Qu’est-ce qui nous lie à nos collègues de travail ? 

Ces gens que l’on n’a pas choisis, avec qui on partage notre territoire et nos affects, les bons et les mauvais jours, les succès et les revers. Et qui finissent par nous percer à jour, parfois mieux que nos « proches ».

On a beau porter le masque du travail, on est vu dans sa pure vérité.
Nos manies, nos lubies, ces réactions et attitudes qui nous échappent, qui ne sont pas tamisées par le filtre de l’amitié ou la place, bien assignée, que l’on occupe dans sa famille.

Hier soir, j’ai coupé ce lien, ce flux d’émotions qu’on ne ressent qu’entre collègues, et qui disparaît quand on ne cohabite plus dans le même espace-temps. 

C’était mon pot de départ, après quatorze ans au Parisien. 

Je n’ai jamais beaucoup parlé de mon métier ici ou sur mon compte Instagram

Il a longtemps été possible de me suivre assidûment sans savoir que j’étais journaliste ni à quel endroit.

Peut-être est-ce justement parce que ce travail prenait une place immense dans ma vie, physique et mentale, que j’ai compartimenté à ce point. Avec l’intuition qu’il fallait exister autrement pour ne pas être totalement aspirée par ce job. 

Ce poste, ce qu’il a signifié pour moi, les raisons pour lesquelles j’ai décidé d’en partir, j’en parlerai bientôt. 

Aujourd’hui, c’est à mes collègues que je pense.
Ils m’ont fêtée comme une reine, avec des chansons à ma gloire, un discours qui m’a fait pleurer à chaudes larmes et une édition spéciale du journal imprimée à mon effigie, remplie d’anecdotes sur moi, sur nous.
Certaines que j’avais oubliées, pas eux.

Aujourd’hui je pense à cet espace et ces fous rires quotidiens qu’on ne partagera plus, à ce compagnonnage qui s’arrête. L’amitié qui prendra le relais avec nombre d’entre eux sera si différente. 

La solidarité, la tendresse et la folie douce que j’ai connues au Parisien je ne les rencontrerai peut-être plus jamais dans ma vie professionnelle. Ça arrive probablement une fois dans une carrière, parfois pas du tout. 

Moi j’ai eu ce privilège et j’en chérirai le souvenir toute ma vie. 
C’est à la fois ce qui va le plus me manquer et ce qu’on ne me retirera jamais.

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