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Dix déclics qui m’ont simplifié la vie (vestimentaire)

jupe_cuir_mariniere

Je vous vois sourire d’ici.
La fille qui a le culot d’expliquer comment elle gagne du temps alors qu’elle n’a même plus celui de poster.

Je sais.

Disons que le temps que je gagne, je le passe en famille.
Et que plus on passe de temps en famille, plus on a de chances de s’autoriser, un jour, de s’éclipser pour écrire un billet…
Ça fait sens ?

1 // M’OFFRIR UNE JUPE EN CUIR
De bon matin quand j’en ai marre d’enfiler mécaniquement un de mes deux flares brut (le « Jiselle » de 7 For All Mankind et le « 1969 stretch flare » de Gap) je bifurque vers la mini en cuir.
Marinière, chemise piquée à l’homme, elle autorise beaucoup de hauts larges et confortables.
La mienne ci-dessus vient de chez Marc O’Polo, je l’ai commandée il y a un an chez Zalando alors que j’étais à… 8 et demi mois de grossesse.
J’y ai mis le prix, en profitant des soldes, pour qu’elle soit de bonne qualité, avec une coupe trapèze classique ni trop courte ni trop longue, et j’ai croisé les doigts pour qu’elle m’aille le moment venu. BINGO.
Je la porte avec des collants quasi opaques, et mes biker boots Zara ou mes UGG.

2 // AVOIR LES CHEVEUX LONGS
J’admets que ça ne ressemble plus à grand chose.
Mais comme on ne peut pas être au taquet sur tous les fronts (haha), j’ai décidé de minimiser le budget-temps capillaire jusqu’à nouvel ordre.
Une chignasse post-shampooing, pas de sèche-cheveux, affaire classée.

3// RÉDUIRE LE MAQUILLAGE
Pas sur la figure, hein. Je n’ai pas renoncé – en dehors des jours d’autarcie antisociale à la maison – à mon smoky matinal.
Mais avoir moins de maquillage dans mon placard, oui !
Ce qui rallongeait la routine matinale, c’était de papillonner entre mes différents fards à paupière, crayons, blushes…
J’ai fini par faire un énième tri dans mon trop, et désormais je garde à portée de main une seule palette fétiche, un seul khôl, un seul blush.
Et quand j’ai l’envie et le temps de changer, je pioche dans ma réserve – réduite et stockée dans un autre placard de la salle de bains – de quoi varier les plaisirs.
Beaucoup plus rapide au quotidien et pas frustrant pour autant.

4// DÉGRAISSER MON PINTEREST
Aaaah Pinterest et moi… un vrai feuilleton !
ÉPISODE 1 : je n’y comprends rien, je trouve Tumblr vachement plus pratique parce que ça centralise tout, donne une vraie vue d’ensemble.
ÉPISODE 2 : ça y est, j’ai chopé le truc, c’est l’euphorie du pin, j’épingle dans tous les sens, je multiplie les tableaux, et je ferme mon Tumblr.
ÉPISODE 3 : trop de tableaux tue l’inspiration, je me perds dans mon propre univers, ça manque de tri, je n’ai plus ce petit frisson de plaisir en y allant.
ÉPISODE 4 : un soir de folie, je dégage les 3/4 de mes épingles et de mes tableaux en deux grosses heures. Au fond j’en attends quoi de l’outil, aujourd’hui ?
=> Ce qui inspire et peut impacter directement ma propre garde-robe
=> Ce que je trouve élégant et intemporel (les brèves de Tendances de Mode sont un vivier inépuisable)
=> Je garde en sus un tableau pour les accessoires, un autre pour les associations de couleurs, un dernier pour les marinières, et on y est.

5// ACHETER DES FLACONS PLUTÔT QUE DES POTS
Ça a l’air complètement con (ou complètement évident ?) mais c’est ma révélation beauté de ces derniers mois.
Gain de temps de ne plus visser/dévisser un pot de crème.
Gain tout court de mettre enfin la bonne dose à chaque fois, ni trop, ni trop peu.
Ma crème pour le corps, mon eau micellaire et mon sérum du soir étaient déjà en flacon pompe, maintenant mes actuels soins jour pour le visage le sont aussi, ici et .
Je ne reviendrai plus en arrière (savoir clamer haut et fort ses convictions).

6// ARRÊTER LA PRESSE FÉMININE
Oui, pas très confraternel de la part d’une journaliste…
Mais quand vous passez déjà douze heures par jour dans ce monde-là, la tête dans la presse, futile ou non… eh bien quand vous avez par miracle une heure de calme rien qu’à vous, c’est un bouquin que vous ouvrez.
Pour toutes les raisons évidentes que vous imaginez, mais aussi parce que, comment dire ça… un livre est moins « bruyant » qu’un magazine (vous voyez ce que je veux dire ou je débloque complet ? Cette sensation de « bruit » autour de vous quand vous lisez un magazine, toutes ces « voix » qui vous parlent ?) (oui ça y est, on a perdu Bali).
Bref la presse c’est mon job, mais ça n’est plus mon loisir en ce moment.
C’est probablement un cycle, mais j’ai besoin d’autre chose.
Ma prose professionnelle s’en porte encore mieux, à force de me nourrir de celle des autres.
Et mon porte-monnaie aussi. Je rate sûrement de belles idées de looks et de déco, mais je crois qu’au fond, je préfère me balader sur Pinterest et certains blogs pour ça.

7// ABUSER DES MARINIÈRES
Alerte chiante, oui c’est facile, trop vu, trop tout, une marinière. Mais tant pis.
Je trouve que ça donne bonne mine et que ça assure en toutes circonstances. Maison/boulot, habillé/relax.
C’est donc la seule exception à ma grande épuration Pinterest, j’ai gardé un tableau dédié aux marinières (ou plus précisément, aux rayures façon marinière), pour garder l’inspiration fertile sur ce terrain-là (et je continue de consulter régulièrement ce Tumblr).

8// PLACER DES KITS DE SECOURS À DES ENDROITS STRATÉGIQUES
Un long titre pour une idée toute simple.
=> Si je suis en retard le matin, je fais juste le teint dans la salle de bain (fond de teint, anti-cernes, base paupières, blush) et je termine le reste dans l’entrée / la voiture. J’ai un fard à paupières de secours, un pinceau et un mini-khôl dans un tiroir Muji transparent tout prêt que j’attrape au vol avec mon mascara (pour le mascara, pas de tube de secours, sinon il sècherait trop vite).
=> J’ai abandonné les mini-vapos et installé un flacon de parfum dans mon tiroir au bureau.
=> Mon baume à lèvres est toujours dans mon sac et idem, j’utilise un seul tube à la fois (j’ai jeté tous les autres, périmés de toute façon).
=> Enfin sur l’étagère au-dessus de mes manteaux, j’ai entreposé un bac transparent (Casto) dans lequel je dépose tout ce qui encombre/transite dans mon sac à main. Il est à hauteur d’yeux et je vois au travers. Ça m’évite de tout re-ranger en permanence, et/ou de devoir chercher les trucs aux quatre coins de la maison.

9// ÉLIRE DE BONS BASIQUES POUR LES DESSOUS
Après un tri impitoyable rayon sous-vêtements, j’ai identifié le bon modèle…
de culottes (American Apparel)
de body opaque (Wolford)
de nuisettes (American Apparel)
de collants (Wolford)
de chaussettes (Muji)
de legging (Wolford)
mais aussi d’élastique à cheveux, ni trop souple ni trop raide (Monoprix)…
Des basiques fiables, confortables, dans lesquels je me sens bien, et qui tiennent parfois des années, malgré plusieurs lessives par semaine.
Plus de recherches à faire quand le besoin s’en fait sentir, je sais où faire mon réassort (et ça n’empêche pas de porter des coquetteries en dentelle aussi).

10// AVOIR EN TOUTES SAISONS UNE PARKA À GRANDES POCHES
Le meilleur kit mains libres de la jeune maman (je me répète, je sais).
J’ai la noire d’hiver, la caramel de demi-saison et la kaki légère pour les beaux jours.
Toutes les trois sont si parfaitement compatibles avec mon mode de vie et ma garde-robe qu’elles battent des records de cost-per-wear : 15,11 € pour la Woolrich (le plus gros investissement de mon placard), 6,14 € pour la Sézane, 1,21 € pour la Topshop.

Cette année j’ai quitté mon statut de locataire à Paris, pour devenir propriétaire en banlieue.

Et ça m’amuse beaucoup de voir à quel point ce cheminement-là résonne avec ma garde-robe. Comme si j’avais été locataire d’un certain style, influencé par « Paris », ce que ça symbolise d’envies, d’émulation, de fantaisie, de tentatives (et mon à-propos, qu’il faut vraiment que je mette à jour, symbolise parfaitement cet état d’esprit).
Et maintenant, alors que je suis allée m’établir dans la ville où j’ai grandi, près de ma famille, j’ai l’impression de devenir petit à petit « propriétaire » de mon style.
D’entendre vraiment ce que ma vie avait à me dire sur mes vêtements.

J’ai d’abord cru, retour de grossesse et kilos aidant, que je ne m’habillais pas vraiment comme je voulais. Avant de me rendre compte que c’est, au fond, précisément l’inverse.

Pour la première fois depuis longtemps, je m’habille vraiment comme je veux.
Soustraite aux déguisements et aux messages parasites.
Je ne peux littéralement plus me glisser dans quelque chose d’inadapté donc je suis obligée de m’écouter.
Le début d’une aventure passionnante.