Comment s’habille t-on pour faire cours à des adolescents, ce public captif et critique qui va passer une année entière à vous dévisager, vous scruter et commenter le moindre détail de vos tenues, la moindre rupture dans votre routine vestimentaire ?
Entre sa hiérarchie allergique aux jeans et ses collègues qui en ont assez de s’acheter une crédibilité en blazer, Sarah s’est retrouvée bombardée d’injonctions contradictoires en devenant professeur de français, à 23 ans, avec un physique assez juvénile.
Cinq ans plus tard, sa réflexion autour de ce qu’elle appelle ses « costumes de scène » m’a tellement passionnée quand on a commencé à en discuter sur Instagram que je lui ai proposé d’intervenir ici, sur le blog.

Décrypter les codes vestimentaires explicites et implicites d’un métier, repérer les problématiques de confort et d’image qui y sont liées, construire une garde-robe où s’expriment à la fois le statut professionnel et l’individualité… J’ai soulevé ces questions dans le « Dressing Code », et je suis ravie de pouvoir les approfondir via une « étude de cas » détaillée. La première et probablement pas la dernière !
Merci Sarah pour ton témoignage et ta confiance qui me confirment, après l’expertise d’Iris (interviewée dans mon livre), que les enseignantes ont décidément – eh eh – le don de nous faire phosphorer.



Quels sont les codes vestimentaires de ton métier ?
Qui te les a transmis et comment ? 

La première contrainte est celle que l’on rencontre partout quand on est une femme face à un public : n’être pas trop « sexy », ce qui est d’autant plus compliqué que cette idée est très subjective.
J’ai de la poitrine, donc je fais attention au décolleté, et comme je marche beaucoup dans mes salles, que je me penche ou m’accroupis à côté des élèves, j’évite les jupes courtes.
A l’inspection, certains sont très vieux jeu, là aussi c’est la subjectivité qui dirige. Les plus jeunes nous demandent simplement d’être corrects comme dans n’importe quel métier où l’on est devant un public. Les plus tradi-conservateurs ne veulent pas de jean, de basket, de robe au dessus du genou (ou qu’on boive directement à la bouteille … ce genre d’injonction).
Mais à voir mes collègues depuis quelques années et mes profs pendant toute ma scolarité, je constate qu’il n’y a pas de codes explicites. Pour les femmes, ça complique les choses. Les hommes, eux, peuvent mettre un pantalon, une chemise et le tour est joué.


Quelle image avais-tu du « vestiaire » de l’enseignant.e avant d’exercer toi-même ? Et quels souvenirs en gardais-tu en tant qu’élève ?

Je ne m’étais pas posé trop de questions avant d’aller devant ma première fournée d’élèves. Dans mes souvenirs scolaires, j’ai surtout des profs habillés de façon extrêmement banale : couleurs très classiques, formes répétitives, bien souvent rien de spectaculaire, pour les femmes comme les hommes. Quelques unes m’ont quand même marquée, notamment Mme M. au collège, les cheveux très courts rouges, une tenue toujours sobre et sombre, et des boucles d’oreilles toujours exceptionnelles et chaque jour différentes, à regarder quand on fatiguait un peu, et comme ça on ne bavardait pas (bon, je ne bavardais pas).


Te sens-tu aujourd’hui soumise à des injonctions
contradictoires ou incohérentes ?

Comme on n’a pas de code vestimentaire explicite, les injonctions sont tacites. Il faut globalement éviter de « faire jeune », qu’on ne puisse pas se confondre parmi les élèves, sauf que dans les faits, cette idée n’a pas de sens. Je fais jeune physiquement, et mes premières années, j’ai souvent eu la remarque de la part de mes collègues ou de chefs, avec plus ou moins de bienveillance.
Les élèves eux s’en fichent, ils nous voient comme des adultes sans nous remettre en question si on arrive avec un cours et qu’on est de l’autre côté du bureau.
Ce rapport à la jeunesse est donc un peu faussé, il ne se joue pas par rapport aux élèves qui sont nos interlocuteurs principaux, mais par rapport aux autres adultes. Là dessus, le côté « mammouth » de l’Éducation nationale se ressent, je trouve qu’on nous écoute moins quand on est jeune, et « faire jeune » n’aide pas auprès des autres adultes.


As-tu rejeté / adopté d’emblée certains codes vestimentaires ? 

À ma première rentrée scolaire en tant que prof, j’avais 23 ans et je ne me sentais pas vraiment légitime. Mais j’étais dans un super lycée, avec une classe de seconde adorable, et j’ai vite vu que « faire jeune » ne serait pas un problème avec ces élèves-là. Il en serait allé peut-être autrement dans un établissement plus difficile, mais mon seul impératif vestimentaire à ce moment-là ça a été de me sentir à l’aise et si possible avoir plus confiance en moi grâce à ma tenue.
Du coup très vite j’ai laissé tomber le « pas de baskets ». J’adore les baskets, j’en ai beaucoup (c’est même une des questions qui m’avaient été posées par mes élèves le dernier jour, le jour des questions bêtes). J’ai alterné donc, dès cette première année, entre bottines et baskets.
Et je porte quand même des jeans, mais évidemment jamais troués.


Quels conseils as-tu reçu spontanément de tes pair.e.s ? 

On m’a conseillé de dérouler toute ma garde-robe dès le premier mois pour éviter de surprendre les élèves en cas de changement radical.
Beaucoup de femmes m’ont parlé aussi du lot de vestes achetées la première année pour « faire plus vieille » et jamais reportées après. J’ai moi aussi acheté mon lot de vestes, mais je les adore et ne les lâche pas.


Comment gères-tu le regard des élèves ?

Quand j’ai commencé à travailler, j’ai redécouvert un peu cette pression du regard des autres dont je m’étais débarrassée à grand peine. Je sais, surtout en tant que remplaçante sur des temps parfois très courts, qu’on est regardé, jugé. En soi ce n’est pas anormal : ce sont des enfants et adolescents, en groupe, contraints d’être assis 4 à 7 heures par jour face à des adultes. Les filles surtout détaillent beaucoup les tenues.

Une année j’ai eu une classe de seconde presque totalement féminine (26 filles, 4 garçons), et quand je mettais une tenue un peu plus élégante, j’avais des compliments, comme ça, en pleine classe.
Plusieurs fois, des filles sont venues me demander d’où venait tel ou tel vêtement, et même une fois pour me dire que mon collant s’était filé à l’arrière de ma jambe (alors que je vérifie pourtant…).

Elles regardent, vraiment. Autant donc faire un effort et montrer une image positive de femme au travail, qui a une personnalité, de l’humour, de l’originalité, ce qui peut aussi passer par nos vêtements.


Dans quels pièges faut-il éviter de tomber ?

Une collègue – celle qui me conseillait de faire passer tout son dressing le premier mois – m’a raconté qu’une professeure de son fils s’habillait toujours pareil, jusqu’au jour où elle a mis une robe à pois. Ses élèves lui ont immédiatement trouvé un surnom (Cerise de Groupama). Sortir une seule fois de son « uniforme » avait suffi.
C’est compliqué de gérer l’agitation quand elle n’est pas anticipée, et c’est encore plus compliqué d’avoir à gérer une agitation liée à notre apparence.


Comment gères-tu tes propres ruptures dans la routine ?

Dès le premier jour, je m’arrange pour qu’au moins quelques uns de mes tatouages soient visibles. Je suis tatouée sur les avant-bras, et je préfère les mettre dans le « lot de découverte » le premier jour.
Assez vite, je me mets en jupe ou robe aussi, pour que ce soit un look habituel et éviter d’éventuels commentaires, notamment dans des classes plus masculines et plus âgées comme certaines classes de 1ère technologiques.

Pendant une année de travail dans un collège, je suis passée d’un carré aux épaules à une coupe très courte à la garçonne.
Quand j’ai vu mes classes je leur ai dit : « je vous laisse 30 secondes de réaction, et après on passe à autre chose », avec humour évidemment.
J’ai eu le droit à « on dirait Diam’s en plus jeune » (??), des « c’est cool », et un « moi je vous trouvais plus belle avant ».

Je pense qu’on ne doit pas oublier qu’on fait partie de leur décor, et que si on fait un changement soudain et surprenant, il y aura une réaction à gérer pour pouvoir reprendre la classe en main derrière.
Cela ne doit pas nous empêcher de nous couper les cheveux ou d’acheter une nouvelle tenue, mais il faut anticiper la réaction, et gérer aussi pour que tout le monde reste respectueux.


Comment résumerais-tu ton challenge vestimentaire en tant qu’enseignante ?

Le dilemme de la penderie fonctionnelle, suffisamment remplie pour pouvoir tourner, suffisamment aérée pour respirer dedans, se pose bien. Pour suivre la classification de ton livre, je suis quelque part entre la festive et l’affective. J’aime m’amuser en m’habillant, et je pense que ma tenue participe aussi à ma présence et à ma gestion dans ma classe, donc je me suis autorisée à avoir une grosse garde-robe même si je constate bien que je n’en porte pas régulièrement un assez grand pourcentage qu’il faudrait élaguer.

L’une de mes solutions pour l’instant, pour accepter les tenues moins variées (ou gérer simplement un jour sans grande inspiration, avec jean et tee-shirt gris) c’est de jouer sur les bijoux, notamment des boucles d’oreilles volumineuses qui étaient d’autant plus visibles avec mes cheveux très courts. J’ai aussi quelques colliers assez voyants (ramenés de mes voyages, avec une grosse valeur sentimentale, qui font un peu talismans pour des jours moins motivés) qui réveillent des tenues un peu répétitives.

Mon prochain objectif va être d’organiser mieux mon dressing, de rendre plus accessible ce que j’utilise très souvent. On vient de déménager avec mon fiancé, et le rangement n’est pas encore idéal ou fixe.


Quels sont les piliers de ton vestiaire professionnel actuel ? 

J’ai beaucoup de vestes de couleurs diverses, unies et pas unies, ainsi que des gilets : la température des salles est très aléatoire selon les saisons, et enseigner tient chaud, donc je dois pouvoir me couvrir et me découvrir facilement. Enlever un pull devant des élèves – ou n’importe quel public – n’étant pas un moment toujours évident (les cheveux en bazar, le t-shirt qui remonte avec le pull, tout ce qu’on aime), je privilégie donc les vestes et gilets.
J’ai quelques jeans que j’aime bien, du slim, du wide leg, du 7/8ème ou du long, et quelques jupes mi-longues que j’apprivoise. L’hiver, j’ai quelques robes un peu élégantes à porter avec des collants. Pour le début d’été j’ai quelques robes longues et des pantalons larges un peu plus aérés.


Que t’interdis-tu de porter ?

En plus des jeans troués, j’évite aussi les denims trop délavés que je trouve moins heureux que les bruts, et la taille basse, ni flatteuse ni pratique.
Je fais attention à la profondeur du décolleté, je privilégie les cols ronds, et tee-shirts, chemises ou blouses un peu flous.
Je ne porte pas de talons, d’abord parce que je ne sais pas bien marcher avec, et parce que je piétine beaucoup et que je ne veux pas avoir mal aux pieds à la fin de la journée.
J’ai aussi tout un lot de tee-shirts imprimés (Star Wars ou avec des slogans féministes) que je ne mets pas au travail, sauf pour le 8 mars et le 4 mai (pour May the 4th !).
Mes tenues hors boulot peuvent être plus « casual », ou montrer un peu plus de peau.


Comment exprimer son individualité au travail
tout en incarnant sa fonction ?

Mes vêtements me correspondent et me permettent de m’exprimer, mais je crois que l’individualité qui doit avoir la place de s’exprimer dans une salle de classe, c’est avant tout celle des élèves.
Mon « costume de scène » à moi doit rester suffisamment sobre pour éviter de prendre trop de place par rapport à leur costume à eux.
Même si je suis une actrice importante de mon cours, c’est eux qui doivent être au centre. J’essaye donc de ne pas laisser ma tenue refléter trop dramatiquement mon humeur pour que eux n’aient pas à y être attentifs.

En m’exprimant un peu moins dans mes tenues, je suis plus disponible pour les voir eux s’exprimer, et eux sont plus disponibles pour avoir de l’empathie et de l’attention pour leurs camarades. Entre les élèves qui vont plus ou moins mettre de noir sur leurs yeux selon l’humeur, ceux qui vont avoir tout le temps le gilet à capuche, les épaules rentrées et les mains dans les poches pour disparaître un peu, ou ceux qui vérifient constamment que la taille de leur slim laisse apparaître un peu le boxer…

Enseigner le respect et la bienveillance, c’est également montrer ce qu’on peut dire, quand et comment le dire. Quand j’accueille mes élèves dans ma salle et qu’il y a nouvelle coupe ou une nouvelle paire de lunettes, je dis toujours que ça leur va bien, mais pas devant tout le monde pendant le cours.
Quand ils font des remarques sur le physique des uns des autres (surtout qu’à l’adolescence, entre les appareils dentaires, les nez qui poussent avant le reste du visage, l’acné, c’est rude…), je les rappelle à l’ordre systématiquement, même si ce n’est pas une remarque désobligeante : on ne dit rien sur le physique, parce qu’on ne le contrôle pas, et on ne sait pas comment ça se passe dans la tête de chacun.

Quand je leur fais faire du théâtre, ces problématiques sont très vives aussi. Les faire se tenir droit, ou parler fort (notamment pour les filles qui ont apprises à être discrètes), enlever les mains des poches.
Beaucoup, garçons et filles, sont très mal à l’aise au début de ces exercices, même ceux qui semblent avoir confiance en eux. Se tenir droit, parler fort, ne pas avoir de gestes parasites des mains, des pieds, regarder le camarade dans les yeux.
Je fais systématiquement ces exercices avec eux, je leur montre, leur explique, avec humour et bienveillance, je les pousse et les félicite pour chaque progrès individuel avec la conscience que cet exercice est difficile pour eux.
On voit ou on découvre ceux qui se cachent dans leurs vêtements trop grands, ceux qui bougent tout le temps pour ne pas être trop vus non plus, ou au contraire, les élèves à l’aise qui semblent au dessus des injonctions dont ils sont bombardés au quotidien.
Et on voit aussi, au bout d’un mois à faire ces exercices une fois par semaine, ceux qui arrivent à ne plus tortiller leurs mains ou les cacher dans les poches, celles qui arrivent à regarder dans les yeux, ceux qui se tiennent plus droits. Ce sont ces expressions-là, ces individualités-là qui doivent avoir toute la place dans la classe.

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22 commentaires

  1. Frédeborêves

    vendredi 27 septembre 2019 à 17:06

    Super article ! Je suis prof également et je me reconnais assez bien dans cette démarche de recherche du combo confort/politiquement correct/not boring/varié des tenues à porter devant les élèves ! Personnellement, je n’ai jamais poussé l’analyse aussi loin mais finalement, j’applique à peu près les mêmes principes que cette jeune collègue et pourtant j’ai le double de son age !…

  2. Isa

    vendredi 27 septembre 2019 à 17:11

    Super intéressant !Balibulle vous devriez créer un podcast Rien d existant dans cette catégorie analyse, humour et générosité du détail du propos ⭐

    1. Sophie

      samedi 28 septembre 2019 à 9:50

      Mais oui, entièrement d’accord

  3. Helene

    vendredi 27 septembre 2019 à 17:17

    Merci x 18393047 pour ce billet super intéressant!
    Je suis producteur (27 ans) et j’ai parfois 20 hommes de 40 ans + à manager sur un plateau…sauf je fait 22-23 ans donc je suis constamment dans des situations cocasses.. adapter sa garde robe aux relations de « pouvoir » pour faire oublier son statut de jeune femme tout en restant soi-meme, c’est super compliqué et j’ai adoré lire le témoignage de Sarah. « Costumes de scène », c’est plutôt ça ouaip 🙂

  4. Estelle

    vendredi 27 septembre 2019 à 17:24

    Merci pour cet article, très intéressant. Professeure moi aussi, j’ai certes un uniforme mais je me permets quelques originalités pour montrer qu’on peut assumer nos envies: cheveux gris, rouge à lèvres violet, fleurs dans les cheveux …. J’enseigne depuis 12 ans et je ne me permettais pas cela en début de carrière. C’est amusant car certaines élèves reproduisent mes coiffures. Cela dit, je m’inspire d’eux aussi, certains ont de l’audace ou l’association inédite. Mon apparence (et mes convictions) permettent à certains élèves de comprendre que je suis réceptive à la différence, comme lorsque cet adolescent qui portait du rouge à lèvres m’a demandé d’intervenir après une série de remarques sexistes.

    Encore merci Charlotte.

    Estelle

  5. cecilem22

    vendredi 27 septembre 2019 à 17:25

    Très intéressant! Bravo pour cet article.

  6. Anonyme

    vendredi 27 septembre 2019 à 17:46

    En lisant le début j’étais persuadé à 100% qu’il s’agissait de professorat dans le privé. Jusqu’à lire « Éducation nationale ». Stupeur (mais pas tremblements) : est-ce possible que l’histoire avance à reculon en la matière ? Il y a 30 ans on voyait des choses sur les profs qui allaient tellement plus loin qu’une pauvre paire de baskets ! Tous les exemples suivants ont été vus par moi-même : prof femme (histoire-geo), la cinquantaine, venant tous les jours avec une blouse bleue d’ouvrière si bien que tous ceux qui n’étaient pas dans sa classe pensaient qu’il s’agissait d’une femme de ménage (moi y compris) ; prof jeune (<30ans), normalienne, venant très souvent en mini-jupe et décolleté plongeant, s'asseyant et se penchant fréquemment sur son bureau surélevé pour se faire mater par les lycéens que nous étions ; idem à l'école d'ingénieur avec jeune prof polytechnicienne dont j'ai encore en mémoire la vision de la petite culotte… 😉 Et je passe sur les innombrables exemples de profs mâles ou femelles, de tous âges, en jeans et baskets complètement crades, avec moultes patchs et pins, hérités des années hippies qui devaient sans doute correspondre à leurs heures de gloire. Et si un malheureux proviseur avait osé se risquer à l'époque à émettre une consigne, cela aurait été la grève assurée pendant 3 semaines minimum (!)
    Ah, j'allais oublier : tout ceci se passait à Paris, dans le Quartier latin (sauf pour l'école d'ingé, située à Paris 15ème).

  7. Laura

    vendredi 27 septembre 2019 à 19:16

    C’est vrai qu’en tant que prof on est vite tenté par l’uniforme, depuis que j’enseigne je quitte difficilement mon trio jean-boots-blouse; mais c’est bien de varier un peu pour modérer l’effet de surprise crée par un détail inattendu. Lors de ma première année, mes 4èmes qui ne m’avaient vue qu’avec les cheveux détachés s’étaient retrouvés tout perturbés le jour où j’étais arrivée avec un chignon (jour de flemme et de cheveux mi-propres 😉 ) Idem l’année dernière quand, sur un coup de tête, je me suis fait une frange ou quand je suis arrivée avec une paire de converses Léopard (cela-dit cette avalanche de réactions reste assez amusante, ça prouve qu’on ne les laisse pas indifférents). Cette année j’essaie de varier un peu mes tenues en introduisant la robe longue dont l’ergonomie me convient bien (la robe au dessus du genou qui remonte quand on écrit au tableau, je n’ai jamais réussi à m’y faire). Super article en tous cas !

  8. Girlinduplex

    vendredi 27 septembre 2019 à 20:05

    Superbe article. Merci pour ce joli temoignage plein de bienveillance pour la jeunesse. Merci

  9. Lalabelle

    vendredi 27 septembre 2019 à 20:28

    Bonjour. Je suis prof d’histoire géo depuis 12 années. Mon costume : robe /chaussures/grandes boucles d’oreilles assorties au reste. J’ai fait sensation il y a deux ans….en mettant un pantalon noir ! Parce que oui, je suis devenue la prof « qui ne met que des robes » …que j’ai dans toutes les couleurs ou presque, unies ou imprimées. J’adore aussi les chaussures, je suis fan de Chie Mihara et d’Annabel Winship. J’évite aussi les décolletés et les robes trop courtes, même si je vieillis, j’ai en face des adolescents. Je fais aussi un peu le coup de changer sans cesse au début de l’année, ça donne le tempo pour le reste de l’année. Un jour, un élève m’a dit en plaisantant « vous savez Madame que les vêtements ne se jettent pas après les avoir porté une fois, ce n’est pas à usage unique ! » Mais le meilleur accessoire à porter, c’est le sourire. Je sais être ferme, mais les élèves sentent que je suis heureuse d’être là, avec eux. Ça plus un cours qui tient la route et un réel investissement dans le boulot et c’est gagné. Vous devenez très vite pour ces élèves, la femme qui sait rester féminine, qui aime le superficiel mais qui assure professionnellement et qui sait aussi parler de sujets sérieux. Je calme un peu le jeu sur les achats de vêtements depuis quelques mois, mais comme j’ai quasi tout gardé depuis plusieurs années …pas de souci 😉 (j’écris tout cela en pyjama informe, mais chut…les élèves ne me voient pas !).

  10. Pauline

    vendredi 27 septembre 2019 à 21:24

    Je me reconnais dans pas mal de points, témoignage intéressant ! Je fais aussi attention en fonction des classes que je vois une ou deux fois/ semaine à ne pas remettre la même tenue un lundi ou un mardi, faire tourner en fonction de la classe quoi ^^
    Je suis bien d’accord pour l’idée de tout montrer rapidement. Je me mets en robe/jupe très vite, histoire que cela ne choque personne. Mon public est majoritairement masculin, du lycéen au bts et franchement, je ne me suis jamais sentie mal à l’aise. Il est vrai que parfois les élèves m’ont interrompu pour me faire une remarque ( ce qui surprend la première fois, je n’aurais jamais osé). J’aime la liberté que laisse mon métier. Une fois, un élève m’a demandé combien j’avais de tenues différentes…
    Mon lycée est un lycée technique et honnêtement, je me disais que certaines élèves ne faisaient pas vraiment attention non plus…
    Si j’ai la même classe deux jours de suite, je me change également ^^ De façon générale j’essaie de ne pas venir exactement habillée à l’identique deux jours de suite.

    Ah et cette année, nouveau défi…prof enceinte ^^ Faire avec le confort, ce qu’on a déjà, varier sans trop acheter….

  11. Clara

    vendredi 27 septembre 2019 à 22:05

    Article passionnant !!!.
    Le sujet du dress code pro tourne beaucoup tout de même autour de la crédibilité, est-ce toujours le cas l’âge (et/ou la maturité vestimentaire) venant ?
    Cela fait sans doute écho à mes jeunes années de consultante dans un cabinet de conseil, quand il s’agit d’être pro/respectable/crédible face à des candidats de deux fois son âge tout en étant sapée pour les nombreux after work parisiens… on vit mieux ce genre de challenge avec un peu de bouteille stylistique ou de confiance en son style perso…
    Hâte de lire d’autres articles sur cette thématique !!

  12. Elizec

    samedi 28 septembre 2019 à 9:16

    Article très, très intéressant. C est la première fois que je vois cela décortiqué comme ça pour les enseignants. Prof en école élémentaire, je ne me suis jamais posée la question de la deuxième partie de l article. Et même au contraire, je m arrange pour porter mon imper coquelicot et mes chemises imprimées pour que mes élèves puissent se rendre compte que chacun a le droit de s exprimer, les élèves mais aussi la maîtresse. Néanmoins je n avais jamais vu cela sous cet angle alors cela me fait réfléchir…. Mais l age des élèves joue énormément…. En tous cas merci beaucoup pour cet article, si cela pouvait revenir pour d autres professions car je trouve le sujet passionnant !

  13. Emmanuelle

    samedi 28 septembre 2019 à 9:24

    Bonjour Balibulle,
    Professeure aussi, 55 ans
    Mutée à mes débuts dans les Ardennes (venant de Nice). Je me souviens encore du jour où, pour affronter le climat particulièrement glacial, j ‘avais mis, sous ma jupe longue, un legging de danse noir sans pieds. Sans le savoir, ce petit détail vestimentaire allait me sauver la mise: en plein cours, la bride de ma jupe a sauté, la jupe fluide a glissé, sans chichis, pfiouttt! jusqu’aux chevilles… Devant ma classe de 3è, je ne me suis pas démontée, après tout, NON, je n’étais pas en culotte! Et mon collant de danse faisait toute la différence! Comme le ridicule ne tue pas, j’ai ramassé la jupe, fait un gros noeud à la taille, et poursuivi le cours en gardant mon humour. Je crois que le fait d’être jeune a joué en ma faveur. Malgré tout, j’ai mis un certain temps avant de me remettre en jupe au travail! Le jour où j’ai eu ma mutation, j’ai eu l’impression de démarrer dans ma nouvelle affectation, avec un casier  »vierge ». J’en rigole encore…

  14. D. D.

    samedi 28 septembre 2019 à 12:39

    Bonjour 🙂

    J’ai surtout retenu dans cet article, les réponses de Sarah concernant ses élèves. Touchée par le regard qu’elle porte sur eux. Si juste et si clément pour cette jeunesse.

    Merci à vous deux pour cet échange 🙂

    À bientôt 🙂

  15. Mafalda

    dimanche 29 septembre 2019 à 11:28

    Ah les fameux dress code, on pourrait écrire un bouquin là-dessus! J’ai eu la chance, lorsque j’étais ingénieur en informatique de pouvoir m’habiller comme bon me semblait dans la mesure du raisonnable (sauf lorsque je me rendais en clientèle où c’était bien évidemment tailleur, chemise et talons – moi qui déteste ça, sauf pour rester assise, sinon ça me tue les pieds et je pleure intérieurement et invoque les dieux de la chaussure de doter mes petons de coussinets, comme les chats). Il faudra qu’on m’explique comment on arrive à supporter cela toute la journée, car j’en suis incapable. Quand je sors je fais comme Melanie Griffith dans Working Girl, c’est talons dans le fourre-tout et baskets ou bottines plates aux pieds, et je les enfile 100 mètres avant d’arriver en me faisant limite tenir par des amis comme si j’avais 90 ans, mais il faut avouer que c’est vraiment joli et féminin…
    Le Friday wear me faisait bien rire quand je travaillais dans une plus grande boîte, car je trouve ridicule de ne pouvoir porter des jeans et des vêtements confortables que le vendredi si tu n’es pas en contact avec des clients, mais je me mettais un point d’honneur à toujours être impeccable (et me préparer telle Flash Gordon le matin, car pas du matin plus des jumelles, comment dire), tout en gardant un style qui m’était propre, car trop de sexy tue le sexy et j’en ai vu des vertes et des pas mûres et de sacrés attentats visuels, chez les hommes comme chez les femmes…
    Depuis je m’autorise tout étant donné que je travaille chez moi: du casual, à carrément en pyjama dans mon lit et dès que je le sens je me pomponne pour me sentir belle, que mes filles et mon amoureux ne se retrouvent pas à un ragondin en fin de vie et ça me va!
    Très bel article qui appuie un peu où ça fait mal, car il est évident que lorsqu’on est face à une classe (j’ai fait des formations de logiciels en clientèle ou du coaching en entreprise), on ne peut pas se permettre n’importe quoi! Mais j’ai toujours comme tu le dis dans cet article, trouvé que la mode permettait de s’exprimer, tout en gardant son individualité et sa personnalité, que ça plaise ou pas!

  16. Clémentine

    dimanche 29 septembre 2019 à 15:28

    Super article, sur un thème auquel j’ai également beaucoup réfléchi, sur lequel je n’avais jamais rien lu ! J’enseigne à l’université, on pourrait se dire qu’il y a moins de pression car ils sont plus matures… mais un an seulement sépare les terminales des licence 1, et s’ils sont plus distants, ce ne sont pas moins des observateurs impitoyables.. Une collègue a découvert que des étudiants l’avaient pris en photo quand elle écrivait au tableau, publié sur des réseaux étudiants avec des commentaires désobligeants… Et la difficulté de ne pas être prise pour une étudiante est plus grande encore, car les premières années on a presque le même âge qu’eux, et c’est un univers très anonyme… Ayant 38 ans je n’ai plus ce problème depuis 10 bonnes années, quoique… la secrétaire d’un département aux codes vestimentaires plus rigides que le mien m’a récemment prise pour une étudiante de master parce que je portais une parka kaki…
    Je suis frustrée de ne pas voir de photos des tenues de Sarah, je me reconnais beaucoup dans ce qu’elle dit : jamais de pull car enseigner donner chaud, j’alterne entre blouse non décolletée + veste (pas trop classique, soit une coupe un peu spéciale comme la longue Comptoir des cotonniers que tu affectionnes, soit une couleur originale, soit une matière très souple…), et gilet + chemise (un peu loose ou sans col, je fuis tout ce qui fait trop working girl), avec baskets un peu stylées ou bottines plates ou peu hautes.

  17. violette.b

    lundi 30 septembre 2019 à 12:59

    Super article , tout le talent de Ballibule , et super professeure bienveillante , qui tient compte de ses élèves sans s ‘oublier , tant sur son regard sur elle que son regard sur eux , qui garde en tête que le prof est une référence , qu’on adhère ou que l’on contre .
    Ecole publique , j’avais surtout des profs femmes , en effet certaines m’ont inspirée , montré qu’on pouvait être crédible , intéressante , intelligente en étant sapée « autrement » .
    J’adore les pois ( entre autres ..rire ) et au travail on m’appelle Cerise ce jour là …..car je travaille pour une boite concurrente …ça fait rire mes collègues ( bravo aux communicants : la femmes à pois s’appelle Cerise désormais )

  18. Lathelize

    jeudi 3 octobre 2019 à 10:12

    C’est un article passionnant : merci! J’ai beaucoup réfléchi à ces questions là aussi en étant DRH, et donc l’employeur 🙂

  19. HeLN

    vendredi 4 octobre 2019 à 9:59

    Merci Charlotte pour cet article Hyper intéressant. Mes ados de filles reviennent souvent à la maison en papotant des tenues des profs, elles ont d’ailleurs parfois été choquées par l’attitude de certaines profs qui s’assoient sur le bureau en jupe jambes écartées…
    C’est vrai que le sujet pourrait être dupliqué à l’envi, le ratio tenue/âge/crédibilité ☺️
    Sarah porte sur son métier et ses élèves un regard plein de bienveillance et d’intelligence (ça ne m’étonne pas que vous vous soyez entendues !!), bravo et merci à vous deux !
    Bises

  20. Anne

    samedi 5 octobre 2019 à 18:14

    Super article, où tu découvres que ton lectorat est très majoritairement composé de professeures ;-)! (à moins qu’elles ne se soient davantage senties concernées…)

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