Parce que si je commence mon debrief un par un, on y est encore en 2021, alors voici 3 lectures de rentrée… qui m’ont un peu laissée sur ma faim.

RADIUM GIRLS de Cy = la descente aux enfers de six ouvrières exposées au radium, dans l’Amérique des Années Folles.
=> J’en aurais bien pris davantage. Le sujet est puissant, le parti pris artistique aussi (ces couleurs !). Et j’ai adoré entrer dans ce récit par l’humain, la dynamique d’une bande de filles, leurs rapports de force, leur humour noir. Tout est là, l’esthétique, la charge émotionnelle et politique… mais tout va trop vite. J’ai refermé la BD frustrée, comme si j’avais effleuré leur histoire au lieu de la voir se déployer pleinement.


LES DÉMONS de Simon Liberati = le destin d’une fratrie désoeuvrée, dans la jet-set des années 60.
=> 50% glam, 50% provoc. Alors oui au glam, à cette avalanche de seconds rôles VIP, de Bardot à Warhol, de Truman Capote à Tennessee Williams, royalement mise en scène, souvent très drôle. Dommage que la partie “provoc”, inceste, fesses et opiacés, ne soit pas aussi bien troussée. Tournant rapidement à vide, elle ne m’a pas raconté grand-chose. D’ailleurs le livre n’a pas vraiment de fin, comme s’il avait renoncé, en cours de route, à aller quelque part. Reste une plume remarquable, dont je me réjouis de découvrir les précédentes envolées.

LE COEUR SYNTHÉTIQUE de Chloé Delaume = l’invisibilité de la femme de 46 ans, sur le marché du célibat à Paris.
=> un exercice autoproclamé de chick litt’, mais à la sauce Delaume, donc amère. Il se veut plus accessible que sa production habituelle et à mon goût, c’est là que ça pêche. Bridée par le travail de simplification qu’elle s’est imposé, la langue boîte, tiraillée entre facilités et alexandrins. Ce qui n’a pas empêché ce “Coeur synthétique” de décrocher le prix Médicis. J’en retiens là aussi une rencontre avec un.e auteur.e, dont les crépusculaires autofictions continuent de m’intriguer.
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2 commentaires

  1. Cécile

    vendredi 20 novembre 2020 à 13:33

    Je te rejoins sur Radium Girls, j’ai trouvé en la refermant que la BD aurait mérité bien plus de pages!
    Je connaissais l’histoire avant, ce qui m’a permis de combler quelques creux dans le récit mais vu la beauté du graphisme, c’est dommage 🙂

    1. Balibulle

      lundi 30 novembre 2020 à 14:59

      Ce camaïeu de prune et de vert d’eau, ces lignes pures et singulières… quelle immense réussite artistique.

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