Alors, les vacances avec deux enfants ?
Après ces quinze jours entre Cévennes et Catalogne, voici mon petit bilan fringues, lecture et… sommeil.


— LE VRAI PAGE TURNER DE L’ÉTÉ —

J’ai pris l’habitude de voyager avec trois livres, même pour un séjour qui s’annonce chiche en solitude.
Je sais que je rentrerai avec, au mieux, un livre fini et un deuxième tout juste défloré.
Mais ça me permet d’avoir le choix et de m’adapter aux vibrations du séjour, difficiles à prédire.

Cet été, pas de dilemme au moment d’élire mes trois compagnons, j’ai emporté deux prix littéraires que j’avais largement entamés il y a plusieurs mois (« L’Ordre du jour » d’Eric Vuillard, Goncourt 2017, et « Naissance d’un pont » de Maylis de Kerangal, Medicis 2010) et le dernier Goncourt en date, « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu.

Si j’ai réussi, pendant notre semaine cévenole, à achever « L’Ordre du jour », 160 pages cinglantes sur la montée du nazisme, j’ai renoncé à me (re)plonger ensuite dans le foisonnant « Naissance d’un pont ».
Son atmosphère et son écriture luxuriantes sont trop immersives pour être visitées en pointillés entre deux « Mamaaaaaaaan ». Je ne voulais pas gâcher.

Et puis il y eut Zadig.
Ma première incursion dans l’univers des mooks et mon vrai page turner de l’été.
Signé par des écrivains, voyageurs ou journalistes à la plume ciselée, son dossier sur notre rapport à la nature et à l’ensauvagement (quel mot sublime) m’a totalement envoûtée.
Comme Géraldine, j’ai été transportée par le récit de la romancière Véronique Olmi sur la ville de son enfance, Nice.

Puis scotchée, entre autres, par  » Le voisin », la nouvelle inédite de Philippe Claudel.
Une fois lancée dans cette mosaïque de textes, j’étais incapable de décrocher. À chaque moment off, c’était Zadig qui m’appelait.
Maylis de Kerangal me pardonnera, ayant contribué elle-même au numéro 1 qu’il me tarde de m’offrir.
Je reviendrai à sa « Naissance d’un pont » à la rentrée… si je ne suis pas déjà plongée dans le numéro 3 de Zadig ou dans les livres de Géraldine Dormoy, Lili Barbery-Coulon et Alice Pfeiffer qui sortent début septembre eux aussi.


— L’ÉQUATION DE L’INSOMNIE —


Premières vacances avec plusieurs enfants en bas âge, vous voyez l’idée ?
Des Cévennes (à 4) jusqu’à la Catalogne (à 8), les journées étaient si denses que je comptais sur les siestes des filles et un coucher raisonnable vers 23h pour m’effondrer et recharger les accus.
Que nenni.

Au fil des jours, des insomnies exponentielles se sont invitées dans mes parenthèses d’isolement et de récupération.
Enfin livré à lui-même, débranché de la logistique parentale, mon cerveau me hurlait toutes les informations « perso » non traitées pendant la journée. Lesquelles s’accumulaient, sieste après sieste, nuit après nuit, en un magma vrombissant.
Incapable de comprendre ce qui était en train de se jouer, je persistais à ne rien noter, n’ouvrant ni mon bullet journal, ni mon flot de pensées, ni mon application de gestion de tâches Nozbe.
Et la « to do list / wishlist « , habituée à être régulièrement désengorgée dans l’un de ces entrepôts mentaux, s’est transformée en tempête sous mon crâne.

Moralité : la prochaine fois que je pars avec mes enfants, je garde un mini-carnet à portée de main pour pouvoir canaliser le flux au fil de la journée… et préserver mon sommeil.

— VALISE LOURDE, MAIS VALISE UTILE —


Bon, vous l’avez compris, on est partis avec un coffre de toit.
Ce qui a fait baisser immédiatement ma jauge de stress.
Si on chargeait les affaires de plongée de l’Homme, le Nutri baby et la poussette d’Anouk, je n’allais pas me torturer avec une paire de chaussures de plus ou de moins.
Après avoir connu les vacances où j’emportais trop et celles où je ne prenais pas assez, j’ai trouvé le bon ratio : le mien.
Je ne cherche pas à voyager léger. En revanche ce qui m’agace, c’est de ne pas porter ce que j’emporte.
J’ai donc empaqueté un panel substantiel de silhouettes composées à l’avance. En comptant sur la configuration « double journée » de ces deux semaines (une tenue le matin et une tenue propre le soir après la baignade / la douche) pour tout utiliser.
Ce qui fut le cas… à une exception près.

VÊTEMENTS

CHAUSSURES

NUIT / SOUS-VÊTEMENTS

  • 3 nuisettes (à imprimé fleuri Gemo / à pois marine H&M), à porter également le jour
  • 1 kimono/robe de chambre imprimé Selected
  • une dizaine de culottes taille haute Marks & Spencer (stylées et confortables, ma découverte de l’été, j’ai plein de modèles différents, tous noirs)

ACCESSOIRES

  • 1 maillot de bain (nageur noir Iodus)
  • 2 paires de lunettes de soleil (Monoprix / Izipizi), la quantité appropriée pour moi qui ai toujours une paire égarée quelque part
  • 1 sac à dos en toile bordeaux Muji
  • 1 panama Gap

Évidemment, ce sont les Birks et le nageur Iodus qui m’ont le plus accompagnée pendant ces vacances. Et le séchage express du maillot m’a permis de le porter hors de l’eau sans problème, comme prévu.

J’aurais pu me passer du tee-shirt marine et du khaki Gap, ainsi que de mes sandales Alexander Wang, d’autant que je suis souvent restée pieds nus en Catalogne. Mais ça a donné à ma garde-robe le turn over parfait. J’étais contente d’avoir de quoi voir venir.

Au final, j’ai laissé un seul vêtement sur cintre : mon top drapé à pois, acquisition soldée cet été chez Bel Air, que je porte aussi bien avec une jupe imprimée qu’un pantalon army.
Je comptais sur lui pour upgrader quelques sorties, sauf que je l’avais glissé sans m’en apercevoir dans la valise avec une tache de café persistante au niveau des clavicules.
Après deux lavages infructueux dans les Cévennes, j’ai fini par le ranger au fond du placard, en attendant de le détacher correctement à notre retour.

Et bien entendu, c’est lui que je porte aujourd’hui pour vous écrire, il a grillé tout le monde à la corvée de lessive.

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10 commentaires

  1. Anonyme

    mercredi 21 août 2019 à 15:52

    Tu connais Audible ? J’ai essayé y’a qq années et j’ai aimé le concept, mais j’ai abandonné car l’offre de livres en lecture audio n’était pas assez élitiste à mon goût.
    (C’est quoi cette histoire de cancer de G. Dormoy ? C’est elle-même qui a eu un cancer ??)
    ———–
    Une fois de plus je te recommande d’essayer la mélatonine (sans ordonnance, sans accoutumance, pas un somnifère). Elle a eu raison de toutes mes insomnies d’une manière inouïe !
    ———–
    C’est fou mais à la seule lecture de ton texte préliminaire « La route des vacances », je t’imaginais déjà en Birks… 😉

    1. Balibulle

      mercredi 21 août 2019 à 15:59

      Oui, Geraldine a eu un cancer du sein il y a 18 mois. J’ai eu le privilège de lire quelques pages en avant-première, et son livre se dévore. Totalement romanesque et atypique.
      Oui j’utilise Audible ! J’achète des essais très longs, pas de romans (en ce moment, « Sapiens, une brève histoire de l’humanité ») et j’écoute quelques minutes chaque soir avant de m’endormir.
      Et pour la mélatonine, tu la prends sous forme de compléments alimentaires ? Tu as eu besoin d’ajuster pour trouver le bon moment et le bon dosage ?
      Et concernant les Birks / le troupeau : quand je te dis que j’y suis et que j’y reste ^^

      1. Anonyme

        mercredi 21 août 2019 à 17:11

        Je l’achète sur Amazon dans les compléments alimentaires. Je prends des gélules à 1.8mg, tous les soirs à 23h30 précises (mais ça, chacun fait selon le moment choisi pour dormir, il faut entre 30 et 45 min pour que ça agisse).
        Le seul effet indésirable que moi j’ai eu, ce sont les cauchemars (environ 1 fois par semaine contre 1 fois par an auparavant…).

        1. Stella Moreau

          jeudi 22 août 2019 à 18:00

          ça s’achète aussi en pharmacie tout simplement (pour éviter de faire marcher le monstre Amazon 🙂 )

          1. Anonyme

            jeudi 22 août 2019 à 20:19

            Oui, c’est vrai ; si tu as envie de payer 2 fois plus cher… ^^

            Tu es l’une des soeurs de Charlotte ?

  2. Mrs T

    mercredi 21 août 2019 à 21:36

    Optimisation de la valise quasi-totale : tu es une championne ! On en attend ton livre avec d’autant plus d’impatience, comme les autres (Jennifer Padjemi a montré une demi-page du livre d’Alice Pfeiffer il y a quelques semaines, je l’ai immédiatement pré-commandé tellement ça a l’air bien).
    Quant aux insomnies de vacances, j’ai bien peur qu’elles ne soient récurrentes chez moi ; les insomnies de pas-vacances non plus, tu me diras, je vais tenter la mélatonine d’Anonyme (ça rime, tiens), comme je fais déjà des cauchemars, ça ne risque pas d’être pire (coucou, le sommeil rare ET qui fait flipper quand il arrive!). Cela dit, est-ce que ce type de manifestation psychique pendant les moments où l’on est à la fois censée « décompresser » (mot pourri) ET s’occuper de ses enfants / de ses amis / de l’intendance, cela ne serait pas justement ce par quoi il faut en passer pour mieux repartir?
    Toutes les fois où j’ai pris des vraies vacances dans ma vie (pas souvent finalement, j’ai longtemps eu l’excuse d’une thèse / d’une traduction / d’un mémoire à finir / d’un cours à préparer), j’ai été malade ou mes insomnies se sont aggravées. Ce qui ne m’a pas empêchée, finalement, de me rendre compte après-coup que ces périodes de « décompression » bien moins confortables, même physiquement, que les luxe calme et volupté escomptés, avaient quand même fait leur boulot de transition d’une période à une autre. Et que les transitions, c »est souvent, justement, bien plus bordélique que ce qu’on voudrait.
    Sur ces considérations d’une scientificité digne des frères Bogdanov, j’ai envie de chanter une ode aux voyageurs pas légers. Et aux jupes avec des cerfs dessus.

  3. Catoums

    mercredi 21 août 2019 à 23:28

    Hello
    Question bête : je suis à la recherche de LA culotte
    J’aimerais des culottes confortables, qui tiennent en place ET jolies.
    Quelle est la référence des Marks & spencers ?
    Merci d’avance pour tes conseils !

  4. Tata laladeb

    jeudi 22 août 2019 à 17:32

    Merci ! C’est tellement ça. Pourquoi se débarrasse t on de ces carnets ? Je reviens avec les mêmes conclusions que toi…. Et je me sens si rassurée à la lecture de tes mots ! Moins seule peut être ;)? Ici le carnet a cruellement manqué, mais la rupture du quotidien nécessiterait une sacré prise de tête pour trouver enfin les moments propices (et trop dur de se lever plus tôt quand tu te réveilles déjà crevée) et je me suis dit que je trouverais le bon rythme à la fin des vacances donc pourquoi se prendre la tête… Bien j’aurais dû ! Et aujourd’hui de retour dans le quotidien, recouvrir les carnets me fait peur. Ça ne te le fais pas ? Sinon, super idée les udibles avant le sommeil, ça donne envie, vu que l’homme veut tjrs qu’on éteinte, j’ai plus qu’à sortir les écouteurs…. Merci pour tes posts tjrs si justes, vrais, simples et intelligents ! Bravo pour avoir survécu aux enfants ;P

    1. Tata laladeb

      jeudi 22 août 2019 à 17:34

      Dsl pour les fautes….. Le t9 ne maîtrise pas tjrs la conjugaison française….
      Ah et merci pour zadig, je ne connaissais pas et ça a l’air vraiment bien ! (quand j’aurai fini game of thrones, Romans addictifs quand on aime l’héroïc fantasy…. Et vraiment bien ecrit/traduit)

  5. Valise de vacances et estime de soi | Balibulle

    vendredi 23 août 2019 à 12:45

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