Ce matin, devant les petits portemanteaux de la maternelle, j’étais l’une des seules à me taire. À ne pas dérouler l’agenda de la semaine prochaine, qui garderait qui, où et quand.

J’avais toute la tête à mon ultime journée de travail, ces dernières heures de normalité avant la pagaille générale. Ce money time où chaque minute allait compter. .

Je suis rentrée chez moi, j’ai téléphoné à mes parents, qui ont 74 et 82 ans, et puis le brouillard s’est installé, engluant mes gestes et mes pensées. .

Au lieu d’être productive, j’ai passé la journée à me bagarrer avec mes émotions. J’en ai ressenti le contrecoup presque physique.

Je n’ai même pas l’excuse d’un travail pénible ou urgent. Ni celle de n’avoir rien anticipé. Les courses sont faites, les rendez-vous repoussés, les échéances suspendues. J’ai fini un mail par « quand nous aurons davantage de visibilité ». Dieu sait ce que ces mots veulent dire, mais ils sont bien pratiques. Comme « jusqu’à nouvel ordre ».

À l’heure où il faut s’adapter je suis, une fois encore, ce petit animal roulé en boule au milieu de la route. Vexé de voir les autres rebondir aussi souplement de liane en liane, débordant d’idées, de solutions et d’empathie.
Soit parce qu’ils sont ivres de mouvement et de nouveauté, soit parce que, contrairement à moi, ils n’ont pas le temps pour les ruminations.

Une amie chère qui me connaît par coeur appelle ça « mes ajustements ». Ce n’est pas glorieux, ce n’est pas inspirant, mais c’est ma manière à moi de prendre la vague. J’ai toujours besoin de boire un peu la tasse avant.
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photo : Zak Ary Beauvois

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