ModeGarde-robe capsule et tri

Perdre les eaux et chercher son style

Fashion bingo du moment dans ma garde-robe :
jupe imprimée COMPTOIR DES COTONNIERS
chemise et blouses CYRILLUS
imperméable BODEN
pantalon bordeaux COMPTOIR DES COTONNIERS
pantalon gris CAROLL
derbies SARENZA
combinaison MONOPRIX
   

Ayons aujourd’hui une pensée émue pour ces femmes – on en connaît toutes une – qui sont “sorties de la maternité dans leur jean”.

Car elles ne connaîtront pas le privilège des autres parturientes, surtout celles qui n’en sont pas à leur premier accouchement : rentrer chez elles et devoir se refaire intégralement une garde-robe.

Fringues informes et fatiguées. Jouxtant une armée chatoyante de robes, vestes, blouses, jupes et pantalons aussi désirables qu’impossibles à enfiler. Ou qui ne tombent plus aussi bien qu’avant, la faute aux hanches en plus et aux seins en moins (ou aux seins en plus, pas pratique non plus). 

Déprimant ? Non.

Tout ceci est un message du Grand Cosmos pour vous dire, jeunes mamans, femmes mutantes, RÉINVENTEZ-VOUS.

A l’heure où je vous écris, huit semaines après avoir donné naissance à Anouk, j’ai encore une quinzaine de kilos de grossesse bien accrochés, tous bébés confondus. Ce sont des mois, des années de rééquilibrage alimentaire qui me séparent d’une grande partie de ma garde-robe.

Mais je ne compte pas me morfondre d’ici là. Ni raser les murs dans des fringues qui ne me donnent pas le sourire. 

Chaque étape de notre vie mérite d’être bien sapée.
Alors n’attendons pas de pouvoir “re-rentrer dans notre jean” pour être heureuses de nous habiller.
Dans le tunnel de fatigue et de désorganisation totales qui accompagnent un accouchement, le vêtement – le soin apporté à son choix, le plaisir de se sentir bien dedans – peut être source d’énergie. 

ON EFFACE TOUT ET ON RECOMMENCE

Ce corps étrange et étranger qui est le nôtre pendant les mois suivant une naissance est un animal à apprivoiser. Et un beau challenge. Car rares sont les grands chambardements de l’existence qui nous incitent à repartir de zéro.

Quand on quitte un corps androgyne pour des courbes plus féminines, ou qu’au contraire, on voit s’effacer sa taille en sablier, c’est le moment de renverser la table. De lâcher ses automatismes. D’oser, pourquoi pas, ce qu’on n’aurait jamais osé.

TROUVER SES SILHOUETTES CLEFS

Vous voulez flouter une taille un peu épaissie ? À vous les tops peplum, à basques, les hauts blousants ou les tuniques fluides qui s’arrêtent sous les hanches. Mais avec ça, vous n’avez fait que 50% du boulot.

Trouver ses silhouettes clefs, c’est jauger les proportions qui nous valorisent de la tête aux pieds. C’est partir à la découverte de longueurs et de volumes inédits. Et parfois, si, si, de lignes ajustées. 

Parce qu’à un moment donné, il faut arrêter de se planquer.

Jupe crayon ou pantalon à pinces, combinaison ou robe midi… Je n’ai jamais été aussi agréablement surprise, ces dernières semaines, que par ces “vêtements pièges” que je pensais réservés à d’autres morphologies que la mienne.

Deux looks de septembre :
Blouse fleurie « Dalila » / CAROLL (2017)

Pantalon rayé / ZARA (2017)
Nu-pieds « Epicure » / K JACQUES
Combinaison imprimée / MONOPRIX 
Blazer bleu marine sur mesure
Boots vernies « Darcie » / DR. MARTENS

Alors non, je ne ferai jamais croire à personne que je fais du 38 dans un pantalon à pinces, mais ce qu’il n’envoie pas sur le plan pondéral, il l’envoie en terme de dégaine, d’allure.
Surtout s’il est bordeaux, et marié à un top émeraude. Ou à une chemise à motif cigognes et une ceinture bicolore.
Ou bien s’il est rayé et couplé à une blouse fleurie lumineuse. 

S’amuser avec les couleurs, les imprimés, les jolies coupes.
Ne pas se fixer comme condition sine qua non d’avoir « l’air aminci » en permanence.
Préférer avoir l’air soigné, net. 
Chaque journée démarrée dans cette netteté commence du bon pied.

Quelques envies de rentrée : 
combinaison lie-de-vin MONOPRIX 
derbies bordeaux/or SARENZA
derbies vert/prince de Galles SARENZA 
manteau léger à manches volantées / GP & J BAKER x H&M (déjà commandé !)

IDENTIFIER L’ENNEMI

Je ne suis pas en train de vous dire que tout est rose au royaume du ventre mou, hein. 
On a déjà évoqué ce problème ensemble
Je prêche juste pour un certain degré d’auto-bienveillance.
Souligner une taille marquée même si elle n’est pas très fine (par exemple dans une jupe taille haute à l’étoffe un peu épaisse). 
Mais éviter les vêtements qui ne maintiennent pas bien cette zone, comme ces jeans et pantalons taille haute à « l’effet brioche » garanti entre le nombril et le pubis (ça devient tendancieux, ce post). 
 
ACCEPTER LES CONSEILS 

C’est l’histoire d’une petite robe noire que je n’aurais jamais repérée au stock Gérard Darel près de chez moi, sans l’oeil avisé de la vendeuse.

On est début septembre, j’ai accouché depuis un mois et je suis occupée à chercher une robe midi imprimée, par automatisme. Les essayages s’enchaînent, chez Pablo tout est court et chez Darel tout est terne. En cabine, ma bonne humeur commence à en prendre un coup.

Jusqu’à ce que la vendeuse m’apporte une robe noire, fluide, à col rond et manches pagode. A première vue, d’un classicisme à faire bâiller. J’ai failli ne pas l’essayer.

C’était ce qui m’allait le mieux.

(pardon my dressing)
Robe « Nacelle » GÉRARD DAREL (2017), dispo en bordeaux ici
Bottes à sangles « Net » FIORENTINI + BAKER 

Moralité : ne pas snober les évidences (« Une petite robe noire ? Pfff, boring… ») et mettre de côté, pour un temps, le “je sais ce qui me va, merci”.

Après une grossesse, non, on ne sait pas toujours.

Et un oeil extérieur peut parfois se révéler utile.

Même si vous faites partie comme moi de ces clientes qui n’aiment pas être conseillées en boutiques. Ça n’empêche pas de garder sa lucidité. Comme quand la vendeuse m’incitait à prendre ladite robe une taille en dessous, en tablant sur mon amaigrissement à court terme.
C’est gentil mais non merci. Je veux une robe qui m’aille tout de suite

FAIRE LE POINT RÉGULIÈREMENT

Une garde-robe post-grossesse s’adapte à un corps mouvant, en chantier. Et se trouve donc elle-même en chantier perpétuel.

Le bon ratio ? 7 tenues, une par jour de la semaine, 5 “formelles” (suivant le degré de sophistication qui est le vôtre) et 2 décontractées.

Pour que cette capsule soit toujours opérationnelle, faites des essayages réguliers, pour ne pas vous retrouver démunie d’un coup.
D’autant qu’il ne faut lâcher sur rien, le moindre vêtement plombant (trop serré, trop raide, trop court, trop abîmé) doit sortir du périmètre. Mieux vaut garder une sélection restreinte mais 100% feel good.

Vous pouvez, pourquoi pas, sortir votre capsule quelques heures sur un portant (phrase surréaliste), ça aide à visualiser, à trouver des associations nouvelles aussi.

RECYCLER, TRANSFORMER

Ça y est, j’ai dit adieu à mes petites robes noires Asos, tuées à la tâche et qui ont encore fait le job quelques semaines après mon accouchement.

Mais ça ne m’a pas empêchée de recycler d’autres vêtements de grossesse.  

Cette robe bordeaux, par exemple. Associée à des leggings, elle s’acoquine très bien en ce moment avec un perfecto en cuir noir et des baskets noires montantes (mes vieilles Isabel Marant) (oui je les porte toujours !). Peut aussi accompagner le mouvement et le volume d’un trench fluide ou se transformer en top drapé, une fois glissée dans une jupe. 

Le caftan à imprimé végétal acheté cet été chez Monoprix ? Il fait la blague sous un blazer anthracite bien coupé

L’ÉQUATION DE LA GAGNE 

Vous aurez noté le point commun entre ces tenues précitées : à même la peau, privilégier une pièce floue (robe ou tunique fluide, caftan léger ou blouse aérienne…) puis donner de la structure en ajoutant une pièce qui « cadre » par dessus (perfecto / trench / blazer). En profitant à fond de l’automne, parfait pour ce type de superpositions.

Pour moi, c’est la vraie bonne option. Alors que porter un gros pull sur une de mes longues robes imprimées serait une probable banqueroute esthétique (j’ose même pas essayer). 

Oh et puis merde SI, J’ESSAIERAI.
Même avec 0,1% de chance que ça m’aille. Parce que c’est ça la morale de l’histoire. ES-SA-YER. 

Congé mat’, tranquillou, pendant la sieste, personne ne vous regarde, même si c’est raté, une idée en amenant une autre ça peut réveiller un truc, de fil en aiguille, une autre piste, un autre look… Vous verrez, vous me direz, j’en prends le pari.

Essayer c’est gagner.