badass !
    @ bébinou : c’est drôle que la non-monétisation soit devenue un sujet de discussion, plutôt que la monétisation. C’est dire comme les moeurs évoluent 😉 Effectivement, je ne suis pas moins passionnée par la mode, j’ai juste envie de l’aborder autrement que par le publi-rédactionnel, voilà 🙂 Mais y consacrer un post ce serait comme revendiquer qqch, ce qui n’est pas du tout mon état d’esprit.
    @ caroline : mais oui !
    @ solenn : très important tu as raison de souligner le parcours que tout cela suppose, la part d’erreurs. Il faut bien se connaître et pour se connaître, il faut se tromper !
    @ anonyme : non justement, pour les anti-must-have, ce qu’on plaque sur la fringue n’est pas l’ami non plus…
    @ tasha : oui du coup tu as des avis totalement objectifs, si si c’est clair ! 🙂
    @ mimicracra : suis totalement d’accord avec toi, et je pense qu’on se sent beaucoup mieux une fois qu’on a assimilé ça 😉
    @ audrey / marlene / laetitiA : libertééééé !
    @ miss nahn : lol ! Oui qui sait 😉
    @ natalia : parfois les deux se marient très bien 😉
    @ pinassotte : à une plus petite échelle (deux, trois personnes ? lol), oui !
    @ mélisande : ah haha, eh bien maintenant tu es servie, hihi ! C’est l’avantage des tendances, et ce que j’aime à en retenir avant tout : d’un coup ça accroît l’offre disponible de ce qu’on peut avoir cherché en vain pendant longtemps… 🙂 Et puis comme ça, tu les achètes cette année tes pastels et au pire, tu portes ça tranquillou dans un an 😉
    @ alexandrina : c’est Internet ma bonne dame ! Tout s’accélère dans tous les domaines, pas seulement la mode. Et voilà comment une tendance chasse l’autre encore plus vite… Quant aux prix, il y a en plus cette drôle d’idée que plus un truc est cher mieux il se vend, parce que beaucoup de clientes l’achètent pour le privilège qu’il représente… Bel Air vendait beaucoup moins bien du temps où leurs prix étaient plus bas…
    @ dididoumdida : arf, c’est presque devenu un classique, le 24 heures en même temps ! 🙂
    @ océane : spread the love xxx
    @ aurélie : oui la question est complexe et brasse bien tout ce que tu dis. Suis totalement d’accord : il suffit de ne plus considérer le fait d’être influencé comme un truc forcément négatif pour que notre liberté revienne au galop 😉 Le tout c’est d’assumer !
    @ anaelle : lol, tu m’as fait rire avec ton « après tout, ils sont toujours négatifs »… Pas faux ! 🙂
    @ severi27 : je t’attendais ! Parce qu’évidemment que je m’en souviens puisque c’est toi qui me faisais tilter à chaque fois, chez Isabelle et chez Marie aussi. Je ne comprenais pas le rejet quasi épidermique et les mots quand même assez forts que tu utilisais dans tes commentaires (cf la réponse que je t’avais faite chez Isabelle). Et c’est grâce à toi que du coup je me suis mise à réfléchir à tout ça 🙂
    Mais n’as-tu pas évolué aussi sur la question ? Je me souviens que tu parlais de « fléau » chez Isabelle, maintenant tu dis simplement que tu ne « juges pas ça mal ». Donc les lignes ont bougé. Bon tu parles de « peur » quand même, on ne se refait pas ! C’est quand même pas bien grave, non ? Pas au point de prendre les filles à must-have de haut, si ?
    @ fangs : en plus à ton âge ces questions-là sont probablement encore plus sensibles, parce que les gens autour de toi font super gaffe à leur look. Quand tu as une vie professionnelle et que tu bosses avec des gens plus âgés (et de surcroît dans un milieu pas super fashion), le problème se résout de lui-même 😉 Moi je n’ai fait gaffe aux tendances que très tard (passé 25 ans), donc je n’imagine même pas ce que ça peut être à ta place ! Mais en s’y mettant très tôt, on gagne du temps et on se « trouve » plus vite, c’est l’avantage 😉
    @ miss nahn : distinction assez subtile – j’ai utilisé les deux expressions indifféremment juste pour éviter de trop me répéter 😉 mais opportune, c’est vrai. Même si je tendrais à rapprocher le must-have tel que tu le décris plutôt du classique, effectivement, voire du basique.
    @ fanja : héhé j’ai lu ton post, mais où sont le pastel, le fluo et les mix d’imprimés fleuris ? 😉 😉
    @ sarah babile : pour la dame que tu évoques, je crois qu’effectivement c’est une attitude un peu « de village », dans ces quartiers où tout le monde se connaît et où le qu’en dira t-on a son importance. C’est sûr que quand tu vis dans une grande ville, tu assistes moins à ce genre de démonstrations puisque tout est dilué 🙂
    @ lo : espèce de petite early adopteuse ! 😉 C’est marrant le tie & dye c’est vraiment des cycles de 5 ans, c’est un des trucs qui est le plus long à revenir (alors que par exemple les imprimés wax c’est vraiment un an sur deux, à dose plus ou moins variable…) Pour le reste, il y a un effet loupe qui est de toute façon assez cruel sur les blogs. Parce qu’on représente davantage que soi-même si l’on peut dire, davantage que notre simple passage dans la rue où l’apparition de tel it-truc serait diluée dans la foule. Ensuite il y a bien sûr l’aspect financier, quand tu craques pour un gros truc de temps en temps, rien d’alarmant. Mais quand c’est systématique (et pas cohérent niveau style perso), il y a effectivement une histoire de statut qui se joue. Et qui, au final, n’a rien à voir avec la mode ou, disons, le style.
    @ miss nahn : désolée poule, il y a je ne sais quel mot de ton premier commentaire qui n’a pas plu au filtre anti-spam et tu étais bloquée dedans 😉 Donc voilà maintenant il y a les deux !
    Bon je suis subclaquante je reviens terminer de vous répondre demain !

  12. severi27

    samedi 24 mars 2012 à 8:39

    En fait c’est plutôt l’inverse, concernant les filles portant des IT-trucs et leur regard très particulier qui va avec. Je parle évidemment de l’environnement que je connais le mieux, à Paris, où certaines filles qui portent des sneakers IM te regardent comme si tu étais une merde. Oui je sais, le mot est fort mais il y a chez elles à la fois une fierté de les avoir et du mépris pour les autres, comme un signe distinctif de différentiation alors que c’est précisément l’inverse. C’est d’autant plus gênant pour moi qui n’achète aucun IT-trucs alors que j’ai l’argent, ce n’est donc pas un problème de budget mais bien le fruit d’une réflexion et d’un choix. Et puis pour tout te dire, non je ne vois pas cette accumulation de IT d’un bon oeil car avec le choix considérable qui nous est offert, pourquoi se ruer sur les mêmes pièces, quel est le sens car à cette échelle, cela dit quelque chose de notre époque ? Dans tous les cas, mes commentaires ne sont jamais personnels quand ils sont défavorables, c’est le phénomène dans sa globalité que j’analyse, pas l’individu. Dernier point, je ne prétends pas non plus chercher l’originalité absolue dans mes tenues, j’achète principalement chez Maje, April May, Circus&co, Bel Air, American Vintage, mais comme j’aime tout particulièrement les robes à motifs, je tombe rarement sur une autre fille avec, c’est donc en cela que c’est un peu original. Et je mélange les imprimés, ce qui peut apparaître comme un faute de goût que j’aime tellement 🙂

  13. jicky

    dimanche 25 mars 2012 à 18:57

    Pour Garance, tu as sûrement raison, pour la montée en gamme; mais du coup, ça me donne une impression de trucs davantage en « conformité » au milieu qu’elle fréquente (et forcément) de plus en plus: et puis, pourrait-elle de toute façon se balader en Zara only? réponse: nan… Elle porte fatalement ce que les autres de son milieu portent aussi (du Céline, du Fendi, du Prada etc…). Bon ceci étant, à part qques ratages repérés ici et là (mais très rares) je la trouve tjs très bien sapée…

  14. Balibulle

    mercredi 28 mars 2012 à 13:32

    nouvelle session de réponses progressives, on va y arriver !
    @ fanja : comme je disais à Lo, la médiatisation (si l’on considère que les blogs mode en sont partie prenante) crée un effet loupe, et de fait, le « partout » est plus souvent un « partout » des médias+blogs qu’un « partout » de la rue, du concret. Heureusement ! 🙂 Reste qu’effectivement, s’excuser de présenter deux fois la même chose ne devrait pas avoir lieu d’être sur les blogs, mais beaucoup de filles en ont conscience et « luttent » contre ça 🙂
    @ sarah babille : je complète : s’habiller en fonction de ce qui nous va, vaste chantier qui va au-delà des it-trucs c’est sûr… Et je pense qu’effectivement, on essaie tous de se rassurer ou de faire mouche quand on s’habille, avec plus ou moins de succès 🙂 Mais c’est précisément parce que le discernement vestimentaire est une vertu mal partagée qu’on l’apprécie quand on la voit en démonstration (et qu’on rigole quand on voit l’inverse)… 😉 Quant au côté m’as-tu vu de la fringue, les it ont leur lourde part de responsabilité là-dedans oui, mais comme tu dis effectivement, même si ça a ses limites. Ca reste un langage partagé par une minorité (contrairement à la voiture ou aux destinations de vacances) donc disons que ça pourrait être pire, et c’est peut-être le travers pour lequel on gardera le plus de tendresse 😉
    @ clacla : héhé, très très finement analysé ! Ca me fait penser à une connaissance, par ailleurs vendeuse chez Comptoir, avec qui j’avais eu l’occasion de discuter de son boulot, et qui m’avait assuré être capable, en gros, d’appuyer sur le bouton « on » des clientes pour les faire sortir du magasin avec un achat. Avec des phrases-clé bien précises, limite pavloviennes. C’était flippant (et évidemment j’étais persuadée que ça ne marcherait pas avec moi, moi qui suis pourtant ultra intimidée par les vendeuses en général…) Je rêverais d’être une petite souris pour assister à leur formation en vente…
    @ céline : comme disent souvent les acteurs, une carrière c’est autant les films qu’on a fait, que ceux qu’on a refusés ou auxquels on a renoncé. Je me demande si pour les fringues, c’est pas pareil 😉 😉
    @ tokyobanhbao : l’avantage avec leur prix, c’est que ça ne laisse pas de place à l’indécision. Donc oui, peut-être que votre timing commun n’est pas encore en place, que les planètes ne se sont pas alignées (ou ne s’aligneront jamais !)
    @ clacla / aurore : lol x 2 !! Alors soit d’une grande naïveté, soit d’un environnement relativement peu stylé… ou les deux ? Mais souvent les gens qui ont le style le plus singulier sont ceux qui le font le moins remarquer… ça parle de soi-même ! Mais comme le souligne Aurore, c’est vrai qu’il y a une différence peut-être entre « bien à soi » (= qui procure du bien-être) et « bien à soi » (= original)…

  15. Balibulle

    jeudi 29 mars 2012 à 18:41

    @ ally : j’aime le regard que tu portes sur tout ça, le côté oxygénant des tendances pour notre garde-robe, le bien-être qu’on peut retirer de tout ça, l’alternative réelle entre le vrai et l’inspiré de, qui chacun ont leurs vertus… Après le cas de Chanel est particulier, c’est un peu un appel au vol à l’arraché… 🙂
    @ ulff : donc a priori tu n’es pas anti-musthave non plus alors 🙂
    @ margaux : c’est une formidable synergie de billets, ce sujet 😉
    @ severi27 : je ne pensais même pas possible d’être toisée par une fille à it-trucs dans ce grand magma d’indifférence qu’est Paris, mais je dois vivre au pays des Bisounours… Effectivement si tu as déjà reçu ce genre de regard, alors que ta propre culture vestimentaire est plus raffinée que ça, y’a de quoi être un peu agacée 🙂
    @ jicky : ah oui, tout à fait d’accord sur l’idée de la conformité, c’est exactement ça. Et du coup le Zara casé de temps en temps devient charmant car insolite.

  16. Maï

    mardi 3 avril 2012 à 18:03

    J’arrive en retard moi
    Et suis bien d’accord…Moi j’aime la mode (par aimer mode, j’entends surtout aimer regarder ce qu’on nous propose – sans forcément aduler le résultat – j’aime l’évolution des codes : les associations de couleurs improbables/motifs sont autorisés youpiii !)
    Mais je suis entourée de pas mal de copines qui sont un peu anti-mode. Cet hiver, une copine dit avoir failli acheter des boots moumoutées (genre UGG je suppose), et sa voisine de s’exclamer : « ah nan tu vas pas t’acheter ces pompes de poufiasses ! »
    et ça, CA, ça m’horripile. J’entends souvent ce discours « je n’aime pas la mode, je n’achèterai pas ça c’est à la mode ». Sauf que… ne pas de laisser dicter ses conduites par des tendances c’est très très bien, mais se laisser dicter ses conduites pour être anti-tendance, c’est… pareil que suivre la mode non ?
    Finalement, ça s’étend à la vie en général. Ca me fait penser à certaines personnes prônant la marginalité comme mode de vie, à tout prix, avec pour seul leitmotiv : ne pas faire pareil que la majorité !?!
    Moi je dis, si on a envie d’être mariés, avec enfants, maison, chien dans le jardin et vacances en Normandie, on a bien l’droit. Et si on a envie de vivre dans un cabane en ardèche, on a le droit aussi !! Encore faut-il que ces choix soient dictés par nos envies, et non par des tendances OU anti-tendances !
    Mais pour en revenir à la sape, les IM que j’aime beaucoup pourtant deviennent quand même lassantes… hier j’ai du en voir 4 paires portées d’affilé. Et là on frôle l’OD.

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  19. Audrey

    mercredi 6 juin 2012 à 22:38

    Voilà je lisais paisiblement ton article quand subitement.. « Mais je voulais juste placer un slam ». Voilà, je suis partie ds un fou rire pas possible. Je suis surprise car je rigole rarement en lisant des articles de mode (j’esquisse la plupart du temps des sourires). Bravo, j’adore vraiment ton style (d’écriture mais également vestimentaire). Je ne me rappelle plus du tout comment j’ai atterri ici (effet « Inception »? mhhh) mais je suis vraiment heureuse d’avoir découvert ton site.

    Bonne continuation 😉

  20. Balibulle

    jeudi 7 juin 2012 à 11:54

    @ audrey : Merci Audrey pour ton commentaire qui m’a fait rire moi aussi ! Que les Dieux de l’Inception continuent d’être avec nous ! (et le coup du slam, y’a pas, ça marche toujours hein ?)
    Belle journée à toi et à bientôt j’espère !

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