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Et soudain : l’uniforme

chemises_caroll_pablo_darel

On tient quelque chose, là, non ?
J’en connais une qui est allée faire du shopping… Façon déclic, à plus d’un titre.

Depuis avril, mon poids n’a pas bougé et je n’ai pas vraiment fait le nécessaire pour que ça change.

Du coup c’est la dark side du cost per wear. Chemises déchirées par les kilos de grossesse, jeans troués par l’usure, marinières feutrées à force d’être portées… Ma garde-robe, déjà limitée, a fondu ces derniers mois.

Et quand la rentrée est venue, je me suis trouvée fort dépourvue. Sauf à vouloir aller bosser en body sous un blazer, les options commençaient à manquer.
Parallèlement, ce billet de Géraldine Dormoy sur les variations de poids continuait encore et toujours de me trotter dans la tête.

Étrangement, je n’avais pas eu de réticence à investir dans trois robes à ma taille cet été, une chez Gap et deux chez Boden (une dos-nu bleu marine et une portefeuille imprimée). Peut-être parce qu’il y a quelque chose d’éternellement léger et hédoniste dans ce type d’achat.
Et puis leurs coupes supportaient bien quelques kilos de plus ou de moins, ce qui avait le don de me rassurer.

Mais les tenues « de travail », celles qui vous définissent, qui font et qui fondent ce que vous êtes, votre armure sociale… C’était une autre affaire.
Il a fallu le trépas d’une deuxième de mes trois chemises Equipment, pour que je me voie enfin comme j’étais : une fille qui s’engonce désespérément dans ses anciennes fringues.
Pour quelqu’un qui voulait assumer son nouveau corps, transitoire ou non, je pouvais difficilement faire pire.

Alors même ma mère n’a pas caché son soulagement quand je lui ai dit que j’irai me racheter « quelques trucs » pour pouvoir rester présentable au boulot cet automne.

Quelques trucs… mais quoi ?

// DE LA CAPSULE À L’UNIFORME //

Aux tous débuts de ce blog, fin 2006, j’avais publié une série de sept posts, ambiance « À la recherche de mon style« , série qui démarrait à l’adolescence et s’achevait par un chapitre intitulé : « 26 ans, la maturité ». Savoureux, hein ?
Il m’aura fallu dix ans de plus pour comprendre que cette recherche ne s’achèverait jamais.
Qu’il n’y avait pas de maturité.
Ou alors, celle d’identifier nos envies et besoins du moment, avant la prochaine évolution.
Dernière en date chez moi : m’apercevoir, après avoir longuement réfléchi à une garde-robe capsule, que j’avais aussi envie d’explorer la notion d’uniforme.

Interlude technique : les deux ne vont pas toujours de pair ! 
On peut se composer des looks très différents avec une garde-robe compacte (= capsule)
On peut posséder des vêtements similaires en beaucoup d’exemplaires (= uniforme)
On peut adopter un uniforme au sein d’une garde-robe compacte, avec du coup un maxi cost-per-wear et une mini-durée de vie (= uniforme + capsule + cost-per-wear + shopping)
Fin de la parenthèse

L’appel de l’uniforme, donc ?
Appelez ça de la frilosité ou du conformisme…
Mais je dois reconnaître qu’en vieillissant, comme beaucoup de filles de mon âge (35 ans), j’aime l’idée d’une silhouette-clef chaque saison.

Pour celles qu’un rien habille, c’est un vrai parti pris esthétique, un exercice de style. Mais ce ne sont pas les uniformes qui me touchent le plus.
Moi l’uniforme qui me parle, c’est ce pacte qu’on passe avec ses goûts, son confort et ses complexes.
Lorsqu’à force d’éliminer tous les vêtements dans lesquels on est mal à l’aise, on débouche sur son truc à soi, au sens presque organique du terme. Une silhouette dans laquelle on se sent libre et à son avantage.

J’adore les posts de blogs ou les messages de lectrices qui abordent ce sujet, la démarche qu’a eue chacune pour en arriver à ce constat. Une quête passionnante et souvent instructive, qu’on ait des goûts très proches ou non.

Et puis financièrement aussi, c’est plutôt un atout. Au lieu de s’offrir des pièces coup de coeur qu’on va avoir du mal à marier et qui entraîneront des achats collatéraux, on identifie un haut + un bas, et on décline.

// UNE SAISON = UNE SILHOUETTE //

Je suis une fille de Décembre, une Sagittaire qui aime marcher à grandes foulées sur ses grandes pattes.

L’hiver ?
L’hiver n’est pas un problème, c’est une évidence.
Mes collants opaques, mes biker boots ou mes Doc, mes robes ou une jupe trapèze en cuir… J’ai identifié un certain nombre de fondamentaux, avec lesquels la vie est douce et simple.

L’été ?
Jusqu’à très récemment, j’ai pensé qu’il était mon pire ennemi.
Mais en faisant le bilan fin août, je dois admettre que j’ai avancé : robes longues ou midi, marcels noirs et bermudas de mec, du plat… Je me sens bien dans tout ça. Pas en photo hein (faut pas déconner non plus), mais je ne rase plus les murs.

La demi-saison ?
Le bonheur avant ma grossesse, la galère depuis…
Trop froid pour les robes longues, pas encore assez pour les collants.
Or je ne rentre plus dans mon bataillon de flares, et mes chemises adorée me lâchent les unes après les autres, écartelées par mes 8 kilos de rab post-bébé.
La bonne nouvelle, quand même, c’est que je le tiens déjà, mon uniforme.

// MISSION CHEMISE //

Jean brut et chemise en soie. Oui ça dépote. Mais on revient de loin, les enfants, souvenez-vous (bizarre de se relire, j’étais limite vulgaire à l’époque).
Si aujourd’hui je dois trouver le plus petit dénominateur commun, le moyen le plus simple, direct, de m’habiller confortablement en me sentant « soignée », j’en reviens toujours là. Jean et chemise.
Oh ça ne date pas non plus d’hier :

chemises_soie_equipment_zaraEn 2013, je savais déjà… (entre temps, seule la chemise de gauche a survécu)
Mais trois ans plus tard, je suis prête à en faire mieux qu’une option automnale parmi d’autres : mon uniforme.

Cette conscience prise – je comprends vite mais faut m’expliquer longtemps – j’avais donc juste à renouveler le stock.
=> Me racheter deux jeans à ma taille (que j’ai pris identiques, chez Gap)
=> et deux ou trois chemises.

Je n’avais pas anticipé le tour presque comique qu’allait prendre cette expédition.
La vendeuse du stock Caroll près de chez moi, en me voyant hésiter entre trois modèles quasi identiques et disponibles dans des tailles très disparates, m’a prise pour une dingue (mais ça l’a fait rire).

chemises_caroll_pablo_forever21
De gauche à droite :
chemise imprimée nageuses en viscose CAROLL (stock 2015)
chemise à pois en soie PABLO (stock 2015)
blouse hirondelles en polyester FOREVER 21 (2011)
chemise imprimée coeurs en soie CAROLL (stock 2015)
tunique imprimée ?? en viscose CAROLL (stock 2015)

En rentrant chez moi, j’étais à la fois effarée et ravie de constater à quel point j’étais monomaniaque, en ajoutant mes quatre nouvelles acquisitions (les trois Caroll + une chemise Pablo) à mon increvable blouse Forever 21.

Ce genre de motif clair sur fond ténébreux, ça me parle tant que je l’ai systématisé. Reprenant le flambeau de feues ma chemise hirondelles Equipment et ma blouse mûres Comptoir des Cotonniers.

Monomaniaque, ok mais je vous rassure : à côté de ces valeurs sûres, j’ai encore d’autres imprimés dans ma garde-robe ou dans mon viseur, hein.

Je suis très frustrée d’être passée à côté de cette chemise Boden :

boden_icons_vivienne_print_shirt

J’ai eu le coup de foudre pour cette Sandro ci-dessous en la découvrant portée par Camille Crosnier dans « Quotidien » sur TMC (beaucoup de jolies chemises imprimées à la télé) :

chemise_sandro_oiseaux

Et je tilte toujours sur ce modèle & Other Stories, à chaque fois que je le vois, chez Géraldine ou sur Daphné Bürki dans « La Nouvelle Edition » :

daphne_burki_chemise_other_stories

Parenthèse n°2 : l’Instagram de l’émission est une mine pour sourcer les looks de Daphné et aussi les imprimés toujours canon de mon ex-camarade de « 7 jours avec elles« , la brillante et drôlissime et stylée Mathilde Terrier :

mathilde_terrier_nouvelle_editionà gauche, robe LENNY B.
au centre, robe SANDRO
à droite, combi TARA JARMON

Suis fan, fan, fan.

Voilà. On a digressé mais vous voyez l’idée.

Comment, mine de rien, une passion des imprimés qui ne semble compatible sur le papier ni avec la notion de garde robe capsule (qu’on nous vend souvent comme une sélection de basiques universels) ni avec celle d’uniforme, peut en fait concilier les deux.

Et quel plaisir on peut prendre à écouter sa nature profonde, jusqu’à la faire triompher.