Durant ce mois de multitasking intensif qui m’a obligée à mettre entre parenthèses le blog, il y avait un rituel qui m’apaisait quand j’en avais marre d’être au taquet H24 et que je m’accordais une pause : aller lire les archives de Dead Fleurette. Oui, mille ans après tout le monde.

Quand cette blogueuse norvégienne adepte du less is more et des acquisitions mûrement réfléchies et planifiées a déclenché en 2011 un véritable culte sur la blogosphère mondiale, je suis passée à côté. Je ne voyais que le côté contraignant de sa démarche, le style ultra-basique de sa garde-robe et je n’étais pas prête à rationaliser mon dressing, comme l’ont fait Coline ou Une chic fille, à m’imposer des no shopping months ou un seuil de 5 achats par saison.

Deux ans plus tard, je me rends compte que mon indifférence d’alors était due à un mauvais timing. Je vous en ai parlé, je traverse une espèce de phase « calme-toi Bali » depuis cet été, qui m’a logiquement amenée à aller voir dans le détail ce que la papesse du minimalisme avait donc écrit sur le sujet. Et pourquoi ça avait fait boule de neige chez tant de blogueuses d’horizons différents.

D’abord j’ai aimé le personnage, ce tempérament assez péremptoire et obsessionnel qui la rend attachante et vraiment singulière (d’autant plus maintenant qu’elle a arrêté son blog et ne communique plus qu’en images via Tumblr). Et puis surtout j’ai intégré LE déclic auquel j’avais été insensible la première fois, et qui est la pierre angulaire de son propos. Son mot d’ordre n’est pas la frustration ou la restriction, mais le plaisir de choisir, chérir et de porter, reporter et re-reporter chaque vêtement ou accessoire parce qu’il est parfait dans son genre.

Bien sûr c’est plus facile d’aller à l’essentiel quand on a un signature style assez sobre, ce qui n’est pas mon cas et ne le sera sans doute jamais.

Mais un vêtement/un accessoire peut, aussi, être parfait sans être épuré. Et c’est cette perfection, le bien-être total qui va avec, qui rend donc jubilatoire le fait de le porter très fréquemment.

La question, c’est combien on en a, dans notre placard, de ces pièces parfaites. Et c’est exactement le travail que je suis en train de faire en ce moment, poursuivant la réflexion entamée avec Coco début septembre, quand on avait fait nos billets croisés sur nos « essentiels de l’été » (le mien chez elle, le sien chez moi). Ces posts m’avaient aidée à comprendre que, alors que j’adore voir et revoir les autres dans leurs vêtements fétiches, j’ai assimilé le plaisir de m’habiller moi à celui de la variété. Alors que ça peut aussi être l’inverse. Alors que ce désir de variété peut même me faire perdre du temps, quand, sous prétexte de rentabiliser mes autres achats, il m’empêche de porter ce qui me va vraiment.

Autant dire que le chantier du tri est vaste pour moi. Quand on a accumulé des années de shopping approximatif, et qu’on revend ses affaires au compte-gouttes. Mais j’ai quand même réussi à mener à bien une première étape, histoire de ne pas vous parler dans le vide et de vous montrer un exemple.

clare_vivier_clutch

J’avais une quinzaine de pochettes, et je n’en ai gardé que 4. Celles qui sont vraiment parfaites à mes yeux, à savoir : belles et pratiques. Et comme vous le voyez, le minimalisme n’est pas forcément de mise.

Pochette imprimée DVF loves Roxy (2013)

Elle a remplacé ma Dezso ruinée par une tache d’encre dans le rôle de la pochette de vacances, celle où je mets à l’abri crème solaire, livre de poche, carnet, téléphone, lunettes de soleil, clefs, etc. Et comme elle est étanche, je peux, cette fois, y mettre à l’aise des stylos sans capuchons haha ! Je continue de l’utiliser en voyage, quand j’ai un méga sac avec moi où tout se perd un peu, et que je veux avoir mes essentiels sous la main.

Pochette imprimée H&M (2012)

Vous connaissiez déjà ses grandes soeurs qui me servent de trousses de toilette, là c’est la petite. J’ai eu plein de trousses à maquillage de sac différentes, trop petites, trop grandes, trop rigides, avant de me rendre compte que c’était tout bêtement celle-ci qui avait la taille et la consistance parfaite. Suffisamment « molle » pour se faire toute petite, suffisamment grande pour accueillir pas mal de choses (vapo 30 ml, crème pour les mains, Doliprane, poudrier, vernis à ongle…) et, bien sûr, étanche, encore !

Pochette en cuir vernis taupe COS (2010)

Il m’arrive de la porter pour de grandes occasions. Au quotidien, c’est elle aussi une pochette de sac, comme elle est plate et raide, elle me sert à protéger toute la paperasse / les feuilles volantes que je garde avec moi au quotidien et qui ne rentrent pas dans mon portefeuille. C’est un complément à mon agenda, finalement (j’adore l’idée du gros Filofax blindé de papiers mais moi j’arrive pas). COS et & other stories sont très forts pour ce genre de pochettes, ils en font régulièrement.

Pochette léopard Clare Vivier (2013)

Oui je referai un jour un post sans parler de Sincerely Jules, mais c’est pas encore pour aujourd’hui ! Sa pochette Clare Vivier, elle l’a depuis un moment, et je la trouve toujours définitive sur elle du coup j’ai fini par me la commander cet été. C’est celle qui fait vraiment le plus « sac » de ma collection, elle est chère mais elle a un léoparfait et des finitions assez luxueuses. Elle est reconduite chaque saison.

perfect_clutches

Voilà mon grand chantier vestimentaire. Ce billet va en entraîner beaucoup d’autres, certains que j’ai déjà en tête (difficultés de tri, inventaires, mensurations, wishlists, cost per wear, etc.) et d’autres qui viendront en cours de route ! Ca ne deviendra pas une catégorie à part entière, parce que ça innervera un peu tout le blog. Mais je mettrai quand même un mot-clé dans les tags de chaque billet concerné et qui vous permettra de les retrouver facilement ensuite si ça vous intéresse, c’est le mot qui est en titre aujourd’hui, « capsule ». Parce que c’est ce qu’on dit d’une garde-robe resserrée où rien ne manque. C’est ce qu’on pense à emporter quand on part de chez soi, en week-end, ou en vacances. Cette part de nous qui nous suit et qui nous fonde.

Bien entendu, je ne vais pas renoncer au shopping, la preuve. Je veux juste essayer d’avoir une plus grande clairvoyance à propos de ce que je garde et ce que j’acquiers.

J’ai beau ne vraiment pas être la reine de la sobriété (oui je remets toujours ce look en lien, mais il est parlant, à la fois parce que j’adore cette tenue et qu’elle symbolise cette dose de fantaisie à laquelle je ne renoncerai jamais) j’ai ce tempérament un tout petit peu obsessionnel du rangement et de la classification. Je ne me sens jamais aussi bien qu’après avoir vidé un tiroir, que ce soit dans mon dressing, ma salle de bains ou mon bureau. Donc je pense que j’ai un terrain favorable pour optimiser ma garde-robe. Et j’ai hâte de partager tout ça avec vous !

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61 commentaires

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    Je n’ai pas de grandes pièces folles, mais je ne suis pas minimaliste non plus. Il y a peu j’ai décidé de faire un vrai tri dans mes vêtements. Je ne porte toujours pas tout ce que j’ai gardé, soyons honnêtes, mais je n’arrive simplement pas à me résoudre à me séparer de certaines (que je ne pourrais même pas forcément vendre en fait). Pour autant, j’ai quand même beaucoup réduit la quantité, et j’imagine que je le ferai à nouveau prochainement. Procédons par étape !

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