balibulle_tri_garde-robe

Blouse, tunique, parkas, blazer, robe ou trench… Un petit échantillon de tous ces vêtements aimés auxquels j’ai enfin réussi à dire adieu.
Sans les revendre.
En les donnant.

Rassurez-vous, même si j’ai un petit côté Saint-Sébastien avec toutes ces flèches, là, pas question de jouer les martyres de la fringue.
Ni de prêcher uniquement les vertus morales du don comme arme fatale contre les placards trop / mal remplis.

On peut donner par pure générosité, mais aussi parce que c’est pratique, et c’est un peu ce qui m’est arrivé.
Le grand coup de balai dont je rêvais depuis deux ans, enfin accompli.

Le Bon Débarras, en 5 étapes, par votre bonne amie Balibulle, c’est maintenant.

1 / AGIR AU BON MOMENT
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Car ce n’est pas le cerveau qui décide que maintenant ça suffit, vous allez optimiser votre garde-robe. C’est les tripes.

Arriver à un carrefour de l’existence, un rite de passage, bref, quelque chose qui n’a rien à voir avec les vêtements mais avec la vie elle-même.
Ça peut être un changement de budget, de domicile, une évolution professionnelle, amoureuse ou familiale… Bref, une mue.

Chez moi, le point de départ a été la rédaction de mon livre à l’été 2013, une sorte d’apothéose dans la course folle de ma vie. Et puis écrire sur la mode vous amène fatalement à faire un pas de côté. J’ai compris à ce moment-là que quelque chose allait changer entre mes vêtements et moi.
Un an plus tard => grossesse. Le coup d’accélérateur, et le cas d’école pour s’adapter à de nouvelles contraintes et envies vestimentaires. Une expérience de vie pendant laquelle le bien-être prend une place centrale. L’identité aussi. Deux problématiques majeures pour se poser les bonnes questions.

2/ AU FOND QUI SUIS-JE ?
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=> Quelles sont les silhouettes dans lesquelles je me sens totalement à l’aise ?
=> Qu’est-ce que je fais de mes journées ?
=> Combien de semaines par an est-ce que je passe vraiment au soleil / par plus de 25 degrés ?
=> Est-ce que mes vêtements non portés ne vivent pas tout simplement une autre vie que la mienne ?

Rappeler d’adapter sa garde-robe à sa morphologie et à son « style de vie », c’est enfoncer une porte ouverte je sais. Pourtant on se découvre parfois des ressources insoupçonnées pour éviter de confronter réellement sa penderie à ces deux critères.

Quand j’ai découvert le schéma d’Into-Mind pour aider à se séparer d’un vêtement, au début j’ai fait la fine bouche. Toutes ces questions et ces flèches, c’est cool mais ça ne m’aide pas.

Et puis comme d’habitude, j’ai laissé infuser.

Et au final si, ça aide. Notamment la toute basique, « do you like the feel of the material ? »
Je l’ai trouvée même plus efficace que la pourtant très efficace et bien connue « est-ce que je l’achèterais aujourd’hui ? »
Parce qu’acheter un vêtement ou un accessoire c’est une chose, le porter c’en est une autre. Acheter c’est l’imaginaire. Porter, c’est le concret.

En me posant cette question-là, je me suis surprise à reconnaître ENFIN qu’en fait oui, tel top est trop court, telle robe est trop raide, ou que si je mets tels talons je vais passer la journée à calculer mes déplacements. Et que même si je trouve ça joli, eh bien pour être honnête : non, I don’t like the feel of the material.

3 / FAITES TRAVAILLER VOTRE MÉMOIRE
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Vous avez envie de porter quoi cet été ? Si je vous isole, là, face à une feuille blanche ou un clavier, sans accès à votre penderie, vous écririez quoi ?
Faites le test, c’est édifiant. Les hauts, les bas, les robes, les vestes, les maillots, foulards, sacs… Listez. Sans ouvrir vos placards.
Votre mémoire va faire le tri pour vous. Tout ce à quoi vous ne pensez pas spontanément est superflu. Promis.
À réitérer à chaque changement de saison.

4/ DONNER, ÇA AIDE À TRIER
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Pas de photos ni de mesures à prendre, pas d’annonce à rédiger, pas de colis à expédier… Franchement, quand toutes ces activités chronophages disparaissent, est-ce que ce n’est pas beaucoup plus facile de se séparer de ses vêtements ?

Alors que je traînais des pieds à l’idée de me plonger dans ma garde robe estivale, laissée en jachère depuis deux ans (la faute à un été pourri, puis à une grossesse qui a vite impacté ce que je pouvais et avais envie de mettre), l’idée de ne plus me poser la question de l’après ( = stockage / revente), a été le coup de pied au cul supplémentaire qui me manquait, après mon « tri mental ».

AU SECOURS, la masse énorme de fringues que je n’avais pas écrites sur ma feuille blanche…
AU SECOURS, le temps et l’énergie que ça allait prendre de tout revendre…

Vous donnez ? Poum, dans un sac plastique et paf, au container le plus proche de chez vous, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.
Disparues les fringues, d’un coup d’un seul. Tout ce qui n’avait pas été récupéré par ma famille est parti au Relais.

Honnêtement, c’est la meilleure décision que j’ai prise. Savoir que finalement, on allait déménager bientôt m’a aidée aussi. Hors de question de faire un carton de trop, ni de laisser encore traîner les choses.

Alors oui, j’ai perdu de l’argent et pas au meilleur moment. Mais cette petite douleur au porte-monnaie, là, c’est constructif. Et bon pour le karma, à tous points de vue.

5/ COMPENSER AVEC LE ONE IN, ONE OUT
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Parka, trench, nu-pieds en cuir naturel, Converse de la mauvaise couleur, short kaki, blazer blanc… Autant de basiques dont je me suis séparée pour faire un meilleur casting. Comme des expériences amoureuses qui vous permettent de toucher du doigt ce qu’il vous faut vraiment.
Je me demande même si nos placards (surtout à la trentaine) ne sont pas majoritairement composés de ça. Des ersatz. On sent qu’il y a une direction, une logique, un style même pour les plus chanceuses ou abouties… Mais rien à faire, la pièce juste on la rêve encore.

Et bien c’est ça le plus compliqué à déstocker. Parce que la frustration d’être si proche du but. La force d’inertie que ça crée (« non mais c’est pas si mal… et puis j’en ai vraiment besoin…« )

EXIGEZ MIEUX. C’est la seule façon de l’obtenir. Dites vous que vous avez déjà fait le plus dur : vous savez ce qu’il vous faut.

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118 commentaires

  1. Holly

    jeudi 11 juin 2015 à 12:51

    Bonjour Charlotte, tu viens de me donner le déclic qu’il fallait. Je trie très régulièrement mais il y avait encore trop de pièces que je conservais en me disant que j’allais les revendre un jour … qui lui m’arrivait pas.
    Hop une pile pour la fille de ma nounou, une pile de vêtements à jeter et une pile de vêtement pour Emmaüs.
    Mon placard respire et moi aussi.
    Je te remercie de me mettre si joliment sur papier tout ce que je n’arrive pas à exprimer.
    Bien à toi

  2. delbarca

    samedi 13 juin 2015 à 19:00

    Merci pour ton article et les nombreux commentaires qui me font sentir moins seule.
    En perpétuelle phase de rangements de mon dressing. C’est grave docteur 🙂
    Je vide peu à peu mon armoire pour m’alléger de ces vêtement qui me correspondent pas/ plus et avec l’envie de me retrouver dans ma féminité en achetant ce qui me définit vraiment

  3. estelle

    lundi 29 juin 2015 à 19:07

    Superbe article indémodable car le tri c’est assez souvent chez moi …
    peux tu donner ta taille en cm ?
    car je vois que tous te vas à merveille 🙂

  4. estelle

    lundi 29 juin 2015 à 19:10

    j’ai aussi 3 slims que je n’ai jamais osé porté
    ça m’est arrivé de vouloir les donner à plusieurs reprises
    mais j’aimerai tellement en porter
    le souci est qu’il me donne des jambes trop courte je fais 1m60 pour 45kg
    et cette impression que ça me tasse

    abandonner et donner ?

  5. Mokona

    lundi 6 juillet 2015 à 17:35

    j’ai fait peur à une amie comme ça … trois aller-retour à la ressourcerie (nantes) avec le coffre et les sièges arrières pleins de fringues .. Et là je lui ai montré mon armoire : 6 t-shirts manches longues, 8 sous-pulls manches courtes et manches longues, 5 pantalons, 3 pulls ..

    Du coup, le lendemain matin, elle s’y mettait aussi : 5 sacs ^^

  6. Ou comment écrire un roman sur le choix d’une paire de Converse | Balibulle - Etats d'âme vestimentaires et stylistiques

    dimanche 19 juillet 2015 à 13:27

    […] avez pas mal tilté sur la malédiction de l’ersatz dont je vous parlais la semaine dernière. Ce basique qu’on n’a pas dans la bonne […]

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