Les marronniers sur le parking de l’école.
Aujourd’hui c’est moi qui me gare dessous pour emmener Ève.
Il y a 30 ans, c’était mon père, pour m’emmener moi. 

C’était toujours une fête, parce qu’il travaillait de nuit à l’époque.
S’il m’emmenait ça voulait dire qu’il avait un jour de repos, que je ne mangeais pas à la cantine, et qu’il me raccompagnait après le déjeuner. 
Je me vois encore très précisément grimper, surexcitée, dans la voiture.
Une Peugeot 604 vert amande qui me semblait immense et qu’on appelait « le carrosse ». Un jour ensoleillé comme celui-là.

Revenir habiter là où on a grandi, dans le même quartier, alors que Paris à quelques kilomètres vous tend les bras, qu’est-ce que ça dit de moi ?
Cinq années dans la capitale m’ont suffi, au sens positif du terme.
Assez pour en profiter, pour cocher la case, pour rester émerveillée par cette ville, pour la garder à saine distance. 
Et retrouver avec une plénitude infinie, celle des vrais banlieusards, l’espace, la verdure, le calme, le temps qui s’écoule autrement.
Les marronniers qui sont toujours là, 30 ans après.

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