ModeGarde-robe capsule et tri

Mon sac d’adulte


Il m’aura fallu vingt ans et une seule rentrée scolaire pour m’offrir enfin un « sac d’adulte ».

Par « adulte », j’entends tout ce que cet âge de la vie symbolise à mes yeux : prioriser / hiérarchiser / arbitrer.

Et donc avoir un PETIT SAC.
Et plus exactement un PETIT SAC RIGIDE.

Celui qui vous oblige à prendre des décisions.
À basculer du sac « champ des possibles » au sac « strict nécessaire ». 
À décider de ce que ce « strict nécessaire » inclut pour vous.
Et à le ranger.

AVANT

Jusqu’ici, j’avais choisi mon camp.

Certain.e.s s’en souviennent peut-être, j’y avais même consacré un paragraphe de ma « no buy list » en 2016, un an après la naissance de ma fille aînée, Ève : « utiliser un petit sac me demande trop de réflexion, d’arbitrages, de temps (…) La vie avec un petit sac à main, ce n’est pas une éducation, un raffinement qui s’apprend. C’est une nature. C’est la vôtre ou ça ne l’est pas. Pourquoi contrarier la mienne ? Bien avant d’avoir un enfant, je privilégiais déjà naturellement de grands volumes », écrivais-je alors.

Que s’est-il passé, deux ans plus tard, pour que je me dédise à ce point ? 
La première rentrée scolaire d’Ève.

LE DÉCLIC

Ce rendez-vous de 8h30 à l’école maternelle, quatre matins par semaine. Comme il fait bouger les lignes… 
Ajoutez-y un congé mat et un été indien, et vous obtenez deux constats chez moi : 
1) inutile de trimballer ma vie entière dans un grand sac mou, comme j’en avais l’habitude jusqu’ici quand je déposais Ève chez sa nounou avant de filer au travail. 
2) quand il faisait encore 25 degrés, pas de manteau ni de poches suffisamment grandes pour y stocker clefs, portable et portefeuille. J’avais donc bel et bien besoin d’un petit sac.

LA MONTÉE EN PUISSANCE

Les premières semaines, je me suis d’abord contentée de mon tote bag, le Cyrillus x CSAO avec lequel j’avais déjà passé tout l’été.


Tote bag en tissu wax / CYRILLUS x CSAO


Puis l’automne, le vrai, est arrivé et avec lui, l’envie de laisser le tissu souple et fleuri au placard jusqu’au printemps, pour lui substituer quelque chose de plus structuré.

Ma pochette Eastpak ultra-light à bandoulière, celle que je prends (et garde contre moi) quand je voyage, n’était pas taillée pour le job.

Parce que je ne fais pas partie des mamans qui déboulent tirées à quatre épingles dans le couloir des petites sections, il fallait – d’autant plus – un joli sac. Pour me procurer un peu de « self-maintenance » matinale.
(Mon credo là-dessus : un beau manteau et un beau sac font 50% du boulot pour vous)
Et voilà comment j’ai sauté le pas.

RÉCOLTER LES GRAINES SEMÉES DEPUIS QUATRE ANS

Si vous me suivez sur Instagram, vous l’avez déjà vu porté.
J’ai trouvé mon nouveau compagnon chez & Other Stories. Un petit sac rigide, compartimenté, VERT.

Pourquoi cette couleur ? Rappelez-vous ce post intitulé « Cost-per-vert ».

Une véritable démonstration par The Fashion Guitar de la pertinence absolue du Petit Sac Rigide Vert.


Charlotte Groeneveld for ever


Pas besoin de vendre un bras pour m’offrir un Proenza Schouler comme elle. D’autant que je préfère désormais les sacs zippés sur le dessus, plus rapides à ouvrir, plutôt que les fermetures à rabat comme celle du PS11.

Le « Duo Zipper » d’& Other Stories avait tout ce que je recherchais.


Sac à double zip et bandoulière / & OTHER STORIES


Un look « business » rendu atypique par son petit format, et qui promettait de bien vieillir, à l’abri des tendances.
Des compartiments.
Un joli vert.
Il ne lui manquait qu’une bandoulière suffisamment longue pour le porter au niveau de la hanche.
Je l’ai remplacée par celle d’un autre sac.

Elle est noire, la sangle glisse un peu dans sa boucle de réglage et finit toujours au max de sa longueur au fil de la journée, mais ça passe en attendant d’en trouver une plus jolie (et pourquoi pas contrastée, j’aime bien les modèles rayés).


Par tous les temps (et par Toutatis)


LE STRICT NÉCESSAIRE, DONC ?

° Portefeuille
° Smartphone
° Clefs de la voiture et de la maison
° Mini-carnet de brouillon pour relayer mon bullet journal
° Un stylo-bille noir et un Stabilo pastel
° Lunettes et leur étui si je dois conduire plus de dix minutes (= myopie).  
=> Le voilà, mon strict nécessaire.

Oui, avec deux enfants. 

Parce qu’avec le temps, il est devenu plus évident pour moi de sanctuariser mes affaires, en les séparant de celles des filles.
Ève est suffisamment grande pour avoir son petit sac à dos.
Le grand sac à langer d’Anouk se loge sous la poussette (problèmes de dos aidant, je ne suis définitivement pas faite pour le porte-bébé) et dans le coffre de la voiture.
Moi, je garde mes affaires à moi toujours à portée de main.

Et puis c’est comme les courses au supermarché.
Mieux vaut multiplier les sacs et les répartir, plutôt que de soulever une seule enclume (surtout que l’enclume je l’ai déjà, celle du cosy/siège auto).

DU FANTASME À LA RÉALITÉ


Est-ce qu’un beau jour, parce qu’on ressent le besoin de faire évoluer son organisation, tout est fluide tout de suite ?
Non, bien sûr.

Le « quoi mettre où » est assez évident, grâce à la conception simple et efficace du sac.  
Le smartphone dans la petite poche avant.
Le portefeuille, les clefs et l’étui à lunettes dans la plus grande poche.
Le carnet, le stylo, le Stabilo et les éventuelles feuilles volantes dans la poche arrière, large et fine.


Sac à double zip en cuir vert / & OTHER STORIES


Pourtant mon cerveau, habitué depuis vingt ans à tout flanquer dans un même trou béant (vous me passerez l’expression), a encore besoin d’entraînement pour s’acclimater à ces trois destinations possibles, et viser direct dans la bonne poche.
Oui c’est ridicule, je sais.
Mais autant écrire ce billet sincèrement.

Donc voilà, je me plante encore souvent de poche, et je passe aussi pas mal de temps à courir chez moi après le fameux petit carnet de brouillon pour toujours le remettre dans le sac (ne pas laisser filer la moindre idée sans l’écrire, bénéfice de la lecture de « Getting Things Done », je vous promets qu’on y reviendra).

Problème de carnet qui sera probablement réglé au mois de janvier, quand je switcherai sur un Bullet Journal moins épais, le Filofax Notebook A5, et pourrai le glisser systématiquement dans mon sac à main.

Mon Bullet Journal actuel, le Leuchtturm 1917, passe déjà dedans (la poche arrière est justement au format A5), mais avec ses 250 pages, il est assez épais donc difficile à rentrer/sortir.

ALORS, HEUREUSE ?

Tellement.

L’essentiel est déjà là.
IL NE ME MANQUE RIEN, quand je pars avec ce sac et ce qu’il contient. 

Je sais ce que vous allez me dire : où tu ranges ton bouquin en cours ? Et ta bouteille d’eau ?

=> La bouteille d’eau reste dans la poussette ou dans la voiture.  

=> Pour l’instant, mes moments de lecture se déroulent plus souvent à domicile qu’à l’extérieur, donc le cas de figure ne s’est pas encore trop souvent posé.

=> Et quand j’ai un rendez-vous nécessitant, par exemple, de la documentation format A4, je la glisse dans mon tote bag en tissu.

Ce qui m’amène à mon prochain fantasme : un porte-documents. Que je rêve de shopper chez ces messieurs. Et en bordeaux. 

Mon futur deuxième sac d’adulte.


Porte-documents en cuir « Corentin » / LE TANNEUR