LifestyleChroniques

9 novembre 2018

Le pot de départ

Qu’est-ce qui nous lie à nos collègues de travail ? 

Ces gens que l’on n’a pas choisis, avec qui on partage notre territoire et nos affects, les bons et les mauvais jours, les succès et les revers. Et qui finissent par nous percer à jour, parfois mieux que nos « proches ».

On a beau porter le masque du travail, on est vu dans sa pure vérité.
Nos manies, nos lubies, ces réactions et attitudes qui nous échappent, qui ne sont pas tamisées par le filtre de l’amitié ou la place, bien assignée, que l’on occupe dans sa famille.

Hier soir, j’ai coupé ce lien, ce flux d’émotions qu’on ne ressent qu’entre collègues, et qui disparaît quand on ne cohabite plus dans le même espace-temps. 

C’était mon pot de départ, après quatorze ans au Parisien. 

Je n’ai jamais beaucoup parlé de mon métier ici ou sur mon compte Instagram

Il a longtemps été possible de me suivre assidûment sans savoir que j’étais journaliste ni à quel endroit.

Peut-être est-ce justement parce que ce travail prenait une place immense dans ma vie, physique et mentale, que j’ai compartimenté à ce point. Avec l’intuition qu’il fallait exister autrement pour ne pas être totalement aspirée par ce job. 

Ce poste, ce qu’il a signifié pour moi, les raisons pour lesquelles j’ai décidé d’en partir, j’en parlerai bientôt. 

Aujourd’hui, c’est à mes collègues que je pense.
Ils m’ont fêtée comme une reine, avec des chansons à ma gloire, un discours qui m’a fait pleurer à chaudes larmes et une édition spéciale du journal imprimée à mon effigie, remplie d’anecdotes sur moi, sur nous.
Certaines que j’avais oubliées, pas eux.

Aujourd’hui je pense à cet espace et ces fous rires quotidiens qu’on ne partagera plus, à ce compagnonnage qui s’arrête. L’amitié qui prendra le relais avec nombre d’entre eux sera si différente. 

La solidarité, la tendresse et la folie douce que j’ai connues au Parisien je ne les rencontrerai peut-être plus jamais dans ma vie professionnelle. Ça arrive probablement une fois dans une carrière, parfois pas du tout. 

Moi j’ai eu ce privilège et j’en chérirai le souvenir toute ma vie. 
C’est à la fois ce qui va le plus me manquer et ce qu’on ne me retirera jamais.

Caro Le 18 décembre 2018, 09:58

bonjour, je suis étonnée que ta 1e question ne suscite pas plus de commentaires… Elle m’a bien fait cogiter, extrapoler… Travaille-t-on aussi bien avec des collègues devenus amis ?
Etant indépendante, les liens avec les clients fidèles, ceux qu’on accompagne depuis parfois des années, ceux avec qui on partage des déjeuners, voire des apéros, me questionnent beaucoup également. Faut-il poser des limites ? Lesquelles ?
Merci et tous mes vœux de réussite dans tes projets, C.

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Balibulle Le 19 décembre 2018, 18:20

Bonsoir Caroline,
En fait tu es la première à voir ce billet ! Il fait partie des petits textes que je poste régulièrement sur Instagram et que j’ai décidé de publier également sur mon blog, du coup je suis en train de dupliquer tout ce contenu ici, le process n’est pas encore fini et je suis surprise et ravie de voir que tu es tombée dessus !
Ce qui n’est pas forcément évidemment quand on passe sur le blog puisque leur date de parution (similaire à Instagram) les envoie directement en archives.
Les liens et les limites avec les clients / interlocuteurs fidèles, c’est une vraie et belle question que je n’ai pas explorée dans ce billet et qui me donne aussi à réfléchir. Je crois pour ma part beaucoup au « contexte » dans lequel ces liens se créent, et quand le contexte n’existe plus, seuls quelques rares élus restent, je pense, dans nos vies. Et nous dans les leurs !
Merci beaucoup à toi, et meilleurs voeux pour 2019

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Anonyme Le 19 décembre 2018, 19:48

Si tu veux savoir Caro, dans les grandes entreprises les coucheries ne sont pas rares. Certains même se marient et ont des enfants au fil des ans. Et les promotions canapé ne sont pas une légende…

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Balibulle Le 19 décembre 2018, 20:21

Pour revenir à ta question sur les limites, elle est assez troublante c’est vrai, tous ces gens dont on se dit parfois qu’on aurait pu être amis, « dans une autre vie », mais avec qui une trop grande proximité est impossible, parce que la relation commerciale doit être préservée, avec son lot de nouvelles parfois mauvaises, ou d’exigences… Difficile de poser ses limites autrement qu’au cas par cas, et à l’instinct, voire au fil de l’eau !

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