Ce soir-là j’étais partie pour attaquer « Industry » mais ma connexion à OCS ne cessait de planter. On était mardi donc il n’y avait aucun de nos rendez-vous hebdomadaires de couvre-feu, ni « Top Chef » ni « Koh-Lanta », ni « Grey’s anatomy » que l’on suit en US+24. Et je m’étais emparée de la télécommande avant que l’Homme n’enquille un énième documentaire sur Netflix. J’ai ouvert Amazon Prime. Tiens, « Modern Love ». Je ne connaissais cette rubrique culte du « New York Times » que de réputation, et avais offert, quelques semaines plus tôt, la version livre à ma nièce, pour ses 22 ans. Il était temps de me faire un avis sur la série. « Dix minutes et si c’est pourri, on arrête », lançais-je à Matthieu. 2h plus tard, on était toujours devant, les yeux humides, après avoir englouti trois épisodes. Touchés en plein cœur par ces amours modernes, au romanesque subtil. Mais aussi par la douceur que la série déposait, là, près de nous. On peut filmer New York de mille façons. Froide, dure, crasseuse, torride, inquiétante. Ici, il y avait un élan, une volonté de beauté. Les visages, les cafés, les rues, les parcs, les librairies, les vêtements, les appartements. De la beauté partout, pleinement assumée, offerte au téléspectateur cloué chez lui comme un geste de réconfort. Parfois ce type de démarche ne prend pas, semble artificielle, déconnectée du réel. Et puis parfois ça résonne, parce que c’est exactement ce dont vous aviez besoin.

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