Décidément les témoignages des grands brûlés de l’existence ont de l’espièglerie à revendre en ce moment.
Avant de lire « Le Lambeau » au mois de mai, j’avais englouti en quelques heures « L’amour après » de Marceline Loridan-Ivens, survivante des camps qui y interroge son rapport au sentiment amoureux et à la sexualité après l’Holocauste.
Le sujet est tellement énorme qu’il coupe presque le souffle et pourtant… Il ne me reste quand je repense à ce livre que le souvenir d’une vraie fantaisie, et d’une grande liberté.

Le tempérament de son auteur, réalisatrice, documentariste et figure des nuits germanopratines, y est pour beaucoup. Elle a 90 ans et écrit avec cette fraîcheur qu’ont parfois les écrivains très âgés, quand certaines plumes de 20 ou 30 ans se cherchent, elles, un aplomb dans la solennité.

On ne trouvera pas chez Marceline Loridan-Ivens de thèse sur ce que les camps de concentration peuvent détruire ou induire dans l’intimité d’une femme, déportée à l’adolescence. Juste un témoignage sur les hommes successifs de sa vie, et la manière dont elle a picoré dans les conventions amoureuses (du mariage au ménage à trois en passant par la chambre à part) pour établir sa propre Carte du Tendre.
Singulière et universelle à la fois.
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