Vous avez remarqué ce truc avec les utilisateurs de bullet journal (moi la première) ?
Quand ils postent une photo ou un billet, c’est souvent pour vous parler de leur « nouvelle organisation ».
En creux, ça veut bien dire ce que ça veut dire : ils ne savent toujours pas comment s’organiser.
C’est la malédiction des outils modulables, le champ des possibles est tellement vaste que l’on commence d’abord par s’y perdre.

Moi-même, dix-huit mois après avoir adopté ce support fusionnant agenda, to do lists et carnet de notes, j’ai souvent été à deux doigts de me décourager.

DIVISER POUR MAL RÉGNER

Au quotidien, mon bullet journal pâtit sans arrêt de la cohabitation avec trois autres outils que j’ai mis en place après lui :
• mes Moleskine de travail
• mon carnet dédié au flot de pensées
• et mon application mobile Nozbe

Tous lui doivent pourtant beaucoup.

Sans bullet journal, je n’aurais pas adopté avec autant d’aisance l’idée du carnet de travail vierge, où je consigne rétro-plannings, listes, documents, images, notes et schémas dans un ordre aléatoire.

Sans bullet journal, je n’aurais pas envisagé la pratique du flot de pensées.

Sans bullet journal (et sans avoir lu la méthode Getting things done), je n’aurais pas vu tout le potentiel de Nozbe, cette application de gestion de projets qui vous aide à ne plus vous sentir écrasé.e par vos to-do lists.

En un mot, la philosophie du bullet journal infuse totalement ma vie quotidienne.
Alors pourquoi le support lui-même, ce carnet A5 aux feuilles repositionnables, a t-il encore tant de mal à se rendre indispensable ?

LA FAUSSE PROMESSE DU TOUT-EN-1

Quand votre travail c’est de prendre et structurer des notes sur plusieurs thèmes parallèles, même si vous aimez la sensualité du papier, vous ne pouvez pas vous limiter à un seul carnet.
Vous prenez des notes ailleurs, qui obéissent à leur propre organisation, et doivent être séparées hermétiquement du tout-venant quotidien.
Une fois qu’on a adopté les carnets de travail, si on les soigne particulièrement comme moi, l’énergie nécessaire pour bichonner un bullet journal fait défaut.
Mais faut-il, au juste, bichonner un bullet journal ?

LE PIÈGE DE LA NETTETÉ

Je vous en faisais déjà l’aveu au bout de six mois, je n’utilise pas mon BuJo tous les jours. J’attends de pouvoir me « poser » avec. D’avoir un stylo noir, et pas bleu. Et aussi tous mes feutres pastels.
Je ne notais jamais quelque chose « à l’arrache » dedans, j’y recopiais ce que j’avais déjà retranscrit ailleurs, sous une forme quelconque (gribouillis sur un post-it, note dans mon iPhone…)
Pas sûr que ce soit vraiment ce que Ryder Carroll avait à l’esprit en créant la méthode bullet journal. Ce qu’il a conçu comme un cadre assez souple laissait tant de place à la créativité personnelle qu’évidemment, les fanatiques de papeterie et de gribouillage se sont engouffré.e.s dedans.

Mais j’avais négligé une chose au passage : mon bullet journal n’est pas le seul support papier que j’utilise. Et il ne peut pas être un énième hobby sur la liste déjà longue de ce que j’aime faire quand j’ai du temps libre.
En m’aidant à visualiser mes priorités et mes envies, il a vocation à accroître mon temps libre, pas à le consumer.

OUI AU CARNET COMPARTIMENTÉ

Aussi gadget semble t-elle, l’adoption d’un carnet à intercalaires et feuilles repositionnables a été l’une de mes vraies bonnes idées.
Les ratures et les ratés m’agacent, me bloquent. J’ai besoin de pouvoir changer d’avis l’air de rien. De progresser, de bonifier, de mettre au clair. Donc déplacer ou remplacer proprement une page m’est précieux.
J’ai pourtant mis, encore une fois, beaucoup de temps avant de m’approprier vraiment mon carnet, même quand j’ai troqué mon Leuchtturm 1917 contre le Filofax A5 Notebook.

J’ai tout remis à plat en début d’année… et institué de nouvelles pratiques plus épisodiques mais tout aussi chronophages que les précédentes : coller des plannings, créer des modules mensuels avec des cercles, des couleurs, des surlignages… sans percuter qu’une fois encore, mon approche manquait de spontanéité, de simplicité. Que j’avais sans cesse le « produit fini » en tête, au lieu de prioriser son usage.

Je me suis aussi entêtée à utiliser les quatre intercalaires disponibles.
Au lieu de partir de zéro pour trouver une répartition sur mesure. Là encore, égarée dans le champ des possibles.
Quatre c’était trop. Trois c’est déjà mieux.

BROUILLON / COLLECTIONS / PLANIFICATION

Voici ma dernière tentative en date, que nous baptiserons la « répartition BCP ».
B comme Brouillon.
C comme Collections.
P comme Planification.
Je l’ai mise en place il y a quelques semaines, c’est elle qui a déclenché l’envie de ce billet. Donc je n’ai pas encore le recul suffisant pour vous dire si ce sera probant ou un énième coup d’épée dans l’eau (le dernier avant abandon ?)
Mais en tout cas, elle me paraît tirer parti des enseignements de ces derniers mois.

METTRE LA PLANIFICATION AU SECOND PLAN

J’ai renoncé depuis longtemps à utiliser mon bullet journal comme un vrai calendrier. Je traite mieux les informations datées sur mon smartphone via Nozbe. Où je les définis par date, par projet, et si besoin par outil/contexte (le tout me prend quelques secondes).
Je me suis demandé si je devais renoncer totalement à mes doubles pages de priorités et d’envies mensuelles dans mon bullet journal, pour finalement les garder. Mais en les reléguant à la fin du carnet, derrière la troisième intercalaire.
Je ne me force pas, je sais qu’elles existent, si j’en éprouve le besoin je m’en sers. Mes mois de janvier à avril étaient remplis, celui de mai est resté vierge. Et celui de juin, pour l’instant, aussi.

UN BROUILLON PEUT EN CACHER DEUX AUTRES

Merci les intercalaires et les feuilles détachables, mon bullet journal s’ouvre désormais par une véritable et salutaire section « brouillon ».
Mais il y a brouillon et brouillon.
Il y a même brouillon et brouillon et brouillon, car j’en identifie 3 types :
1 – la liste factuelle
2 – la prise de notes moyenne
3 – la prise de notes longue

Une liste factuelle (par exemple, une to do list de week-end, une checklist avant un voyage, ou une liste non détaillée d’idées de posts) va typiquement se loger dans cette première section.
Idem pour la prise de notes moyenne (par exemple, quelques bribes de phrase pour un futur billet en particulier).
En revanche la prise de notes longues est toujours numérique chez moi. Soit je dicte sur mon iPhone soit je vais directement sur un traitement de texte.

Dans tous les cas, mes brouillons restent le moins mis en forme possible, sans couleurs ou jolis schémas, c’est uniquement comme ça que c’est utile.
Il faut juste se décharger le cerveau. Au besoin je m’autorise quelques flèches ou crochets pour relier des idées sur la page, mais pas davantage.

Bonus des feuilles repositionnables : je peux détacher mes listes et les afficher dans l’entrée (par exemple dans la dernière ligne droite avant un départ en voyage familial, pour nous assurer collectivement que tout est biffé).

LAISSER VIVRE (ET MOURIR) LES COLLECTIONS

C’est presque la raison d’être du bullet journal, ces inventaires à la Prévert de choses qu’on n’aurait peut-être jamais pensées à indexer.
Chez moi, autant être honnête, tout ça fonctionne rarement dans la durée.
Je ne monitore rien au quotidien, c’est acquis.
Je ne tiens pas non plus à jour la liste des séries, films ou livres que je vois ou lis.
Ni le tableau de croissance des filles.
Quand je démarre une collection sur un thème pour regrouper des infos au même endroit, arrive toujours ce moment où je me dis « en fait je m’en fous« .

Les seules collections qui marchent pour moi dans le bullet journal concernent le blog et la gestion de mes finances.
Si l’idée de tracker toutes mes dépenses a instantanément fait pschitt, j’actualise assez bien mon agenda shopping et mon journal d’épargne.
Dans les deux cas, je visualise mieux ce que j’économise et dépense. Et avec une famille qui s’est récemment agrandie, j’en tire de vrais bénéfices.

Reste à trouver une mise en forme optimale, là dessus je rame toujours. Entre le tableau basique fadasse et le graphisme canon mais encore trop chronophage pour moi, il doit bien exister un compromis.
À moi de créer le mien.
Sur mesure.

OUTIL PROSPECTIF / OUTIL RÉTROSPECTIF

Le bullet journal me sert, au fond, d’outil créatif et rétrospectif.
Je peux y rayonner autour d’une idée, d’une envie (brouillons / planification) et y documenter en temps réel certains processus (agenda shopping / journal d’épargne dans mes collections) pour en garder une trace.

En revanche si j’ai un projet en tête avec un début, un milieu et une fin, bref, une vraie articulation (par exemple, réaménager une pièce chez moi le jour où j’aurai le budget), je vais créer spontanément et directement un projet sur Nozbe dont je détaillerai et étofferai les étapes au fil de l’eau.

Idem, si je veux consulter/lire quelque chose plus tard, j’utilise Nozbe à qui j’envoie directement les mails, liens, images en question, sans même ouvrir l’appli.
Nozbe est devenu mon « outil prospectif » numéro 1.
D’ailleurs il n’y a pas d’archive dedans, le calendrier s’efface au fur et à mesure, on y est uniquement dans la prospection.

Sans ce « défaut » (un arbitrage qui n’a probablement pas été fait par hasard, ne serait-ce que pour des impératifs de stockage des données), Nozbe aurait peut-être grignoté encore davantage la laine sur le dos de mon bullet journal.
Et il n’est pas le seul.

LA CONTAGION MOLESKINE

Depuis que j’ai adopté les grands Moleskines (et leur velouté incomparable) pour documenter l’écriture de mon deuxième livre, je suis souvent tentée d’en dédier un à mon blog. Pour y consigner et visualiser davantage de choses (je ne colle aucun document dans mon bullet journal, il est petit et a vocation à le rester).

Mais ce serait – une fois encore – priver le BuJo d’une de ses prérogatives, et me créer une nouvelle habitude chronophage.
Jusqu’ici, la gestion de mon blog fonctionne très bien sans support papier dédié, dès qu’une idée se forme de manière suffisamment précise, je saute sur mon clavier. Et toutes mes ressources (images, liens) sont collectées en vrac sur l’ordi, en plus des bribes de notes que je récupère dans mon BuJo ou sur mon smartphone.

On verra si la newsletter que je lancerai à la fin du mois changera la donne. Mais de ça je vous parlerai plus en détails au moment M (pardonnez-moi d’ailleurs le mail automatique en anglais quand vous vous abonnez via le formulaire d’inscription en bas de page, tout ça est encore en chantier) car ce billet est déjà beaucoup trop, oh mon Dieu, CHRONOPHAGE.

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26 commentaires

  1. Charlotte

    mardi 18 juin 2019 à 14:47

    Je reste hermétique au Bullet Journal.
    Ca me semble être quelque chose d’extrêmement chronophage pour au final pas grand chose.
    Au boulot, c’est Outlook et cahier pour noter les choses en cours à faire.
    Et côté perso, c’est le grand méchant Google et ses outils simples et pratiques.
    C’est simple, c’est disponible à tout moment, partout et ça peut être partagé avec d’autres si besoin.
    Que demander de plus ?

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 15:47

      quels outils utilises-tu sur Google ?

  2. brunette

    mardi 18 juin 2019 à 15:02

    Le BuJo, j’ai vraiment voulu, j’ai vraiment essayé…mais je m’y suis égarée aussi.
    A la base, je voulais surtout y documenter l’avancement d’un projet perso qui, suite changement de job, sera pas mal retardé. J’ai quand même pu achever la Phase I et obtenir mon diplôme (ouaich, je suis officiellement pâtissière!). Là où je me suis faite avoir, c’est comme toi, d’avoir pensé que je n’avais qu’un seul support. Mon carnet est un filofax avec agenda, car je savais qu’un carnet vierge serait bien trop bordélique pour moi et qu’il me faudrait qqchose qui soit un minimum structuré. En 2018 il m’a permis de jalonner mon travail et mes révisions, et d’être prête en juin.

    Pour le reste des notes, alors là…je l’avais pas vu venir mais c’est un simple carnet à lignes, offert par l’Homme, qui a servi. Ce carnet, je l’avais gardé précieusement immaculé, effrayée autant par le vide de ses pages que par la stupide valeur sentimentale que j’y avais mise. J’y ai d’abord noté pas mal d’idées liées au projet mais surtout…mes recettes 😀 Le truc est aujourd’hui un grimoire, remplis d’idées, de mes tentatives ayant abouti autant à des délices que des ratages intergalactiques, des notes, des astuces, des températures de cuisson, le tout est assaisonné de taches de gras et de sirop, Bref, il est dégueulasse, et indispensable.

    1. Mrs T

      mercredi 19 juin 2019 à 10:17

      Wow, Brunette, félicitations! Un Saint-Honoré pour fêter ce diplôme?!

      1. brunette

        mercredi 19 juin 2019 à 10:37

        Merci! Pour fêter mon diplôme je suis allée me prendre une cuite mémorable et j’ai rangé mes plaques, grilles et pinceaux pendant 6 mois 😀 Je veux bien te faire un Saint-Honoré (m’en suis tapé un certain nombre pendant ma préparation), mais bizarrement le nom est celui du Saint Patron des boulangers. Le nôtre, c’est Michel!

        1. Balibulle

          mercredi 26 juin 2019 à 15:51

          Il faut inventer le Saint Michel, alors. BRAVO BRUNETTE !!!
          « Il est dégueulasse, et indispensable » = j’adore ! Et d’appeler ça un grimoire aussi…
          Du coup ton fonctionnement bi-carnets me fait penser au ProJo de Minimal.plan = un carnet de suivi de projet, structuré et un carnet de notes en vrac, les deux glissés dans la même couverture
          http://minimal-plan.com/projo-journal-de-projets/

          1. Brunette

            mercredi 26 juin 2019 à 22:07

            Oui!!!!! Mais 1 an trop tard pour moi
            Comme je le disais j’ai changé de taff et mon projet a moi est décalé, mais ce nouveau job a sa propre organisation et ses rouages à mettre en place. Je réfléchis à mes nouveaux besoins.

  3. Axelle

    mardi 18 juin 2019 à 18:07

    Super intéressant de lire ton cheminement face au bullet journal. Je m’y accroche aussi malgré l’évolution de mes pratiques (je me retrouve dans tes reflexions sur l’impossibilité de tout combiner en un seul outil – dommage !). Mais comme il m’arrive régulierement de tomber en panne de batterie de portable, le bullet me sert de pense-bête que j’emmene partout avec un tas d’informations accessibles très facilement (numéros de carte d’identité de toute la famille, horaires de la bibliothèque, numéros de téléphone de l’école, des collègues, etc). Il accueille aussi quelques documents « en attente » dans les petites poches, cela m’évite de les perdre…. J’ai progressivement abandonné la partie « créative » mais gardé la to-do list hebdomadaire – divisée coté professionnel et coté personnel que j’ouvre tous les deux jours environ. Je vais aussi passer aux pages repositionnables pour les mêmes raisons que toi. Et j’aime aussi la double page de l’agenda annuel qui me donne une vue d’ensemble sur les grandes dates à venir (vacances, evenements pro ou perso, anniversaires), ce que je ne retrouve pas avec mon agenda google. Bref, cela reste pour moi toujours un outil unique et indispensable au quotidien 🙂

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 15:52

      Ton organisation fait gravement envie !!
      Moi qui étais persuadée de ne pas avoir besoin d’une double page annuelle (je n’arrive pas à noter quoi que ce soit dans de petites cases) je commence à douter… (douter = réflexe quotidien du bulletjournalist)
      Mais j’en arrive à la même conclusion que toi, tout combiner en un seul outil, c’est probablement une chimère

  4. Anonyme

    mardi 18 juin 2019 à 22:19

    Pour le Bujo, j’en étais sûr (cf mon 1er com sur la question).

    Pour le reste, essaie de laisser de la place à la spontanéité et à l’improvisation, ainsi qu’une petite porte ouverte au hasard dans ton quotidien, tu m’en remercieras…

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 15:56

      Je peux te garantir que le hasard et l’improvisation passent leur temps à s’inviter dans le quotidien d’une mère de famille haha !
      Entre temps mon post d’aujourd’hui sur la mémoire a dû t’éclairer, noter c’est avant tout une béquille contre la distraction. Chez moi c’est indispensable pour englober et hiérarchiser les envies et priorités.

  5. Ema

    mardi 18 juin 2019 à 22:33

    Je ne comprends rien ! Ça parle très certainement à d’autres mais j’ai l’impression d’avoir lu du chinois. Ça m’inM

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 15:57

      Ah oui le bullet journal c’est une secte, je te confirme

  6. Anaïs

    mardi 18 juin 2019 à 22:54

    Quel plaisir de te (re)lire ! Je prends toujours autant de plaisir à lire tes posts et je suis ravie d’avoir des articles régulièrement. Continue ! (à te poser plein de questions et à nous partager tes cheminements) J’adore !

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 15:57

      Coucou Anaïs un grand merci à toi ! Plaisir partagé 🙂

  7. Zyfza

    mardi 18 juin 2019 à 23:04

    Waouh, je suis très impressionnée par ta volonté d’organiser, de clarifier etc. J’ai découvert le bullet journal grâce à toi et je t’en dis mille fois merci ! J’en ai retenu le côté tout en un et j’y fais cohabiter toute ma vie sans souci de mise en forme sauf le calendrier à gauche et l’organisation par mois. Je souligne ou j’encadre en couleur de tps en tps. Je gribouille un peu, invente parfois un nouveau thème pour une double page tout cela l’un à la suite de l’autre et je trouve extrêmement réconfortant de savoir que TOUT est là sur mon bureau à la maison. Cela m’a même permis de retrouver l’occasion à laquelle je me suis fait flasher à 87kmh… Sinon j’allais protester que je n’avais jamais mis les pneus de ce côté mais après vérification de la date ds mon bujo, ben si, c’était la fois où je suis allée dans les Vosges avec ma copine Monique ! Perso cela correspond à mon esprit foutraque et m’aide à m’organiser et à ne (presque) plus rien oublier, je me vois bien désormais vieillir en alignant mes bujo sur mon étagère et en les relisant de temps en temps comme on le ferait d’un journal intime.

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 16:00

      Énorme, l’anecdote du flash !! Et oui, merveilleuse perspective d’avenir, le BuJo est un support mémoriel inouï… Ravie d’avoir pu contribuer ! Depuis quand l’utilises-tu du coup ?

  8. Mrs T

    mercredi 19 juin 2019 à 10:33

    C’est totalement fascinant, pour moi, de voir comment les uns et les autres, nous nous débrouillons pour y voir clair dans notre temps, nos obligations, nos envies, nos idées, etc.
    Je n’ai jamais été tentée par le BuJo à proprement parler, parce que je me suis rendu compte que tout système, même flexible, que j’importais était voué à l’échec : je me serais regardée essayer de tenir un BuJo bien comme il faut, ça aurait fini, un peu comme toi, par me bouffer beaucoup trop de bande passante, du coup, c’est contre-productif pour moi.
    Le secret de mon éblouissante réussite (wharf wharf) sur tout ce qui est maîtrise du temps et des projets différents qu’impose le statut de freelance, c’est, attention … avoir renoncé à deux choses que je croyais pourtant primordiales : 1/ la joliesse et 2/l’outil tout en un idéal et exhaustif.
    Hors de question quoi qu’il arrive pour moi de tenir un journal un tant soit peu intime au même endroit qu’un agenda ou des notes ou des listes, donc je continue à écrire « pour mes yeux only » dans des cahiers séparés, comme je l’ai toujours fait. C’est d’ailleurs l’autre point qui me fâche par principe avec le BuJo : si c’est un journal intime, je ne veux pas que cela soit autre chose (je suis une diariste très souple…).
    J’ai aussi arrêté l’agenda papier avec page vierge à droite : trop de notes au final. Du coup, j’ai un tout petit agenda papier, un journal « intime » et un carnet de bord. A5, mais j’envisage le A4 (ou le A5 américain, parfait), avec ou sans lignes, ça dépend (mais il me faut des lignes larges, rapport à ma claustrophobie de la page) : je finis en ce moment mon stock de jolis cahiers avant d’en racheter (je suis Pierre Rabhi).
    Et je note TOUT comme ça me vient, en datant et avec moult chapeaux pas très glam mais totalement efficaces du genre (truc dont il faut que je me souvienne pour tel projet ; série qu’elle a l’air bien ; livre recommandé par machine sur tel sujet ; voc relatif à telle trad, etc.). Je change de couleur de stylo éventuellement, mais souvent un bon coup de stabylo sur l’en-tête et bam, je vois ce que je voulais dire quand j’y retourne. Quand le cahier est fini, je passe au suivant, en regardant s’il y a des choses à reporter. Du coup, c’est assez moche et ça a l’air foutraque, mais ça remplit totalement son office : je m’y retrouve! Mais je ne te cache pas que cela m’a un peu coûté de renoncer au fantasme de l’organisation efficace ET jolie.

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 16:03

      « Renoncer à deux choses que je croyais pourtant primordiales : 1/ la joliesse et 2/l’outil tout en un idéal et exhaustif. »
      Je me retrouve tellement dans ce constat !
      C’est quoi le format A5 américain ?
      Et j’adore ton système d’en tête (faudra que tu me montres), moi je consacre systématiquement une page à chaque idée arrivant dans le BuJo, c’est peut-être là (aussi) que je me plante

  9. Jane B. Root

    mercredi 19 juin 2019 à 11:52

    J’ai trouvé ma façon de fonctionner 🙂 Et ça marche depuis plus d’un an et je cumule pourtant 2 jobs très différents avec une activité 7/7.

    – 1 carnet Leuchtturm (« Phare » en allemand ça ne s’invente pas) format 90/150 (ça se glisse dans mon grand cartable) pour le planning annuel et les plannings mensuels, exactement copiés sur le modèle original de Ryder Caroll
    – + l’application Aide mémoire sous Mac sur mon ordi pour l’organisation quotidienne : 7 post it soit 1 par jour pour organiser ma semaine avec des codes couleur pour les polices (pour job 1 c’est écrit en bleu – job 2 en vert – perso en noir – RV hyper hyper importants genre proctologue en rouge et gras avec les mêmes codes que Ryder C.)

    Principe : à la fin de la journée le post it DOIT ETRE VIDE (= orgasme organisationnel journalier !) J’organise la semaine suivante le dimanche soir sur les post it (rituel)

    Pas de dessin, gimmicks et autres listes ou poneys à unique corne qui pètent des paillettes…

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 16:04

      J’adore !!
      Du coup ça implique de te connecter systématiquement à l’ordi pour tenir à jour tes post-it ou ça marche aussi sur smartphone ?

  10. violette.b

    jeudi 20 juin 2019 à 13:15

    Balibulle , et les autres je suis fascinée par cette obsession de l’organisation et de l’optimisation , je n’ai sans doute pas assez rempli ma vie pour ressentir ce besoin qui semble vital du cahier , puis du tableau , plus la liste ,plus les notes , l’agenda , le planning , le post it…
    Physiquement je suis une bordélique , reine de l’empilage en strates , je ne sais me retrouver que dans mes propres méandres , par contre dans ma tête c’est rangé , ordonné , logique .
    L’age venant j’ai un agenda sur mon tel , un carnet de notes décousues ( mais c’est comme cela que je les retrouvent ) sur le tel aussi.
    Plus je catégorise moins je range , au travail je suis salariée c’est pareil , cela m’oblige au final à réfléchir à une très grande simplicité.

    Parfois je pars avec la jupe marron et les chaussures violettes , faute d’avoir trouvé assez vite la jupe noire et les chaussures noires …cela m’oblige à m’adapter et à faire avec ….l’inverse d ‘une partie de moi qui aime tout maîtriser ( je suis un paradoxe)

    Par contre j’adore lire ces post intelligents qui intellectualisent le rangement , classement , cela m’enrichit beaucoup et me fait cogiter et cela me distrait de mon désordre ( rire )

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 16:09

      Nous sommes les exactes opposées : moi c’est ordre apparent et tête en bordel. Comme s’il fallait l’un pour contrebalancer l’autre au fond ?
      « Plus je catégorie moins je range », au sens où tu ne respectes pas la maxime « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place ? »

  11. Cécile

    mardi 25 juin 2019 à 10:18

    J’ai un bujo depuis 3 ans maintenant (que pour ma vie perso), et j’ai accepté son coté anarchique, en dépit de l’idée de départ :
    Je crée un agenda pour 12 mois sur les premieres pages (une page par mois), où je note les rdv.
    Puis plein de listes à la suite, que je reporte quand cela devient trop brouillon, illisible, raturé, ou que je veux remettre mes idées dans l’ordre.
    Une double page agenda pour les semaines particulièrement chargées pour mieux m’y retrouver.
    Et surtout, beaucoup beaucoup de ratures, des stylos différents, des traits à l’arrache et sans règle, et le droit d’écrire ce que je veux où je veux.
    En gros, c’est un instrument centralisateur mais aussi un espace de lâcher prise, où la seule chose qui compte, c’est que l’info existe, et régulièrement je feuillette pour faire le point avec moi-même…

    1. Balibulle

      mercredi 26 juin 2019 à 16:16

      « un espace de lâcher prise, où la seule chose qui compte, c’est que l’info existe, et régulièrement je feuillette pour faire le point avec moi-même… » en fait je crois que tu as mis le doigt sur le mot-clef. Ne pas oublier le lâcher prise ! Ça devrait être le mot d’ordre du Bullet Journal et on s’en égare trop vite, grisé.e.s par les potentialités infinies de l’outil.

  12. Bien plus qu'un maillot | Balibulle

    jeudi 18 juillet 2019 à 11:31

    […] mon corps me serine « Tu t’laisses aller« . Et mon hygiène de vie est un de ces projets non datés que je procrastine depuis […]

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