Giulia a longtemps été mon amie à qui « c’est arrivé ». On en a tous une. Celle dont on pense que c’est la seule. Alors que c’est juste la première.
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Giulia Foïs a eu, ce qu’elle appelle, le « bon viol ». L’inconnu dans un parking, à la nuit tombée. Le cutter, les coups, la lacrymo. Le scénario qui ne fait pas débat. Mais elle, elle n’a pas été la « bonne victime ».
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Giulia raconte les gestes, les cauchemars, les étapes. La fureur de vivre, vouloir à toute force – et dès le lendemain – que ce viol ne change rien. Mais aussi la peur primale dans la rue, à chaque foulée suspecte derrière elle. Les sons et les odeurs qui resurgissent comme des gifles. Ce corps qu’on pense pouvoir gouverner à nouveau, et qui vous piège dans une boucle temporelle.
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Elle raconte aussi un système. Pourquoi, trois ans après l’avoir saccagée, son agresseur, formellement reconnu, traduit en justice, a été acquitté. Pourquoi son histoire ressemble à des milliers d’autres.
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Écrits à grandes lampées de mots crus, son livre lui ressemble, impétueux, volcanique. Peut-il être plus précieux qu’en ce moment ?
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