Combien de fois ai-je déjà posté cette vue ?
Et combien de fois l’ai-je vue, cette vue ?
Mes parents ont acheté cette maison en 1986. J’y ai vécu vingt-et-un ans et entrer chez eux me fait toujours le même effet.

En voyant cette vue, je peux entendre le portillon claquer derrière moi.
Sentir les sangles du cartable trop lourd qui tirent mes épaules vers l’arrière.
Le sac de danse du mercredi matin.
L’Eastpak bleu marine des années collège que je portais, comme tout le monde, avec une seule bretelle.
Le Paquetage rectangulaire et rigide de la majorité, celui qui allait si bien avec le tailleur pantalon chocolat et le rouge à lèvres foncé que j’aimais porter à 18 ans.

En voyant cette vue, j’entends le cliquetis des clefs. Les clefs de maison puis les clefs de voiture. Les clefs que je cherche et que je ne trouve pas. La clôture que j’ai escaladée si souvent.

Je revois les chiens successifs de la famille qui venaient se poster en haut des marches. Les chiens de plus en plus petits et qui aboyaient de plus en plus fort. Qui venaient et puis qui un jour ne venaient plus.

Je vois des gamelles dans les escaliers, Tartine qui loupe une marche, Ève qui monte, moi qui descends, ma sœur qui rit en me prenant dans ses bras. Je vois mon père se battre avec le parasol, le ELLE posé à côté du transat de ma mère, j’entends le bruit du tennis qui s’échappe du salon, le sifflement de la cocotte minute sortie en courant sur le perron.
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Certaines choses ont changé, d’autres pas. Alors un énième post de cette vue, en souvenir des souvenirs. De ce qui passe et de ce qui reste.
Beau week-end à tous ✨✨

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Combien de fois ai-je déjà posté cette vue ? Et combien de fois l’ai-je vue cette vue ? Mes parents ont acheté cette maison en 1986. J’y ai vécu vingt-et-un ans et entrer chez eux me fait toujours le même effet. . . En voyant cette vue, je peux entendre le portillon claquer derrière moi. Sentir les sangles du cartable trop lourd qui tirent mes épaules vers l’arrière. Le sac de danse du mercredi matin. L’Eastpak bleu marine des années collège que je portais, comme tout le monde, avec une seule bretelle. Le Paquetage rectangulaire et rigide de la majorité, celui qui allait si bien avec le tailleur pantalon chocolat et le rouge à lèvres foncé que j’aimais porter à 18 ans. . En voyant cette vue, j’entends le cliquetis des clefs. Les clefs de maison puis les clefs de voiture. Les clefs que je cherche et que je ne trouve pas. La clôture que j’ai escaladée si souvent. . Je revois les chiens successifs de la famille qui venaient se poster en haut des marches. Les chiens de plus en plus petits et qui aboyaient de plus en plus fort. Qui venaient et puis qui un jour ne venaient plus. . Je vois des gamelles dans les escaliers, Tartine qui loupe une marche, Ève qui monte, moi qui descends, ma sœur qui rit en me prenant dans ses bras. Je vois mon père se battre avec le parasol, je vois le ELLE posé à côté du transat de ma mère, j’entends le bruit du tennis qui s’échappe du salon, le sifflement de la cocotte minute sortie en courant sur le perron. . Certaines choses ont changé, d’autres pas. Alors un énième post de cette vue, en souvenir des souvenirs. De ce qui passe et de ce qui reste. Beau week-end à tous ✨✨

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9 commentaires

  1. MarieG

    samedi 27 juillet 2019 à 14:33

    Ta famille semble vivre dans une belle continuite, c est magnifique et cela va certainement contribuer a la solide construction de tes filles.
    Mon epoux et moi avons achete une maison a la fin des annes 90, j y suis attachee comme une moule a son rocher, entre autres parce que pendant mon enfance la vie de mes parents n a ete qu indecision en matiere de lieu d habitation. Ca a fait certains degats, que notre maison a bien contribue a reparer.
    Belle journe

    1. Balibulle

      mardi 6 août 2019 à 17:04

      Coeur serré en te lisant, et quel privilège d’avoir trouvé LA maison pour pouvoir instaurer enfin cette continuité 🙂

  2. Colette Du Net

    dimanche 28 juillet 2019 à 17:20

    Joli billet. Je n’ai aucune maison de famille provenant de mes parents, quoique je repense assez souvent à celles où j’allais quand j’étais petite. Ni maison de campagne, ni endroits où mes parents ont vécu.
    Ce n’est pas plus mal. J’ai construit mes endroits à moi sans retour en arrière.

    1. Balibulle

      mardi 6 août 2019 à 17:05

      quels sont tes endroits à toi ?

  3. brunette

    mercredi 31 juillet 2019 à 14:47

    <3 touchée!
    J'ai quand même cru, pendant quelques secondes, que la maison parentale était vendue 😀

    1. Balibulle

      mardi 6 août 2019 à 17:07

      Ce n’est toujours pas à l’ordre du jour, et je suis incapable d’imaginer comment je vais réagir quand ça arrivera. Je crois que je suis plus attachée au quartier qu’à la maison elle-même. Et je suis d’ailleurs revenue y habiter, CQFD 😉

  4. Marie

    jeudi 1 août 2019 à 0:15

    Quel post! Si bien écrit…

    Assez émue de lire ces lignes. Après 34 ans, mes parents vont vendre la maison et déménager en septembre (j’ai 34 ans et ai connu cette maison à l’âge de 2 ans). J’y passe avec mes deux filles le dernier été…

    1. Balibulle

      mardi 6 août 2019 à 17:08

      oh là là, profitez bien, faites le plein de souvenirs… Dans quel coin est-ce ?

  5. KaMaïa

    mercredi 14 août 2019 à 11:00

    Il y a des lieux comme ça où nos racines sont plantées bien profondément, même si on n’y vit plus et même si ils ont été vendus depuis.
    La maison de mes grands-parents dans le Finistère et la première maison que j’ai achetée, jeune mariée et jeune maman, où nous n’avons vécu que 6 ans pourtant (mais où les enfants sont nés), qui est vendue depuis 2005 mais que mon cœur pleure toujours un peu. Ces deux maisons me manquent comme un proche disparu dont le deuil ne sera jamais tout à fait fini.

    Et puis il y a des lieux de passage, des lieux qui ne nous acceptent pas, ou bien dans lesquels on n’est jamais vraiment chez soi, même s’ils nous appartiennent sur le papier.

    Ça me rappelle un livre lu il y a 1 an ou 2, dans lequel l’auteure vient seule passer quelques jours dans la maison de ses parents, où elle a grandi, et qui va être vendue, comme une façon de dire au revoir à cette maison. J’ai pleuré. Évidemment.
    C’est super bien écrit, poétique et finalement… c’est juste la vie.
    Belle journée à toi !

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