Le succès n’a pas tourné la tête de Mathieu. Son premier roman a beau avoir fait de lui l’écrivain que tous les plateaux télé s’arrachent, cet homme à femmes n’a quitté ni son job ni son épouse, la paisible Élise. Jusqu’à ce que la lettre d’une lectrice, qui semble le connaître, fasse exploser ce cocon de normalité…

On sort toujours d’un Delphine de Vigan avec un goût d’inachevé. C’est sa patte, son empreinte, son art, dans tous les récits qui ont précédé et succédé à son ovni « Rien ne s’oppose à la nuit », saga familiale autobiographique aux personnages « bigger than life », à peu près le seul de ses livres qui fasse l’unanimité.

En attaquant « Un soir de décembre », je craignais qu’il ne rejoigne « Jours sans faim » (2001), « Les jolis garçons » (2005) et « Les loyautés » (2018) au rang de mes déceptions.

J’ai mis un temps fou à m’y plonger, encore sonnée par la lecture du « Lambeau » de Philippe Lançon qui remontait pourtant au mois de mai.
En témoigne la couverture tachée et racornie d’« Un soir de décembre » je ne l’ai pas lu vite, l’ai beaucoup trimballé, posé, repris, arrêté, avant que le charme ne finisse par agir. Notamment grâce à des passages assez percutants sur la condition d’écrivain et l’écriture.

Publié en 2005, « Un soir de décembre » est aussi le premier de ses livres à poser les bases de ce style De Vigan que j’ai aimé dans « Les heures souterraines » (2009) et « D’après une histoire vraie » (2015), mes DDV préférés après « Rien ne s’oppose… ». La sourde tension du quotidien et de l’ordinaire, les destins qui se répondent sans vraiment se croiser, une infinie place laissée, entre les lignes, à l’imaginaire du lecteur.

Oser en faire si peu a quelque chose d’insolent, c’est probablement ça qui me fait toujours revenir à elle, pour continuer de découvrir ses livres, dans le désordre. Chez Delphine de Vigan on se lève de table en ayant encore faim. Quoi de mieux pour avoir hâte de remettre le couvert.

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Le succès n’a pas tourné la tête de Mathieu. Son premier roman a beau avoir fait de lui l’écrivain que tous les plateaux télé s’arrachent, cet homme à femmes n’a quitté ni son job ni son épouse, la paisible Élise. Jusqu’à ce que la lettre d’une lectrice, qui semble le connaître, fasse exploser ce cocon de normalité… On sort toujours d’un Delphine de Vigan avec un goût d’inachevé. C’est sa patte, son empreinte, son art, dans tous les récits qui ont précédé et succédé à son ovni « Rien ne s’oppose à la nuit », saga familiale autobiographique aux personnages « bigger than life », à peu près le seul de ses livres qui fasse l’unanimité. En attaquant « Un soir de décembre », je craignais qu’il ne rejoigne « Jours sans faim » (2001), « Les jolis garçons » (2005) et « Les loyautés » (2018) au rang de mes déceptions. J’ai mis un temps fou à m’y plonger, encore sonnée par la lecture du « Lambeau » de Philippe Lançon qui remontait pourtant au mois de mai. En témoigne la couverture tachée et racornie d’« Un soir de décembre » je ne l’ai pas lu vite, l’ai beaucoup trimballé, posé, repris, arrêté, avant que le charme ne finisse par agir. Notamment grâce à des passages assez percutants sur la condition d’écrivain et l’écriture. Publié en 2005, « Un soir de décembre » est aussi le premier de ses livres à poser les bases de ce style De Vigan que j’ai aimé dans « Les heures souterraines » (2009) et « D’après une histoire vraie » (2015), mes DDV préférés après « Rien ne s’oppose… ». La sourde tension du quotidien et de l’ordinaire, les destins qui se répondent sans vraiment se croiser, une infinie place laissée, entre les lignes, à l’imaginaire du lecteur. Oser en faire si peu a quelque chose d’insolent, c’est probablement ça qui me fait toujours revenir à elle, pour continuer de découvrir ses livres, dans le désordre. Chez Delphine de Vigan on se lève de table en ayant encore faim. Quoi de mieux pour avoir hâte de remettre le couvert.

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