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Vacances aidant, je suis enfin venue à bout de « La Magie du rangement », le best-seller signé de la fée du logis nipponne Marie Kondo, dont la sortie fin février a provoqué un tsunami médiatique et mes premières contractions (sic).

Tout comme les livres de sa coreligionnaire Dominique Loreau, « La Magie du rangement » est presque taillé pour agacer.
Par son propos radical, à la fois hyper directif et moyennement argumenté (comme quand Marie Kondo écrit « je ne suis pas certaines des raisons mais je vous assure que ça fonctionne »).
Par son ton. Les anecdotes ou manies loufoques de l’auteur (parler aux objets ou aux maisons, leur prêter des sentiments) héritées d’une enfance obsessionnelle et solitaire, pouvant susciter autant la sympathie que la perplexité.
Et puis par son sujet tout simplement.

Comme toutes les modes, le désencombrement voit croître le nombre de ses adeptes comme celui de ses détracteurs.

Prétendre que nous sommes tous faits pour trier, jeter, nous épanouir dans un cocon épuré n’a évidemment pas de sens (<3 Marie).
Et même chez les personnes sensibles à la démarche, toute méthode draconienne vient nécessairement titiller notre pré carré de liberté et notre esprit de contradiction, comme tous les diktats modernes nous expliquant comment mieux manger / consommer / vivre notre vie.

Je suis une maniaque contrariée.

Je n’aime rien tant qu’un intérieur au cordeau (n’est-ce pas ?), mais c’est toujours un effort d’y parvenir, parce que je ne range pas au fur et à mesure derrière moi. J’éparpille, je sème dans mon sillage et à la fin de la journée il me faut une demi-heure / une heure pour tout remettre à sa place. Au travail, mon bureau est sans dessus dessous à 15h, et nickel à 20h30. Je ne peux physiquement pas partir sans l’avoir remis en ordre.
Chez moi, mon humeur est indexée sur le degré de rangement. Nervosité si c’est le foutoir, détente si tout est à sa place. J’en viens à redouter les visites impromptues, de peur de présenter un intérieur « indigne » de ce que j’ai envie de refléter.

Donc a priori, je suis une cible parfaite pour Marie Kondo, dont la méthode promet un intérieur « définitivement » épuré, grâce à l’élimination préalable de tout le superflu (l’impitoyable phase de tri supprimant souvent 75% du contenu d’un foyer) suivie par la mise en place d’une routine de rangement précise et optimisée.

Alors au final, que m’a apporté son livre ? Des réflexions, plutôt que des solutions.
Voici neuf pistes qui m’ont fait phosphorer :

1/ vider son sac à main tous les soirs

L’idée n’est pas de re-dispatcher chez soi tout ce qu’il y a dedans, mais juste de transvaser le contenu, quitte à ce que ce soit dans une simple boîte, toujours la même, logée dans un placard, toujours à la même place.
Mine de rien, une bonne gymnastique pour petit à petit, réussir à alléger sa charge quotidienne.
Sauf quand, bien sûr, on sait déjà vivre sans sac.

2/ désacraliser le neuf

J’ai eu ma phase « je ne porte pas cet achat tout de suite, sinon il n’aura plus cette petite magie« , qui signifiait en creux qu’un vêtement était donc plus désirable fraîchement sorti de la boutique qu’une fois sur mon dos.
Marie Kondo recommande de retirer dès leur acquisition les étiquettes et emballages des vêtements, pour vite se les approprier.
Aussi anecdotique soit-il, le geste ne manque pas de portée symbolique. En disant : le supplément d’âme, il vient de votre penderie, de la synergie que le nouveau vêtement forme avec vos anciens.
D’ailleurs, à chaque fois que j’ai tardé à retirer une étiquette, c’était mauvais signe. Dont acte.

3/ l’hymne à la joie

C’est l’axe fondamental de la « méthode KonMari » : la joie comme critère de tri.
Si le simple fait de prendre en main tel vêtement vous met toujours en joie, vous le gardez.
Si ce n’est pas le cas, vous vous en séparez, en le remerciant de vous avoir « donné de la joie au moment de son achat » ou de vous avoir « montré ce qui ne vous va pas« . Ça paraît nigaud formulé de la sorte… mais au fond c’est assez pertinent. Parce que cette méthode ne cherche pas à nier le lien affectif qu’il y a entre vous et votre vêtement. Mais recommande de se laisser traverser par ses émotions, pour les utiliser ensuite. Il n’y a que deux alternatives à la joie : l’indifférence ou le vague à l’âme. Dans les deux cas : ça vire.

4/ « La maison de vos parents n’est pas un refuge pour vos souvenirs »

Ceux qu’ils tiennent à garder, oui. Ceux que je leur impose, non.
Sûr que ma main tremblera au moment de jeter certains bibelots ou vieux souvenirs, mais je dois être honnête avec moi-même, c’est d’un intérêt relatif et ça ne manquera pas à Ève de ne pas pouvoir découvrir mon bulletin de notes de 1991 ou ma première jupette de tennis.
J’avais réussi à quitter la maison de mes parents avec peu de ces souvenirs, réconfortée par l’idée qu’ils n’étaient pas « perdus ». Si je déménage avec davantage d’espace de rangement (fingers crossed), je n’aurai plus d’excuse. Soit je les rapatrie chez moi, soit je les jette. Dur !

5/ se convertir au rangement vertical

Walinette en a déjà vanté les mérites de manière plus que probante, photos à l’appui.
Et le tuto de la Youtubeuse Lavendaire résume plutôt bien le principe en vidéo :

De mon côté, je suis encore en stand-by sur le sujet, parce que le rangement vertical ne se pratique qu’avec des tiroirs (j’en ai peu), et plus précisément des tiroirs assez profonds (sans quoi les pièces épaisses sur lesquelles il est vraiment intéressant de gagner de la place, comme les sweats à capuche de l’Homme avec lesquels je me suis entraînée, ne rentrent tout simplement pas dedans, ça fait un paquet compact, certes, mais qui dépasse en hauteur = fail total).
Donc stand by, d’autant plus que j’ai plutôt une garde-robe « à cintres » (beaucoup de robes et de hauts fluides et fins, tee-shirts compris).
Bref, j’aimerais m’y mettre mais ça risque d’être limité (mes jeans, à la rigueur ?)

6/ ne pas transformer ses rebuts en vêtements d’intérieur

Réflexe que j’étais justement en train de lâcher, et qui n’est qu’une excuse de plus pour ne pas trier. « Ce que vous portez à la maison influe sur l’image de soi », nous écrit Marie Kondo. Si ça ne mérite plus d’aller dehors, ça ne mérite pas de rester dedans non plus.

7/ un cadeau est fait pour être reçu, pas pour être gardé

Politiquement incorrect, et assez libératoire, non ? Une bonne manière de détourner le fameux « c’est l’intention qui compte« …

8/ ne pas multiplier les accessoires/solutions de rangement

Pour moi qui craque irrémédiablement sur les boîtes imprimées House Doctor, les paniers en métal, et viens justement d’investir dans un stock de housses à rayures marinière, la question, comment dire, tombe à pic.

rangement_panier_metal_housse_mariniere_boites_house_doctor
Dépenser de l’argent en paniers, séparateurs de tiroirs ou colonie de boîtes Muji (coucou JAC), c’est à double tranchant.
Plus vous avez d’espaces de rangement délimités, mieux vous rangez, mais plus vous gardez, aussi. Au lieu de déstocker.
Mieux vaut donc limiter ce type d’accessoires, sous peine de passer son temps à chercher quelque chose à mettre dedans, ou d’encombrer et désorganiser votre appartement pour les mettre en valeur.

Bien sûr, Marie Kondo milite pour LA loi sacrée du rangement : chaque chose à sa place, donc une place pour chaque chose. Mais elle vante les mérites de la boîte à chaussures vide ou des packagings Apple (iPod, iPhone…) en guise de contenants optimaux.
Bon, on a le droit d’avoir envie d’autre chose…

9/ « Un de ces jours signifie jamais »

Vrai pour tout, tout le monde, tout le temps.

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123 commentaires

  1. Mathilde

    mardi 30 juin 2015 à 7:51

    Oula, ça fait quand même réfléchir. Je suis très loin (très très loin en fait) de réfléchir comme ça mais j’aime l’idée et tu m’as donné envie de lire ce livre!

  2. Carolle

    mardi 30 juin 2015 à 18:17

    Comme de nombreuses lectrices, une vie à 200 à l’heure entre le travail, les enfants, …. !
    Des astuces pour gagner du temps à mettre à l’ordre la maison sont toujours quelques minutes de plaisir pour penser à soi.

  3. Fanny

    vendredi 3 juillet 2015 à 13:04

    Je me rappelle d’une marque que tu avais partagé l’hiver dernier et je m’étais dis que je me les offrirai cette année. Il faut que je les retrouver, y’avait ma taille, alléluïa :

  4. Shamasha

    mardi 8 septembre 2015 à 19:54

    maimbourg etienne24 juin 2011this iwenreitw learned me a lot of things about the early days of John s carreer and i appreciated that he paid tribute to the music of the sixties and seventies.Everyone knows that John is a spiritual human beeing and this iwenreitw proved it once again: John is able to resist to the sweet taste of la cuisine frane7aise !!!.So here is my personnal recette :John s music must be served with warmth and may be consumed with absolutely no moderation for our souls and hearts need it so much in our merciless times!!

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